Annick Collin : plusieurs cordes à son arc

Annick Collin, arbitre de la Fédération de tir à l’arc, préside et anime le club sportif Gazélec de la CMCAS Haute Bretagne basé à Rennes. Ici avec son mari Patrick. ©Charles Crié/ CCAS

Tir à l’arc, convoyages, sauvetages d’oiseaux en détresse, comptabilités associatives… À 67 ans, Annick Collin, ancienne coordinatrice des convoyages à la CMCAS Haute Bretagne, conjugue retraite et activités multiples.

Un jour d’entraînement comme un autre dans la salle d’activités Voltaire de la CMCAS Haute Bretagne, à Rennes. Certains, comme Gérard, sont là pour “se vider la tête”. Pratiquant depuis quarante ans, Annick, présidente et arbitre du club, décrit une activité qui la détend énormément : “Le meilleur des somnifères pour des nuits calmes et équilibrées.”

Jeune fille, elle décoche ses premières flèches “un peu par hasard”. Rencontre un archer, Patrick, qui devient son époux. Tous deux partagent la même vision de ce sport, parlent d’un geste “lent, souple, intense, presque méditatif”.

“Bien sûr, on aime marquer des points. Mais il faut aussi s’entraîner pour le plaisir d’être en équipe.” Ils se coachent mutuellement. “Je sais qu’il va régler mon arc à la perfection car il adore fignoler”, glisse-t-elle. Tout en ajustant les cordes, Gérard est intarissable sur le kyudo, art martial japonais très particulier avec lequel il n’est surtout pas question de force physique. “La place la plus importante est celle de la gestuelle ; le kyudo accorde une place accessoire à la précision du tir.” Annick s’empresse d’approuver…

La Fédération de tir à l’arc a initié un label “au féminin”, pour inciter à la féminisation de la pratique de ce sport. ©Charles Crié/ CCAS

Le club, créé en 2001 au sein de la CMCAS, compte actuellement une quinzaine de membres et participe à tous les jeux nationaux et européens, précise cette fine archère. “Ce sport réclame de la rigueur et de la concentration. Mais pour ceux qui en manqueraient, et je pense notamment aux enfants en âge scolaire, le tir à l’arc peut être très bénéfique.”

Championne de France en sport d’entreprise en 2005, présidente de la section tir à l’arc de la CMCAS Haute Bretagne, secrétaire du Gazélec Rennes, Annick est aussi arbitre pour sa fédération. Un rôle qui lui permet surtout “d’aider et d’encourager les archers mais sans jamais accepter de passe-droit”, assure-t-elle. On s’en doute presque : son credo, c’est l’esprit d’équipe.

Elle a œuvré en 2005 à l’organisation d’une rencontre sportive (de tir à l’arc) CCAS à Guitté, près de Dinan, soit près de 120 archers venus de toute la France : “Un beau souvenir…” Elle ajoute que c’est à l’initiative du Gazélec Sports Rennes que la discipline a fait son apparition aux Jeux nationaux du sport d’entreprise, puis a été reprise aux Jeux européens et mondiaux sur la distance de 30 m permettant à un maximum de joueurs de participer. “Après les Jeux mondiaux de La Baule l’an dernier, l’objectif est désormais Athènes pour les Mondiaux de 2020.”

“Avant la retraite, j’ai eu peur d’un grand vide”

En attendant, pas mal d’autres occupations. Conseillère municipale dans sa commune, La Chapelle-du-Lou-du-Lac, petite cité d’Ille-et-Vilaine de 1 000 habitants, à 25 km à l’ouest de Rennes, mais aussi plusieurs mandats de trésorière (club des anciens, Office cantonal des sports de Montauban, Ligue de Bretagne des sports en entreprise). Après une carrière d’agente à la Sécurité sociale, elle l’avoue : “Quelque temps avant de prendre ma retraite, j’ai eu peur d’un grand vide, alors j’ai rejoint quelques associations, accepté des mandats…”

Initiation des bénéficiaires de la CMCAS Haute Bretagne lors de la fête annuelle, le 18 mai 2019 à Trébeurden (Côtes-d’Armor). ©Charles Crié/ CCAS

Une balade organisée par la CMCAS autour du Mont-Saint-Michel lui dévoile les champs d’action de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Elle devient membre d’un réseau constitué principalement de bénévoles, qui, sur demande de vétérinaires, rapatrient le plus rapidement possible les oiseaux vers un centre de soins. “On dit rapatrieuse d’oiseaux en détresse.”

Il y aussi les comptages d’espèces dans les jardins, énumère cette Briochine de naissance qui vit en lisière de forêt. “Cette année, ma commune comptabilise plus d’une vingtaine de nids d’hirondelle. C’est le grand retour et un espoir pour ces oiseaux très vulnérables aux produits phytosanitaires présents sur la terre qu’ils humectent pour bâtir leur nid.”

Preneuse de relais

Annick rejoint les Activités Sociales en 1996. “Coordonner les convoyages pour la CMCAS, c’est au départ chercher sans cesse des bénévoles. Peu à peu, le bouche-à-oreille fonctionne, les équipes se forment et il y a quelque chose d’amusant à se retrouver à chaque fois. On avait nos petits jeux”, explique-t-elle le sourire aux lèvres. Annick n’a jamais manqué un départ ou une arrivée.

Annick Collin encadre toujours les convoyages des enfants des collègues. ©Charles Crié/ CCAS

Sa carrière dans les Activités Sociales est derrière elle. Pas son engagement. Elle est restée convoyeuse. “Mes trois enfants sont partis en colo. J’étais contente qu’ils soient convoyés. Alors je prends le relais.”

D’ailleurs, elle nous quitte pour préparer sa valise car demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, un groupe de jeunes colons l’attend quelque part sur le quai d’une gare. Hier à Nestier dans les Hautes-Pyrénées, demain à Granville dans la Manche… Infatigable.

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