Cinélatino : les prix CCAS conjuguent émotion et engagement

Le jury constitué par la CMCAS Toulouse a choisi un court métrage brésilien sur l’adolescence, “Apenas o Que Você Precisa Saber Sobre Mim”, de Maria Augusta V. Nunes. ©Novelo Filmes

En choisissant “Cabros de mierda” (Sales gosses) et “Apenas o que você precisa saber sobre mim” (Juste ce que vous devez savoir sur moi), les jurys de la CMCAS Toulouse ont défendu à la fois la qualité artistique et les valeurs que les films véhiculent, pour les 30 ans du festival Cinélatino.

Après trois heures de débats où chacun affûtait ses arguments, les quatorze membres du jury de la CMCAS Toulouse ont décerné le prix CCAS de la meilleure fiction du festival Cinélatino, qui s’est clôt le 25 mars dernier, à “Cabros de mierda” (Sales gosses) du Chilien Gonzalo Justiniano. “Je suis content de ce choix, se réjouit Michel Blanc, ancien coordinateur technique à Gaz de France et porteur du projet Cinélatino à la CMCAS Toulouse. Ce film véhicule des valeurs telle que la tolérance, qu’il me semble important de rappeler à l’heure où se multiplient les votes nationalistes en Europe et en France.” Un rôle pédagogique d’autant plus précieux, que le film sera projeté dans une dizaine de centres de vacances durant l’été 2019.

“Cabros de mierda” se déroule en 1983, à Santiago du Chili, sous la dictature de Pinochet. Gladys, jeune femme pauvre et solaire, lutte contre le fascisme tout en s’occupant de sa mère, de sa fille et de Vladi, un gamin de 7 ans assez insupportable dont le père a été enlevé. Elle accueille Samuel, un évangéliste américain venu porter la bonne parole dans ce quartier déshérité. Un amour improbable naît entre la communiste et l’évangéliste…

“Lorsque nous avons fait le premier tour de table où chacun énonçait les trois films qu’il préférait, explique Michel Blanc, c’est le film cubain ‘Candelaria’ qui est arrivé en tête.” Ce film parle de manière poétique de la sexualité des personnes âgées tout en portant un humour décalé sur “la période spéciale”, qui désigne la crise économique que le pays a traversé au début des années 1990.

Pour être sûr de faire le bon choix, un deuxième tour de table a été organisé, où cette fois chacun avait pour mission de convaincre les autres de changer leur classement. Tous les éléments étaient pris en compte : histoire, image, bande son, jeu des acteurs… L’argument principal ayant joué en défaveur de “Candelaria” : le film étant déjà programmé dans des salles françaises, les membres du jury ont estimé qu’il n’avait pas besoin du prix de la CCAS pour vivre sa vie. C’est donc l’engagé et l’émouvant “Cabros de mierda” qui est passé devant.

Un court brésilien qui suscitera le débat

Cette année, pour la première fois dans l’histoire du partenariat entre le festival et la CCAS, le prix du meilleur court-métrage a été organisé. “Ce n’était pas évident pour les dix jurés, reconnaît Isabelle Le Mouel, conseillère clientèle à Enedis et également porteuse du projet Cinélatino à la CMCAS, car les sept court-métrages nous étaient présentés les uns après les autres, sans pause, et nous devions choisir sans avoir le temps de prendre des notes ! On avait un peu peur de ne pas bien se souvenir… Finalement, chaque film nous a tellement imprégnés, qu’on a pu choisir.”

Pour élire le court-métrage, les jurés ont d’abord attribué une note allant de 0 à 5 à chacun des sept films. Quatre d’entre eux, deux fictions et deux documentaires, sont arrivés en tête. S’en est suivi un débat où les membres du jury ont échangé leurs points de vue et quelques explications. “Un court-métrage, ça va très vite, ajoute Isabelle Le Mouel, et on ne comprend pas tous toujours la même chose !”

“Nous avons choisi un film qui parle du genre, de l’adolescence et de la sexualité, qui pourra donner lieu à des débats dans les centres de vacances où il sera projeté.”

Un deuxième vote ne réussit toujours pas à départager les films, deux arrivants ex-aequo. Après discussion, le jury a finalement décidé d’écarter le court-métrage qui avait déjà eu de nombreux prix et choisi celui d’une jeune brésilienne, Maria Augusta V. Nunes, intitulé “Apenas o que você precisa saber sobre mim” (Juste ce que vous devez savoir sur moi). Elle y raconte la rencontre de deux jeunes dans un skate-parc. “Nous avons choisi ce film qui parle du genre, de l’adolescence et de la sexualité, ajoute Isabelle Le Mouel, car on pensait qu’il pourrait donner lieu à des débats intéressants dans les centres de vacances où il sera projeté.”

Cet été, c’est “Carpinteros”, le film du dominicain José Maria Cabral tourné en prison avec de vrais détenus et primé l’an passé, qui sera programmé dans les centres de vacances, entre le 30 juillet et le 18 août.


Pendant vos vacances

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