Ciné Poème : la poésie sur grand écran

Pour sa 8e édition, le festival Ciné Poème allie le souffle poétique et l’expérience cinématographique. ©Bertrand de Camaret/CCAS

Désacraliser la poésie en la mariant au cinéma : telle est la marque de fabrique du festival Ciné Poème, dont la huitième édition s’est tenue à Bezons, en région parisienne, du 22 au 24 mars derniers.

“Moi qui étais auparavant allergique à la poésie, on peut dire que Ciné Poème m’a réconcilié avec celle-ci”, lâche Gilles. Dans le hall du bien nommé théâtre Paul Éluard de Bezons, ce gazier venu d’Argenteuil partage avec son épouse Linda quelques impressions sur les courts-métrages qu’ils viennent de voir.

En effet quel point commun entre le cinéma et la poésie ? La ville du Val-d’Oise accueillait de nouveau, du 22 au 24 mars derniers, la huitième édition du festival Ciné Poème : trois jours de courts-métrages, lecture de poèmes et intermèdes musicaux pour sensibiliser le public à la poésie, une forme d’expression artistique qui sort rarement des cercles d’initiés.

Voir : le court-métrage d’animation lauréat du prix jeunesse de Ciné Poème

Dans un monde désertique, un vieil homme passe ses journées à recueillir des gouttes d’eau pour étancher la soif d’un arbre mort.

“Nous sommes partis du constat que la poésie souffrait d’une image élitiste”, résume Dominique Lesparre, le maire de Bezons. “Pourtant, la poésie nous apprend la défiance à l’égard de la pensée dominante. Partant du constat que nous vivions dans un monde de l’image, nous avons donc décidé de réaliser la jonction entre cinéma et poésie pour lutter contre les a priori”, poursuit-il.

Depuis sa création, Ciné Poème a ainsi donné la possibilité à près de deux mille créateurs de diffuser leur œuvre, comme le souligne Christian Ourmières, adjoint au maire de Bezons : “C’est un cadeau qu’une ville modeste et laborieuse comme la nôtre puisse accueillir un événement tel que Ciné Poème.” Un partenariat qui n’aurait pu voir le jour sans l’implication et la pugnacité du regretté Jacky Chérin, ancien salarié des Activités Sociales et ardent défenseur d’une culture qui soit à la portée de tous, qui, comme le précise son épouse Monique, avait l’intime conviction qu’un lien indéfectible unissait la poésie au cinéma. Une “synergie” dont le court-métrage constitue la quintessence.

“Nous ne serions jamais venus ici sans la CCAS”

Jean-Pierre et Françoise, bénéficiaires habitués du festival Ciné Poème ©Bertrand de Camaret/CCAS

À écouter Gilles et son épouse, l’objectif du festival semble atteint : “Nous ne serions jamais venus ici sans la CCAS. C’est aussi important pour les jeunes dans la mesure où ce genre d’initiative favorise l’ouverture d’esprit.” Les bénéficiaires présents ce week-end au théâtre Paul Éluard sont visiblement réceptifs.

Beaucoup sont des habitués, venus avant tout pour les courts-métrages. C’est notamment le cas de Jean-Yves, retraité des activités de transport d’EDF : “Ce que j’apprécie le plus dans les courts-métrages, c’est qu’on peut traiter d’un tas de sujets dans un temps limité.” Jean-Pierre, également retraité, abonde dans son sens : “Le court-métrage a cet avantage d’être accessible à tous.”

Dépoussiérer la poésie

Cérémonie d’ouverture avec Laura Perrudin, harpiste et chanteuse : son premier album, “Impressions”, s’inspire de textes oniriques de poètes anglais. ©Bertrand de Camaret/CCAS

Ciné Poème poursuit la démarche entreprise au siècle dernier par des artistes de renom – Cocteau, Pasolini et Prévert notamment – qui cherchaient à créer un “art total” abolissant les frontières entre poésie et cinéma. D’un côté, le verbe, le langage dans sa forme la plus épurée, une fenêtre sur l’âme humaine et son infinie complexité. De l’autre, l’image, symbole par excellence de la culture populaire. “Les Enfants du Paradis” et “le Roi et l’Oiseau”, deux classiques du septième art, symbolisent cette convergence.

À Ciné Poème, les spectateurs peuvent discuter avec les réalisateurs avant de voter pour leurs films préférés : “Cela permet de mieux comprendre leur démarche et le message qu’ils ont cherché à véhiculer, soulignent Linda et Gilles. Et on apprend des choses sur la façon dont ils travaillent.” Une autre manière de construire des passerelles entre le public et la création. Et de dépoussiérer la poésie.

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