Carole Trébor : “Les mythes sont un terreau extraordinaire de réappropriation infinie.”

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Avec “Gromislav, le Géant qui couvait la Terre”, Carole Trébor fait de son héros un porte-voix de la protection environnementale. Le géant qui aimait la nature s’évertue à la préserver coûte que coûte. Ce conte poétique et métaphorique, agrémenté des magnifiques dessins de Tristan Gion, ambitionne de sensibiliser les enfants à la préciosité de notre belle planète. Gare à ceux qui souillent la nature, ils risquent de réveiller le colosse écolo et de déclencher sa colère !

En quoi Gromislav se distingue-t-il de ses congénères ?

Gromislav est un personnage de la mythologie slave. Il appartient au peuple des géants Assilki, une horde de brutes qui ne se soucient ni de leur environnement ni des êtres vivants autour d’eux. Ils n’ont pas conscience des conséquences de leurs actes sur la nature. Pour les punir, Rod, le dieu des dieux, les a exilés sur la terre, une toute nouvelle planète créée par son fils Svarog. Contrairement aux autres géants, Gromislav en découvre rapidement les merveilles. Pacifiste et bienveillant, lui est très attaché à la faune et à la flore. C’est un rêveur, un contemplatif qui s’émeut des beautés de cette planète.

Quand le peuple des Assilki se comporte mal avec la nature, la terre réagit immédiatement. Est-ce un message écologique à l’attention des enfants ?

Les messages d’alerte sur la crise écologique, justifiés devant l’ampleur de la catastrophe annoncée, peuvent apparaître oppressants. Les enfants et les ados baignent dans cette ambiance très anxiogène. Les auteurs jeunesse ont la capacité d’aborder le dérèglement climatique d’une manière métaphorique plus douce, plus poétique et moins angoissante. Par l’imaginaire et à travers une histoire de cosmogonie (partie des mythologies qui racontent la naissance du monde et des hommes), on peut plus facilement leur faire prendre conscience de la réalité et les inciter à préserver l’environnement. On utilise des figures pacifistes, plus joyeuses qui font rêver, comme Gromislav par exemple, pour envoyer des messages : ne pas réveiller le géant qui dort sous nos pieds, c’est éviter de lui apporter trop de chaleur, c’est conserver ses protections, à savoir les forêts, les prairies, les ruisseaux… donc respecter la nature qui l’entoure.

Vous avez puisé votre inspiration dans la mythologie slave…

Gromislav est un personnage de la mythologie slave. Celle-ci est très peu connue mais propice à une réinterprétation à chaque époque et en fonction des enjeux du moment. C’était très intéressant pour moi de parler d’environnement à travers une histoire de cosmogonie. Les mythes sont un terreau extraordinaire de réappropriation infinie. En partant d’une même histoire, on peut tout inventer, parler de ce que l’on veut et questionner le monde. Il s’agit par ailleurs d’une sorte de retour aux sources pour rappeler à quel point notre planète est précieuse. Elle, qui est entourée de tant de mythes autour de sa conception.

Peut-on tout évoquer avec les enfants ?

Oui, mais je pense qu’il faut être à la bonne place. Il s’agit de savoir à qui l’on s’adresse et comment on s’adresse à ce public. Les auteurs de littérature jeunesse ont une grande responsabilité, me semble-t-il. Il est essentiel de s’adapter à la sensibilité des enfants, de réfléchir à ce que l’on peut dire et surtout, à la façon d’aborder le problème. Aujourd’hui, les éditeurs sont de moins en moins frileux ; on peut parler de tout, y compris de violences sexuelles. Et plus souvent les écrivains évoqueront des sujets difficiles, avec délicatesse et intelligence, plus tôt les tabous seront levés. Cela participe à libérer la parole des victimes. La manière d’aborder un thème est d’ailleurs très attrayante à travailler pour un auteur.


Gromislav, le Géant qui couvait la Terre“, de Carole Trébor et Tristan Gion, Aleph Editions, 2019, 48 p., 16,90 €

À partir de 7 ans


Par l’imaginaire et à travers une histoire de cosmogonie (partie des mythologies qui racontent la naissance du monde et des hommes), on peut plus facilement leur faire prendre conscience de la réalité et les inciter à préserver l’environnement.

En partant d’une même histoire, on peut tout inventer, parler de ce que l’on veut et questionner le monde.


Retrouvez Carole Trébor dans vos villages vacances : le 26 juillet à Capbreton (Landes), le 27 juillet à Campan (Hautes-Pyrénées), le 28 juillet à Nestier (Hautes-Pyrénées), le 29 juillet à Soueix (Ariège).


 

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