Colos : les enfants de Ramondens maîtres de cérémonie à Cinélatino

Le 16 mars 2024, les enfants de la colo régionale Ciné et Multimédia de Ramondens (Tarn) et leur famille ont investi le festival Cinélatino pour présenter le film réalisé durant leur colo.

Le 16 mars 2024, les enfants de la colo régionale Ciné et Multimédia de Ramondens (Tarn) et leur famille ont investi le festival Cinélatino pour présenter le film réalisé durant leur colo. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Du haut de leur 6 à 11 ans, les enfants ont présenté une vidéo conçue durant leur colo à Ramondens (Tarn), en ouverture d’une projection de courts métrages du Festival Cinélatino, à Toulouse. Avec trac, émotion, fierté et l’envie de recommencer l’aventure.

« Oh, punaise, y a un micro ! », s’exclame Juliette, 9 ans, les joues rosies par l’émotion. Ce samedi 16 mars, dans la salle du cinéma Gaumont du centre-ville de Toulouse, un petit groupe d’enfants va présenter le clip vidéo réalisé par leurs soins à Ramondens (Tarn), lors de la dernière colo d’hiver. Il sera en effet projeté en ouverture d’une séance de courts métrages pour jeune public, dans le cadre du partenariat des Activités Sociales avec Cinélatino, l’un des plus importants festivals de film latino-américains en Europe.

À leur rire nerveux, leur façon de gigoter ou de se tenir tranquille, on les devine fébriles, intimidés, excités ou franchement à l’aise, comme Hugo. Du haut de ses 9 ans, il écarquille les yeux quand on lui demande ce que ça fait de voir leur petit film projeté sur grand écran. Il hausse légèrement les épaules : « Ben, on est au Pathé Gaumont, c’est normal que ce soit sur grand écran ! ».

Le 16 mars 2024, les enfants de la colo régionale Ciné et Multimédia de Ramondens (Tarn) et leur famille ont investi le festival Cinélatino pour présenter le film réalisé durant leur colo.

Timides, les enfants prennent de l’assurance au fur et à mesure de l’exercice. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Grand écran rimant avec grande salle, reste à apprendre à parler assez fort pour être entendu des parents et amis qui vont bientôt prendre place. Louis Bunel, assistant séjours activités à Toulouse, leur apprend à se relaxer, à se détendre et à porter leur voix assez loin pour être entendus des derniers rangs. « Vous allez essayer de raconter votre projet sans qu’on vous pose de questions », lance-t-il aux enfants.

Un film en stop motion

Film réalisé par les enfants en colo à Ramondens (Tarn) pendant les vacances d’hiver 2024 en partenariat avec Cinélatino. Source : CCAS Plaque Occitanie/YouTube

À tour de rôle, les sept garçons et filles s’entraînent, s’emparent du micro et témoignent. « Au départ, on a créé des marionnettes en papier cartonné », explique Violette, 11 ans, très à l’aise à l’oral. Hibou, chien, saumon, paresseux, oiseaux… Le film montre des animaux qui se transforment. « Moi, j’ai fait une chimère à moitié volante et à moitié marchante », décrit James, 9 ans.

Très pédagogue, il explique qu’à partir de ces figures articulées, ils ont créé leur clip vidéo en stop motion : « Nous prenions une photo de l’animal, puis on le déplaçait et on prenait une autre photo et ainsi suite ». En les faisant défiler sur un ordinateur, ces photos donnent naissance à un petit film. Elie, 9 ans, soucieux de bien faire comprendre les étapes de la création, se met à marcher au ralenti, en décomposant ses mouvements, à la manière de Mikael Jackson et de son moonwalk.

Les enfants se passent le micro rapidement, un peu comme une patate chaude. « On n’est pas aux Jeux olympiques, on n’est pas pressés ! les rassure Louis Bunel, satisfait, quand un enfant timide ose un mot dans le micro. « C’est super, c’est un premier pas », souffle-t-il alors discrètement.

Juliette, Violette et Nina sur scène, pour présenter la vidéo qu'elles ont conçu en colo à Ramondens (Tarn), en ouverture d’une projection de courts métrages du Festival Cinélatino, à Toulouse.

Juliette, Violette et Nina sur scène, autoproclamées « Les Timbrées », sur scène devant les parents. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Assis non loin de là, Éric Priéto, secrétaire général de la CMCAS Toulouse observe les enfants : « Les colos, ce n’est pas juste passer des vacances, c’est aussi gagner en autonomie, s’émerveiller, s’émanciper : c’est ça le but de la colo ! Et la culture, c’est aussi un moteur de l’émancipation. »

Tous les enfants ont « kiffé » la colo. L’atelier cinéma, prévu pour les 9-11 ans et ouvert aux 6-8 ans, avait lieu le matin et l’après-midi. Les enfants étaient libres de venir quand ils le voulaient, mais pas un n’a manqué une séance. Il faut dire que Gabo (Gabriel), l’intervenant cinéma, a séduit les enfants avec son approche dynamique et chaleureuse, et son accent chantant. « Les enfants lui ont trouvé un surnom d’emblée, même si c’était pour le distinguer d’un autre Gabriel ; c’est un signe de familiarité qui ne trompe pas », ajoute Louis Bunel.

Petit à petit, les parents entrent dans la salle, les jeunes émus et joyeux présentent leur film sérieusement en prenant leur mission à cœur. À la fin de la projection, le petit Robin, 6 ans, se tourne d’un bloc vers ses parents, les yeux brillants, un sourire lui fendant le visage.

« J’ai choisi de fabriquer une fleur, et un animal qui en tombe amoureux »

Nina, 11 ans, en colo a Ramondens durant les vacances d’hiver

Nina et les enfants de la colo ont travaillé avec des intervenants de Cinélatino lors d’ateliers stop motion pour créer un jingle, sorte de teaser projeté en ouverture de cette après-midi de projection de courts métrages. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

« C’est la deuxième fois que je fais cette colonie. La première fois, c’était il y a deux ans, mais mon frère et moi, on n’a pas pu y rester jusqu’au bout car on a attrapé le Covid ! Je suis très contente d’avoir pu la recommencer. On était quatre copines dans la chambre, et on s’est appelé les « Timbrées ».

Dans le film, j’ai choisi de fabriquer une fleur, et un animal qui en tombe amoureux. Tous les animaux se transforment dans le film. Pour représenter le changement, on recouvrait les animaux de sable rouge, et quand on enlevait le sable, ils étaient devenus autre chose ! »

« Parler de leur travail avec leurs mots d’enfants, leur permet de s’approprier leur œuvre »

Louis Bunel, assistant séjours activités à Toulouse, porteur du projet

Louis Bunel, assistant séjour activité à la CMCAS Toulouse, coache avec bienveillance les enfants avant leur intervention. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

« C’est la troisième année que les jeunes de la colo de Ramondens produisent un clip vidéo pour le festival Cinelatino, mais c’est la première fois qu’ils viennent le présenter.

Autrefois, je pense qu’ils ne savaient pas vraiment pour qui ils le faisaient. Une colo, c’est un temps un peu en dehors de la ‘vraie vie’, et se retrouver là avec ses copains, mêlés à d’autres personnes, donne à leur création une autre dimension.

Aujourd’hui, ils ont parlé de leur travail à leur manière, avec leurs mots d’enfants, sans qu’un adulte vienne porter leur discours. Ils s’approprient ainsi leur œuvre. En venant préparer leur intervention, dans une salle vide, ils découvrent aussi une salle autrement. Peut-être que cette expérience leur donnera l’envie de pousser plus facilement une porte de cinéma, quand ils seront plus grands ! »

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