Bernard Bonnefoy : avec Électriciens sans frontières, joindre l’utile et l’agréable

©Joseph Marando/ CCAS

À peine rentré d’une mission en Bolivie, il repart déjà pour le Pérou. À 69 ans, Bernard Bonnefoy, correspondant communication et partenariat d’Électriciens sans frontières pour la délégation Languedoc-Roussillon, multiplie depuis 15 ans les initiatives en faveur des populations les plus démunies en Afrique et en Amérique du sud.

Rien ne le prédestinait à un tel parcours. En 2005, lorsque Bernard Bonnefoy prend sa retraite, c’est “empli de ressources” que l’ancien chargé d’affaires à EDF entreprend sa nouvelle vie. “J’avais 55 ans à l’époque et je me disais que mon expérience acquise pouvait encore être utile…” Peu téméraire, néanmoins hostile à l’oisiveté, il accepte alors, sur proposition d’un collègue, de rejoindre la délégation Languedoc-Roussillon d’Électriciens sans frontières (ESF).

Un premier voyage, entre inquiétude et curiosité

“Mon objectif, au départ, était seulement de les aider à monter des dossiers. Et puis un jour…” Un jour vint le Mali. Impliqué dans le projet d’électrification de postes de santé et d’écoles dans cette région de l’ouest africain, le jeune retraité n’a pas le choix. “Le chef de projet m’a dit : ‘tu viens avec nous’. J’étais partagé entre inquiétude et curiosité. Mais finalement, dans les brousses, j’y suis allé. Et des moments difficiles, j’en ai vécu.”

Voyage solidaire en Bolivie. ©Bernard Bonnefoy

Mais pas de quoi enrayer la dynamique. De l’adduction d’eau à Madagascar, “où tu dois faire des tranchées, défricher, construire un barrage…”, à la réalisation récente d’opérations d’électrification d’écoles et d’un poste de santé en forêt amazonienne en Bolivie, l’électricien va alors enchaîner les missions. En adhérant pleinement, au fil des ans, à la charte d’ESF, “aider les plus démunis de façon bénévole” selon le respect de certains critères.

Pérenniser les installations

“Le but de nos missions c’est que les populations locales s’approprient le projet et entretiennent les installations par la suite. Et pour ça on les forme au photovoltaïque. On est sur une démarche pérenne.” Et notamment au Pérou, un pays devenu “familier” pour Bernard, dans lequel depuis 7 ans, une vingtaine de villages ont été électrifiés.

Cuzco, Puerto Maldonado, le lac Titicaca : autant de souvenirs de paysages sublimes que de moments de partage pour cet aventurier rompu à toutes sortes d’imprévus… “En 2013, ça s’est très mal passé. J’ai été très malade, et j’ai dû être rapatrié.” Et pourtant. Aucune rancœur, mais plutôt l’envie de partager son expérience, les “preuves” de ses missions réalisées au sein d’ESF, financées en partie par la CCAS.

©Bernard Bonnefoy

Alors, depuis des années, Bernard change volontiers de casquette. Porteur de projet et accompagnateur privilégié des bénéficiaires lors des séjours solidaires organisés par la CCAS, il retourne sur les traces tangibles de ses actes. “Non pas pour contrôler, mais plutôt pour démontrer aux électriciens et gaziers l’utilité du financement accordé par les Activités sociales de l’énergie”.

En juin, il est au Pérou, pour son cinquième voyage solidaire dans le pays. Mais Bernard lorgne déjà sur le prochain, prévu en octobre en Bolivie. Avec un objectif bien précis. “Celui d’aller à Corte, une ville où l’instituteur est adorable. Lors de notre mission en avril dernier, nous avons électrifié son école, à côté de laquelle sa maison est en construction. Aussi, nous avons laissé le matériel pour que les voyageurs solidaires puissent participer à son électrification.”

“Une véritable communion”

C’est un peu ça la vocation de Bernard. Jamais dans l’emphase, toujours dans l’empirisme, le retraité poursuit sa mission tel un homme de devoir. Au fil des rencontres, des échanges avec les populations locales. Des échanges “bien plus intenses et fructueux en mission qu’en séjour solidaire. C’est différent. On partage de vrais moments privilégiés avec les autochtones. Ils nous font à manger, nous hébergent. La proximité n’est pas la même. Et puis le soir, après la journée de travail de travail, quand la lumière est là, et que l’école devient le seul point de lumière dans le village, il y a une véritable communion.” En joignant l’utile à l’agréable, Bernard a sans doute trouvé sa voie. Avec la ferme intention de poursuivre l’aventure humaine.


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