En Camargue, la nature et l’homme

Au cœur du parc naturel régional de la Camargue, la période nuptiale des flamands roses. ©Joseph Marando/CCAS

Terre de rencontre entre Méditerranée et Rhône, la Camargue se dévoile iridescente et multiple sous la lumière printanière. Là où luttent les eaux, l’humain a de tout temps entrepris de dompter un environnement parfois hostile, abritant une faune et une flore prodigieuses. Un plat pays d’histoire et de cultures aussi, à sillonner sans modération.

À l’embouchure du Rhône, la Camargue dresse sa beauté surréaliste, paysages sans fin parsemés d’animaux en liberté. La nature à l’état sauvage. Mais, aussi, partout la main de l’homme. Dans ses tentatives de façonner les marais entre fleuve et mer, d’élever des digues entre ciel et terre, de maîtriser la salinité de l’eau, de cultiver, d’irriguer des sols réputés infertiles. De protéger, sauvegarder, entretenir, gérer la biodiversité et les ressources.

Pour comprendre ce qui se joue ici, un détour indispensable par le musée de la Camargue éclaire les relations entre humains et biotope depuis deux siècles. L’exposition permanente “Le fil de l’eau, le fil du temps en Camargue” et la collection photographique retracent le peuplement et l’aménagement du delta. Aujourd’hui, la riziculture occupe 20 % des sols. Mais qui sait qu’après maints échecs son développement durant la Seconde Guerre mondiale a notamment été rendu possible grâce aux “travailleurs forcés” indochinois, dévolus à cette tâche pendant que d’autres étaient affectés dans les mines, les poudrières*… ? Il faut détremper les terres d’eau douce, afin d’empêcher le sel de remonter à la surface. Cet or blanc que l’on récolte à peine plus loin, dans les salins d’Aigues-Mortes – qu’il est possible de visiter – ou de Salin-de-Giraud.

Échappée belle

Un territoire à l’environnement remarquable… De nombreuses espèces d’oiseaux ne s’y trompent pas, qui – avec pour porte-étendard le quasi-onirique flamant rose – occupent à l’année ou au gré des saisons l’espace terrestre et aérien du Parc naturel régional de Camargue. Autour de l’étang de Vaccarès et de ses innombrables petits frères, jusqu’à la digue à la mer et le phare de la Gacholle ; à pied, en vélo, à bord du bac qui franchit le Petit-Rhône, l’échappée sera belle, assurément.

À cheval mieux encore, petit pur-sang gris-blanc, au milieu des roseaux balayés par le vent. Sur la terre plus ferme, moins marécageuse, émaillée de pléthore de mas et manades, on trie les taureaux noirs paissant paisiblement à dos de camarguais. “Y aller à pied serait pure folie”, s’accordent à dire les gardians. Les bestiaux les plus placides alimenteront les tables locales. Les plus vifs pourront prétendre participer aux jeux traditionnels et aux férias, courir les trophées et autres courses à la cocarde dans les arènes des villes alentour.

Des traces d’un passé exceptionnel

©Joseph Marando/CCAS

Car le triangle formé par les principales agglomérations de la région regorge de vestiges. De l’Antiquité romaine au Moyen Âge, Arles, Nîmes et Aigues-Mortes conservent des empreintes architecturales fortes : arènes donc, remparts, forts, amphithéâtres, édifices religieux… Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, haut lieu de pèlerinage chrétien et gitan, l’église seule domine la grande bleue. Van Gogh y pose ses pinceaux quelques jours de 1888, crochet artistique durant son séjour arlésien, bouleversant sa vision de la couleur : “Au bout de quelque temps, la vue change, on voit avec un œil plus japonais”, écrit-il à son frère.

La couleur, on la retrouve chez les artisans qui ont fait le choix de vivre et de travailler en Camargue. Allez à la rencontre de l’un d’entre eux, un bourrelier qui fabrique les selles traditionnelles, pourquoi pas. Et tant de choses à découvrir encore, en Camargue et Petite Camargue, et même au-delà : Montpellier, Avignon, pont du Gard, villages des Alpilles, baignades au Grau-du-Roi… Seul, entre amis, en famille, appareil photo en bandoulière ; méditatif, festif, sportif, contemplatif… La Camargue fait le printemps !

* Lire “Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France”, le livre enquête du journaliste Pierre Daum, aux éditions Actes Sud.


La sagne dans le sang

André Calba est artisan sagneur. Il confectionne des paillassons pour toit de chaume et ombrage de pergolas. ©Joseph Marando/CCAS

Symbole par excellence de l’artisanat camarguais, la coupe et la transformation de roseaux – ou “sagne” – par des moyens traditionnels est en perte de vitesse. André Calba demeure l’un des rares sagneurs en exercice. Intarissable au sujet de “l’or de Camargue”, il vous accueille dans son petit atelier d’Aimargues à l’odeur si particulière, où il trie à la main grâce à son “sagnadou”, sorte de petite faucille, les cannes de bonne hauteur, les débarrassant de leur “poussière”. Comme son père autrefois, il confectionne des “paillassons” qui serviront à la fabrication des toits de chaume de la région, de brise-vue, d’ombrages de pergola ou encore de parasol, comme sur les plages des hôtels réputés de la Côte d’Azur… André Calba vante les “nombreuses propriétés isolantes de la sagne, qui protège aussi bien de la chaleur que des intempéries. Elle n’a pas d’équivalent dans l’industrie, et, en Allemagne, on s’en sert même comme matériau de construction”.

Trésor de Camargue
8 bis, rue du Couvent
30470 Aimargues
Tél. : 07 82 07 88 80


Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux !

©Joseph Marando/CCAS

Rendez-vous incontournable des ornithologues amateurs et autres curieux petits et grands, le Parc ornithologique de Pont de Gau offre 7 km de balades (dont un tiers de sentiers accessibles aux personnes à mobilité réduite) parmi les marais, au milieu de plus de 200 espèces d’oiseaux qui s’ébattent par milliers dans cet environnement préservé. Flamants roses bien sûr, hérons cendrés, mais aussi aigrettes, fauvettes, sternes, martins-pêcheurs et… rapaces et cigognes ! Émerveillement assuré. Depuis trente ans, un centre de soins dédié accueille et remet sur pattes chaque année près de 600 volatiles blessés.


Aigues-Mortes, patrimoine médiéval

©Joseph Marando/CCAS

Ovni moyenâgeux émergeant des marais, la petite ville d’Aigues-Mortes est un bijou architectural gothique préservé, comme posé là. À la frontière du Gard et de l’Hérault, derrière ses quelque 1 643 mètres de remparts jalonnés de tours et de portes, la cité royale voulue par Saint Louis au XIIIe siècle et d’où il partit par deux fois en croisade est à ne pas manquer. Patrimoine historique et religieux – tours de Constance et Carbonnière, place Saint-Louis, les chapelles des pénitents blancs et des pénitents gris – mais également naturel et ouvrier, avec notamment l’écomusée de la Maison du grand site de France de la Camargue gardoise ou encore les salins.


Dans l’assiette du chef

©Joseph Marando/CCAS

Tout près du Sambuc, au cœur de la campagne camarguaise, se nichent le Mas de Peint et la manade Jacques Bon. Dans les cuisines du restaurant gastronomique officie Grégory Brousse. Arrivé de Paris en famille en 2016, le chef s’est approprié l’histoire et la culture locales, afin de mieux apprivoiser la cuisine du terroir et la sublimer. “Le riz complet rouge – ou noir, plus rare – de Camargue et le taureau constituent évidemment une base essentielle. Ce dernier se prépare comme le bœuf : cru, braisé, confit. Mais les animaux vivant à l’état sauvage, leur chair se révèle plus maigre. C’est d’ailleurs la première viande AOP d’Europe.” “Nous avons fait le choix de ne préparer que des produits que nous trouvons localement, auprès de producteurs de la région”, poursuit Grégory, qui puise également ses ingrédients dans le potager maison : tomates, courgettes, poivrons, piments, blettes, betteraves… Distingué, entre autres, en 2017 par le guide Gault & Millau au titre de “terroir d’exception”, le jeune chef réserve de belles et goûteuses surprises dans l’assiette.


Infos pratiques

Vos Activités Sociales vous invitent à séjourner au centre de vacances d’Aimargues, et ce dès le printemps. Au Mas de Torras, inauguré en 1990 et rénové entièrement en 2013, 36 gîtes des plus agréables. Le point de départ idéal pour visiter Camargue et la Petite Camargue, avant de se détendre en fin de journée auprès de la piscine. Grâce aux partenariats développés, de nombreuses découvertes et activités y sont proposées : Camargue vue du ciel avec les pilotes de l’Aneg, balades équestres, spectacle… À Aimargues, petite ville pleine de charme, ne manquez pas le château de Teillan.

Centre de vacances CCAS

“Mas de Torras”
30470 Aimargues
Tél. : 04 66 88 67 95
CMCAS Languedoc
17, rue du Pont-de-Lattes
34070 Montpellier
Tél. : 0 810 170 700

1 Commentaire
  1. Hédoire Christophe 7 mois Il y a

    Bonjour

    Très intéressant votre article sur la Camargue , une région ou je passe beaucoup de temps , habitant à proximité
    Passionné de photo on y fait de très belles rencontres , il y a de très beaux marais à découvrir et pas seulement le pont de Gau
    cordialement

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