En flottaison à Arès

Embarquation en canoés©S.Alesi

© Stéphane Alesi/CCAS

Depuis des années, il « tisse petit à petit des liens » entre la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail) et les Activités Sociales de l’énergie dans la région. Président du comité de Gironde, Paul Donnot, maître-nageur, est présent cet été sur le centre d’Arès. Entre pédagogie (douce) et conviction profonde, il œuvre pour ancrer un partenariat assez insolite.

Fort loquace, en terrasse, lorsqu‘il s’agit d’évoquer les vertus de sa fédération et de son sport de prédilection, et presque taiseux, attentif et surtout à l’écoute des autres, les pieds dans l’eau, Paul est ainsi. Militant inné (et bénévole) à la FSGT, titulaire du Beesan, l’homme transpire « la passion du devoir », tout en maîtrise. Immergé dans la pratique de la natation, qu’il juge fondamentale et vertueuse à plus d’un titre, le maître-nageur sait sans conteste transmettre la perche avec maestria.

Il suffit de s’asseoir, en cette matinée de juillet, face à la lagune, et d’observer. Avec lui, les lacunes des uns et les peurs des autres s’effacent au fil de l’eau. Alors, question activité aquagym, c’est un peu « contre-courant » à Arès en été. Loin des stéréotypes, du superflu ou d’uniformisation de l’activité aquatique, Paul anime avec des convictions et le sentiment « d’utilité publique ». « La FSGT, de par son histoire et ses pratiques, est un élément fondamental de l’éducation populaire. A travers sa culture et son désir d’émancipation dans le monde du travail. Aussi, de par nos licences multisport, notre façon de concevoir la pratique sportive, nous œuvrons pour que tous aient accès au sport et à son perfectionnement. »

Paul, militant FSGE©S.Alesi

Paul, militant FSGT.   © S. Alesi/CCAS

Alors de 3 ans où « j’incite les gamins à être en flottaison, c’est la base » à 70, voire plus, si les mots varient, en filigrane, le concept est le même et les valeurs et la détermination aussi chez ce volontariste humaniste. « Je veux que tous les participants arrivent à leur fin. Je sais qu’ils en sont capables. De l’aquaphobie au perfectionnement en passant par des activités nautiques improvisées, l’eau doit devenir une alliée… »

Et depuis deux jours, pour Sophie, bénéficiaire assidue, la thèse du professeur tient la corde. Assistante de direction à Grenoble, elle, la skieuse chevronnée prise de panique lorsqu’elle approche de l’eau est dithyrambique. Si elle n’a jamais osé affronter cette aquaphobie, malgré l’envie et le courage, en ce mois de juillet, elle a trouvé « son maître ». « Dans ces circonstances, la personne a une importance capitale. C’est vrai aussi que le lieu et le moment (les vacances) s’y prêtent. Mais c’est surtout la manière dont on a abordé cette question qui m’a séduite tout autant que la façon dont il me guide… Aussi je me suis lancée comme défi de non seulement vaincre ma peur de l’eau en 15 jours mais aussi d’apprendre le crawl ! » Une gageure à la portée du professeur. Sans aucun doute. Lui qui plus tard dans l’après-midi, avec un flegme trompeur, semble être comme un poisson dans l’eau aux côtés des petits Sahraouis attelés, avec leurs camarades français, à se défier entre le lancer d’espadrille, la course en sacs, etc.

Autour de cette allégresse, les yeux du prof s’illuminent. Car ces enfants du désert, qu’il a l’occasion de rencontrer chaque année grâce au partenariat établi par la CMCAS Gironde, ont pu aussi profiter de ses facultés… sans mirage. « Ma fierté, c’est d’avoir pu apprendre en peu de temps à nager à l’un d’entre eux l’année dernière… » Bien plus tard, alors que le soleil se couche, « la tenue de maître au vestiaire », l’homme se livre un peu plus sur son engagement et cette synergie qu’il souhaite instaurer entre la FSGT et les Activités Sociales de l’énergie, comme une évidence selon lui. « Il ne faut pas oublier qu’à sa création en 1934, la FSGT avait pour vocation, entre autres, de s’opposer aux fascismes. Son but étant de lutter contre cette ignominie en faisant émerger le monde ouvrier. Et puis le sport engendre l’entraide, la solidarité. » Et sans doute un peu de plénitude aussi. En flottaison ou en apesanteur… Paul est sans conteste un hédoniste contagieux.

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