Bref, le Festival d’Énergies a commencé

Les Bâtisseurs © Elise Rebiffé/ccas

“Pour ne pas être dessaisis des Activités Sociales, engagez-vous!” exhorte Marcel Paul ©E.Rebiffé/CCAS

Ils ont entre vingt et trente ans pour la plupart : à cet âge, on n’est pas sérieux. Et pourtant : il est 21h, le lundi 5 octobre, et nous sommes sur le site RTE d’Albertville, en Savoie, où une quinzaine de jeunes agents se prépare à bâtir un projet d’envergure : le Festival d’Énergies, qui aura lieu les 14 et 15 mai 2016.

De l’extérieur, on croirait qu’une poignée de copains fête quelque chose. Des retrouvailles, sans doute, à entendre fuser les souvenirs de l’année dernière. Ceux qui n’y étaient pas profitent des films et des photos-souvenirs, qui dépeignent l’ambiance de joyeux bordel qui régnait alors. Entre deux parts de pizza, le volume sonore monte puis redescend par à-coups ; certains prennent des notes, d’autres interrogent et débattent : qui possède un permis poids-lourd ? Comment gérer un bar de 40 mètres de long ? Tartiflette ou croziflette ?

Si maintenant l’on s’approche, on remarque que l’un d’entre eux porte un t-shirt ligné de jaune ; sur son blouson bleu, on peut lire “ERDF”. Baptistin Maisourot, 22 ans, a tout juste eu le temps de passer chez lui après le boulot, et commence une semaine d’astreinte. Il travaille à la distribution depuis trois ans maintenant, et ce soir, il est venu avec deux collègues : Nicholas Finantz, “jeune” embauché de 42 ans, et Aurélien Juilliard, qui à 32 ans est le plus ancien des trois dans les IEG, et l’instigateur de leur présence ce soir. Pour les trois “gars de la distrib’”, ce sera la première fois…

Baptistin Maisourot, 22 ans et Aurélien Juilliard, 32 ans, bâtisseurs de la CMCAS Pays de Savoie ©E.Rebiffé/CCAS

Baptistin Maisourot, 22 ans et Aurélien Juilliard, 32 ans, bâtisseurs de la CMCAS Pays de Savoie ©E.Rebiffé/CCAS

“Ne rien s’interdire !”

Mis à part Nicholas, le “petit nouveau”, tout le monde a déjà entendu parler du festival. Un bon tiers a même déjà bâti la précédente édition. Les deux autres tiers y ont participé en tant que simple festivalier, ou en tant que bénévole sur les jours de congés ; les derniers ont envisagé l’un ou l’autre. “Il ne faut rien s’interdire ! assure Steve Cremerieux, responsable du groupe jeunes agents de la CMCAS Pays de Savoie et référent bâtisseurs. Il faut juste quantifier le budget ; après, tout se défend. Jusqu’à présent, les projets présentés ont tous vu le jour.” Photos à l’appui, les anciens présentent fièrement le montage et la levée de la charpente du stand, le bar de 25 mètres de long, la file d’attente devant la tartiflette géante (pour mémoire, quatre mille tartiflettes vendues)… Les nouveaux s’en émerveillent, et tous partagent le sentiment bienheureux de ne pas partir de rien – même si, dans les faits, tout sera fait main de A à Z.

La com’… et le bouche à oreilles

Jusqu’à près de 23 heures, le petit groupe passe en revue les points d’amélioration possible et lancent de nouvelles idées folles (que nous tairons pour ne pas gâcher la surprise). Lorsque vient le moment de distribuer les tâches et d’établir le calendrier des futures réunions, l’étendue du territoire couvert par la CMCAS se rappelle aux agents : entre la Savoie et la Haute-Savoie, les lieux de rencontres sont rares… car ils pénalisent toujours ceux qui en sont éloignés. C’est l’une des raisons pour lesquelles, depuis la mi-août, Steve Cremerieux administre une page Facebook et un site internet spécifiquement dédiés aux jeunes agents, avec un mot d’ordre : “c’est à nous, et on en fait ce qu’on veut !” En plus d’être un outil pour l’organisation du festival, ces canaux permettent aussi d’informer les agents sur leurs droits, les activités et les offres qui les intéressent, informations que les conditions actuelles de terrain ne permettent pas toujours de relayer. Mais tout comme Steve, Dominique Taillebosq, référent de la CMCAS au groupe de suivi national, considère que la meilleure accroche pour tisser des liens est encore le “bouche à oreilles, se rencontrer, et parler aux collègues”.

“Vivre ensemble, c’est que qu’on essaie de faire”

Depuis quelques semaines, Steve parcourt la Savoie de haut en bas pour rencontrer les agents du RTE, du barrage CNR ou du barrage EDF. Avec un certain succès, puisque ce soir-là les jeunes agents viennent pêle-mêle de la production hydraulique, du transport gaz et électricité ou de la distribution. “Il m’arrive de boire un coup avec les gars de la distrib’, confie Baptistin, mais les gars de RTE, on les connait moins. [D’ailleurs] je n’étais jamais rentré sur un site RTE. Les familles [de métier], ça existait quand EDF était encore une seule entreprise. Mais même aujourd’hui, on appartient tous aux IEG. C’est juste qu’on fait des boulots différents.” Réservé, le jeune technicien réseau avoue qu’il n’aurait pas pris l’initiative de venir sans Aurélien et Nicholas, ses collègues d’ERDF. Même son de cloche du côté de ce dernier, qui inaugure sa titularisation avec le festival : “Ce qui me plaît dans ce festival, c’est l’idée de se retrouver de partout, de la même entité, au même endroit : on travaille tous pour le même patron, même si ce n’est pas vraiment le cas… C’est super rare qu’on arrive à se croiser sur le terrain parce que les patrons ne veulent pas… à l’extérieur oui, mais pas dans le travail. Du coup là, on fait un peu des infidélités, et c’est ça qui est bon !”

Bâtisseurs…

Les bâtisseurs interviennent avant, pendant et après le festival : électrification, montage des stands, service pour les festivaliers, démontage des structures. Les régulateurs sont présents sur le festival et gèrent par exemple la sécurité et l’orientation des festivaliers.

Comment devenir bâtisseur ?
Vous avez jusqu’au début du mois de décembre pour contacter votre CMCAS, qui organise peut-être déjà des réunions dédiées aux jeunes agents désirant participer à la construction du festival.

> Vous pouvez également suivre l’actualité de la page Facebook Festival d’Énergie pour les prochaines réunions dans vos CMCAS.

…Bâtisseuses ?

Cette année, comme l’année passée, les bâtisseuses restent en minorité dans les équipes. Sur les quinze jeunes agents présents lors de la réunion d’Albertville, on ne comptait qu’une jeune femme, même si deux autres agents des Activités Sociales sont attendues en renfort. Ce diagnostic a poussé le groupe de pilotage national à officialiser l’objectif de 30% de bâtisseuses, comme l’explique Noémie Bickel, membre du conseil d’administration de la CCAS : “L’objectif de 30% de femmes parmi les bâtisseurs correspond à la proportion de femmes dans les entreprises, y compris dans la branche des IEG”

> Lire notre entretien avec Noémie Bickel : “Il faut aller chercher les femmes là où elles sont !

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