
Rugby fauteuil, goalball et boccia ont rythmé cette journée de sensibilisation en immersion. © Stéphane Sisco / CCAS
Le 12 février dernier, 24 enfants de la colo 9-11 ans d’Andernos-les-Bains ont découvert le rugby fauteuil, la boccia et le goalball, le temps d’un atelier handisport. Une expérience déroutante qui a fait évoluer leur perception du handicap.
Dans le cadre du partenariat entre les Activités Sociales et la Fédération française handisport (partenariat signé en 2008), un atelier handisport avait été préparé à Andernos-les-Bains pour les enfants de la colo des 9 à 11 ans. Le 12 février dernier, ils étaient 24 à découvrir le rugby fauteuil, la boccia et le goalball. Mis en situation, ils ont bien perçu que, si le handisport est un jeu, le handicap ne l’est pas. Cette journée a changé leur regard sur l’autre.
Sous la conduite de Nicolas Mazeau, agent de développement du Comité handisport de Gironde, les 24 enfants alternent pratique et échanges. Les ateliers sont proposés par le Comité handisport de Gironde, avec l’appui des équipes du centre, dirigé par Jérôme Deraumaux.
Nicolas Mazeau, agent de développement au Comité handisport de Gironde
« Notre objectif est de sensibiliser les enfants à la différence par une approche ludique. Plutôt qu’un long discours, nous les mettons directement en situation, en fauteuil ou les yeux masqués. Très vite, ils comprennent que ce n’est pas simple. Ils s’amusent beaucoup, et c’est important, mais nous insistons aussi sur un point essentiel : le handisport est formidable, le handicap ne l’est pas. On ne choisit pas d’être en fauteuil ou aveugle, et on ne peut pas « en sortir » après l’activité. En revanche, on peut mener une vie riche, active, avec un travail, une famille, des loisirs. Le message est double : développer l’empathie et montrer les capacités plutôt que les limites.«
Adrien Campagnac, animateur à la CCAS
« Cette journée a pleinement rempli son objectif. Les enfants se sont amusés mais, au-delà du jeu, ils ont compris que le handicap peut concerner chacun d’entre nous, que ce soit depuis la naissance ou après un accident. Le sport est un formidable outil pour faire passer ce message, car il permet de vivre concrètement les situations. J’ai moi-même testé le rugby fauteuil : même en ayant pratiqué le rugby plus jeune, c’est exigeant et parfois frustrant, car on ne peut pas utiliser ses jambes. Les enfants ont ressenti cette difficulté. Ce type d’action ouvre les esprits et fait évoluer les regards. Les jeunes d’aujourd’hui seront les adultes de demain : s’ils grandissent avec cette conscience et ce respect, la société sera plus inclusive.«
Yeux masqués, les enfants se dirigent uniquement au son du ballon lors de l’atelier animé par le Comité handisport de Gironde au centre de vacances. Une mise en situation concrète pour comprendre le handicap visuel. Allongés au sol pour bloquer la balle, les joueurs et joueuses découvrent les exigences d’une discipline paralympique.
Kimya, 9 ans
« Au début, je pensais que je n’allais pas réussir à jouer au goal ball. Finalement, j’y suis arrivée. Je savais que le handisport existait, mais je n’avais jamais essayé. Être en fauteuil m’a surprise. Au début, je pensais que je n’allais pas y arriver. Finalement, j’ai réussi à avancer et à jouer, et j’étais très fière. Ça m’a permis d’imaginer ce que peuvent ressentir les personnes handicapées. On voit que ce n’est pas facile tous les jours, mais qu’elles peuvent quand même faire du sport adapté. Cette journée m’a aidée à mieux comprendre et à regarder les personnes handicapées autrement. »
Chloé, 9 ans
« Je ne connaissais pas vraiment le handisport, j’en avais juste vu un peu à la télé. Le rugby en fauteuil m’a surprise, c’était plus dur que je ne pensais. Être en fauteuil ou mettre un masque pour ne pas voir, ça fait vraiment bizarre. Je ne connais personne en situation de handicap mais maintenant je comprends mieux ce que ça veut dire. J’ai appris qu’on peut quand même faire du sport et s’amuser, même si on fait les choses autrement. Je me suis bien amusée et je me suis sentie à l’aise. J’ai appris des choses importantes et je vais en parler à mes parents.«
La boccia est un exercice de précision et de stratégie. Face au cochonnet blanc, les enfants lancent les balles rouges et bleues, découvrant une discipline accessible à différents handicaps.
Alicia, 10 ans
« Je n’avais jamais vu ces sports avant. Le rugby fauteuil m’a vraiment étonnée, surtout que je n’aime pas trop le rugby d’habitude. Là, j’ai trouvé ça super amusant. On se met à la place des personnes handicapées et on voit que ce n’est pas facile. Mais on comprend aussi qu’on peut faire du sport et avoir une vie comme tout le monde. Cette journée m’a fait changer d’avis. Je vois mieux les difficultés, mais aussi tout ce qu’on peut réussir. J’espère que toutes les personnes handicapées peuvent faire du handisport, parce que ça donne de la force et ça fait du bien.«
Jules, 11 ans
« Je savais que ces sports existaient, mais je n’en avais jamais fait. J’ai découvert qu’on peut vraiment s’amuser, même avec un handicap. Le rugby fauteuil est celui que j’ai préféré, parce qu’il bouge beaucoup et c’est impressionnant. J’ai aussi bien aimé le goalball. Au début, c’était étrange avec le masque, parce qu’on ne voit rien. Après on s’habitue. Cette journée montre que les personnes handicapées peuvent faire du sport comme nous, avec des règles adaptées. Ça change la façon de penser. J’ai appris des choses et je me suis beaucoup amusé.«
En rugby fauteuil, les enfants ont vécu des sensations inédites. Installés dans des fauteuils adaptés, ils testent la conduite et les contacts. Une expérience physique et déroutante.
Marcus, 11 ans
« J’avais déjà fait du foot à l’aveugle à l’école, mais le rugby fauteuil m’a davantage marqué. Ce n’est vraiment pas simple, il faut bien se coordonner. Être dans un fauteuil, ça fait bizarre au début, on n’a pas les mêmes repères. On comprend mieux ce que vivent les personnes amputées ou paralysées, surtout quand on se dit que, pour elles, ce n’est pas juste pendant une activité. Cette journée m’a appris à avoir plus de respect. On voit qu’elles peuvent faire du sport et s’amuser, même si c’est adapté. C’était une super expérience.«
Evan, 11 ans
« Je connaissais déjà un peu le handisport et j’en avais déjà fait, mais le rugby fauteuil m’a le plus marqué. Il y a des contacts et ce n’est pas facile du tout. À la fin, on nous a expliqué qu’il existe plusieurs types de handicap et que ce n’est pas toujours simple de vivre en fauteuil ou sans voir. Pendant l’activité, on s’amuse, mais on comprend que pour certaines personnes, c’est comme ça tous les jours. Ça fait réfléchir. J’aimerais bien refaire une journée comme ça, parce que c’était sportif et on a appris plein de choses.«
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