La 18e promo de l’école de métiers EDF de Saint-Affrique cultive l’amitié

Sortie du groupe d'amis de la 18e à Morillon, 2015. ©Archives personnelles

Sortie du groupe d’amis de la 18e à Morillon, 2015. ©Archives personnelles

Le 7 avril 1975, une quarantaine de jeunes au sortir de l’adolescence intègrent la 18e promotion de l’école de métiers EDF de Saint-Affrique (Aveyron). Trente-cinq ans plus tard, les anciens élèves décident de revenir sur les lieux pour un week-end de retrouvailles. Depuis, chaque année, la « 18e » écume les centres de vacances de la CCAS pour un rituel immuable, un séjour au cours duquel les liens de l’amitié se renforcent. 


L’école de métiers de Saint-Affrique 

École des métiers de Sainte-Affrique, 1975. ©Archives personnelles

École des métiers de Sainte-Affrique, 1975. ©Archives personnelles

L’école de métiers EDF de Saint-Affrique a ouvert ses portes en 1966, et les a fermées en 1997.

Qualifiée d’ultramoderne à l’époque, dotée d’une médiathèque, d’une salle de cinéma, d’infrastructures sportives, etc., elle formait les lauréats du concours d’entrée à EDF aux métiers d’électricien de réseaux et d’électricien d’entretien d’usine hydraulique en dix-huit mois. Six premiers mois de cours de « tronc commun » (français, maths, etc.) étaient dispensés par des professeurs de l’Éducation nationale, puis un an de formation technique et pratique par des agents EDF (promotion ouvrière).

Ainsi se dessinait le futur métier des élèves. À l’instar du service militaire, au sein de cet internat, les promotions se « côtoyaient ».

Selon un système de cycles de six mois, on était Bleu (1er cycle), Bâtard (2e cycle), puis Ancien (3e cycle). En consacrant une quinzaine d’heures au sport par semaine, et 10 heures aux cours de conduite… l’école visait également à émanciper et à responsabiliser les jeunes, tout juste âgés de 17 ans pour certains à leur entrée.


« Cette amitié, personne n’imagine qu’elle s’arrêtera un jour ! »

Jacques Coutaut, 67 ans, ancien directeur adjoint UCF, représentant de GRDF pour la réforme de structure et la séparation Enedis-GRDF, CMCAS Nord Pas-de-Calais. 

Jacques Couteau. ©Archives personnelles

Jacques Couteau. ©Archives personnelles

À 67 ans, Jacques a autant de convictions qu’il avait d’incertitudes il y a cinquante ans, en 1975, lorsqu’il a intégré la 18e promotion à 17 ans. Lui, le « Bleu », à l’instar de ses 39 autres camarades, aux côtés des « Bâtards » et des « Anciens » (surnoms des deux promotions précédentes), découvre alors les joies de l’internat, celles des dortoirs avec toilettes en commun, la discipline et l’autodiscipline.

« Je pense que cette vie en collectivité, l’esprit de solidarité ont sans conteste été le socle de nos retrouvailles. Chacun avait au fond de sa mémoire ces dix-huit mois d’apprentissage du métier et surtout d’émancipation, que ce soit à travers les activités sportives et culturelles, la vie de groupe, les sorties, etc. »

« L’école de métiers était comme une école de la vie », affirme Jacques, convaincu des vertus de ce vivre-ensemble. « Depuis nos retrouvailles en 2010, nous n’avons pratiquement jamais évoqué nos parcours professionnels respectifs. C’est secondaire ! Ces moments nous permettent surtout de mieux nous connaître et de renforcer les liens, chaque année, lors de nos rassemblements dans les centres de vacances de la CCAS. Au fil du temps, nos épouses ont fait connaissance, noué des contacts, et elles contribuent fortement à maintenir les rapports entre nous. Finalement, une nouvelle histoire a commencé. »

Et cela fait quinze ans que ça dure : la camaraderie d’école s’est transformée en une authentique et solide histoire d’amitié. 

« Il faut cultiver la sororité entre les femmes, la fraternité entre les hommes, et la bienveillance entre nous tous »

Isabelle Eutrope, 67 ans, retraitée de la Poste, CMCAS Avignon.

Isabelle Eutrope, 67 ans, retraitée de la Poste et bénéficiaire de la CMCAS Avignon et son conjoint Patrick, retraité d'EDF et participant de la 18e promotion de Saint-Affrique. ©Archives personnelles

Isabelle Eutrope, 67 ans, retraitée de la Poste et bénéficiaire de la CMCAS Avignon et son conjoint Patrick, retraité d’EDF et participant de la 18e promotion de Saint-Affrique. ©Archives personnelles

« Je me souviens encore du coup de téléphone de Jean-Luc, qui me demande s’il est bien chez Patrick Eutrope, mon époux, agent EDF et ancien de l’école Saint-Affrique. J’ai encore en mémoire le visage illuminé de Patrick, quand il prend l’appareil. En les écoutant parler, on avait l’impression qu’ils s’étaient quittés la veille. »

Le 14 mai 2010, le jour des retrouvailles de la 18e promotion, Isabelle se souvient que sur le trajet, son mari se posait un tas de questions. D’ailleurs, cette journée n’annonçait pas forcément une suite. C’est nous, les femmes, qui l’avons favorisée. Entre nous, au fil des années, nous avons tissé des liens très forts. Nous sommes véritablement le ciment de cette amitié. »

Ainsi, avec la « 18e au féminin », comme elles se désignent, Isabelle contribue à entretenir la flamme de cette fraternité singulière. « Lorsqu’Antoine [Cuadrado, l’organisateur, ndlr] a décidé de passer le flambeau, je n’ai pas hésité à seconder Patrick pour préparer nos séjours en centre de vacances CCAS. Cet attachement fort entre nous, cette bienveillance, il faut les cultiver ! Tout comme il faut cultiver la sororité entre les femmes et la fraternité entre les hommes. »

Naturellement, la durée des séjours dans les centres de vacances CCAS s’est allongée. De deux jours à l’origine, elle est passée à une semaine aujourd’hui, voire quinze jours (en Corse). 

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans les souvenirs d’école, mais bien dans un esprit de camaraderie »

Michel Gachet, 68 ans, ancien chargé d’expertise senior prévention, santé, sécurité, ERDF, Aix-les-Bains, CMCAS Pays de Savoie.

Michel Gachet. ©Archives personnelles

Michel Gachet. ©Archives personnelles

La 18e promotion, Michel a failli ne jamais la connaître. « Je souffrais de problèmes de dos, et, à la suite de la visite médicale post-concours, on m’a offert la possibilité de bénéficier de séances de kiné avant d’intégrer l’école. Pendant six mois, j’ai donc suivi par correspondance les cours dispensés par le service formation. »

En avril 1975, le voilà enfin incorporé à Saint-Affrique. Le jeune homme de 17 ans y découvre, entre autres, la vie en collectivité, le sens des responsabilités et sa vocation. « Dès les premiers mois, on a appris à monter aux poteaux. Et très rapidement, je me suis dit : c’est ce que je souhaite faire. Travailler en hauteur ! Au bout de six mois de formation, on devait choisir entre le métier de monteur électricien grimpetteet celui de technicien en centrale burette. C’est donc tout naturellement que j’ai opté pour grimpetteavec une année de formation spécifique réseaux. » 

Au sortir de l’école, loin de l’Aveyron, de retour dans sa Savoie natale, Michel intègre un district et constate que l’apprentissage à Saint-Affrique a eu des vertus indéniables. Il lui permettra notamment d’occuper différents postes à responsabilité. Parfois, en vacances dans les institutions de la CCAS, ou en stage, il croise quelques camarades de la « 18e« . Jusqu’à l’appel téléphonique de 2010. « Je n’ai pas hésité une seconde pour répondre présent à l’invitation. Et je ne le regrette pas. D’ailleurs, aujourd’hui, nous ne sommes plus dans les souvenirs d’école, mais bien dans un esprit de camaraderie. Ces retrouvailles nous ont permis de mieux nous connaître. » 

La 18e promotion de l’école des métiers de Saint-Affrique en images 

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