Attila Silagui, pouces verts pour vous

Attila Silagui a travaillé pendant plus de 40 ans au sein du village vacances de l’ Annonciata à Menton où il entretenait les jardins. Aujourd’hui à la retraite, il continue à prendre soin des plantes sous serre et dispense des ateliers à destination des vacanciers. ©Joseph Marando/CCAS

À près de 70 ans, dont un peu plus de quarante passés au service des bénéficiaires et de leurs Activités Sociales, Attila Silagui conserve intacte sa passion pour le jardin. Au sein du village vacances de l’Annonciata à Menton, il prend soin des plantes sous serre et dispense des ateliers à destination des vacanciers. Mains vertes, yeux bleu glacier, cœur en or… Rencontre.

Ces mains… Ses mains ! Puissantes, rugueuses, travailleuses. Elles ont œuvré des décennies pour le bien-être des bénéficiaires. Et continuent bénévolement de le faire. Attila Silagui est l’un des piliers – et la mémoire – du village vacances de l’Annonciata à Menton, dans les Alpes-Maritimes. Carrure athlétique qu’il entretient en grimpant et dégringolant la colline originelle dominant la “perle de la France”, visage buriné, rides rieuses au coin des yeux qu’il a très bleus, toison d’un blanc éclatant respirant la sagesse, le presque septuagénaire déroule implacablement et d’une voix posée son passé.

Il naît en Alsace au milieu du siècle dernier d’un père électricien du bâtiment d’origine hongroise – d’où son prénom à la dimension historique et un peu guerrière – et d’une mère dévouée à ses dix enfants. Mais bientôt toute la famille déménage. Direction le Pays basque. En 1968, il est recruté comme manœuvre dans le village de toiles de Saint-Pée-sur-Nivelle. Pendant sept ans, il travaille dans différents centres de vacances de la région jusqu’à Capbreton où il participe au “montage des quelque 400 toiles de tente et à l’entretien du site qui couvre 25 hectares”. En 1976, il est “conventionné, ce qui [lui] assure plus de stabilité”. Entre-temps, après avoir effectué son service militaire – durant lequel il obtient son certificat d’études – Attila suit une formation en horticulture dans le domaine des jardins et espaces verts et en sort diplômé en 1973.

Institution dans l’institution

À l’aube des années 1980, un poste de jardinier se libère dans le centre de vacances de Menton. Le jeune homme tente sa chance et obtient sa mutation. Il pourra désormais exercer ses talents d’homme à la main verte : “Nous étions deux jardiniers à l’époque, nous entretenions aussi bien les espaces verts extérieurs que les plantations de la serre, qui doit dater des années 1950, et nous produisions des plantes d’intérieur pour la maison familiale de l’Annonciata bien sûr, mais aussi pour le château de Théoule-sur-Mer et le centre de colo de Saint-Martin-Vésubie. Nous créions des plantes par bouturage : pas moins de 2 500 par an !”

Ils cultivent même des légumes qui viennent garnir les plats concoctés en cuisine, projet abandonné suite à la promulgation des directives européennes sur la traçabilité des aliments. Sous ce microclimat propice, Attila “découvre les essences méditerranéennes”, s’enivre d’agrumes – citronniers, kumquats, mandariniers, orangers – et se sent rapidement dans son élément.

Quand en 2010 sonne l’heure de la retraite – après que son poste a été transformé en “ouvrier d’entretien des espaces extérieurs puis en ouvrier d’entretien tout court, une sorte de factotum qui s’occupe aussi du bâti et de vider les poubelles, tandis qu’une société privée prend en charge l’entretien des espaces verts” – il ne se résout pas à quitter son paradis.

Attila Silagui, une mémoire de l’Annonciata ©Joseph Marando/CCAS

“L’idée que la serre, laissée à l’abandon une dizaine d’années, disparaisse, me crevait le cœur. Ici, moi qui habite un petit studio sans extérieur à Roquebrune-Cap-Martin, c’est mon domaine.” Il la remet en état, y fait croître, fleurir et fructifier toutes sortes de plantes dont il égrène les noms savants sans ciller. Cyclamens, pensées, primevères, œillets, rosiers d’Inde, pétunias, genêts, “coussins de belle-mère” aux épines jaunes, datura et sa sève toxique, lavande papillon, narcisses, agapanthes, bananier du Japon, caféier, oiseaux de paradis… Et les plantes aromatiques : sauge, thym, romarin, ciboulette, origan, marjolaine. Alors qu’il présente son “œuvre” qu’il bichonne “trois à cinq jours par semaine”, une abeille vient butiner quelques fleurs d’hiver.

Passion transmission

Voilà maintenant huit ans que le jardinier a choisi de livrer bénévolement ses connaissances, en animant des ateliers hebdomadaires en direction des vacanciers. “Je dispense sous forme de conférence-discussions des conseils aux bénéficiaires, généralement très motivés et qui possèdent pour la plupart un jardin. Je transmets ma compréhension des végétaux, adapte mon discours aux plantes qu’ils ont chez eux. À la fin de la séance, je leur offre une plante grasse. Parfois les vacanciers m’écrivent, m’envoient une photo de la plante dans son nouvel environnement ! Et souvent, d’année en année, ils reviennent.” Plus qu’une profession, “le jardinage est une véritable passion” pour cet homme appréciant les plaisirs simples.

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