Festisol 2020 : un évènement virtuel pour des solidarités réelles

Le Festival des solidarités, qui se déroule chaque année au mois de novembre, aura lieu cette année en ligne. Ici, l’édition 2017 du festival, à Nantes. ©Rémi Déprez

La pandémie n’aura pas eu raison du Festival des solidarités. Confinement oblige, cette année le “Festisol” est entièrement digitalisé. Jusqu’au 29 novembre, c’est donc en ligne et à distance que se tiendront la centaine d’animations et d’ateliers prévus pour l’occasion.

C’est devenu un incontournable pour tous ceux qui ont la solidarité chevillée aux corps et qui souhaitent la propager. Associations, établissements scolaires, structures socio-culturelles, acteurs de l’économie sociale, groupes de citoyens… Depuis 20 ans, au mois de novembre, pendant deux semaines, ils sont des milliers à organiser des événements engagés, en France comme à l’étranger, à l’occasion du Festival des solidarités.

Cette année, Jean-Marc Delaunay l’admet, “beaucoup d’évènements ont dû être annulés ou reportés”. Seulement, pour le coordinateur France et International du Festival des solidarités, en cette période, plus que jamais : “il y a un besoin de débats citoyens, de solidarité”. Alors, “ensemble, avec tous les acteurs- car c’est avant tout un projet collectif-, on a pris la décision de maintenir le rendez-vous”, explique-t-il.

Pour trouver des alternatives aux évènements prévus en présentiel, les idées ont fourmillé : des projections-débats aux conférences en ligne, en passant par des parcours et des expositions numériques, les formes d’expression nouvelles sont aussi riches que variées. Les thématiques, quant à elles, ratissent toujours aussi large. Environnement, migrations, finance, commerce, alimentation, santé, éducation, vivre-ensemble, culture ; tous les sujets sont abordés, avec pour fer de lance, l’angle de la solidarité.

Zoom sur les migrations

Cette édition 2020 propose néanmoins une thématique phare : la justice climatique, avec pas moins “d’un tiers des évènements qui aborderont des questions autour du climat”, nous explique Jean-Marc. Avec une nouveauté : la création d’une série de podcasts, uniquement dédiée au traitement du changement climatique. L’objectif ? Rappeler que la lutte pour le climat “ne peut être dissociée d’une mobilisation contre les injustices et les inégalités qui existent à l’échelle globale”.

“C’est en ça que le Festisol est un moment unique, car il permet justement de faire converger nos actions, de les visibiliser, mais aussi de les confronter, d’en débattre”, analyse Elsa Lauga Mouledous, coordinatrice des actions de sensibilisation de La Cimade.

Son association, qui organise le festival Migrant’scène, évènement partenaire du Festisol, défend ardemment la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes. A l’instar du Festisol, Migrant’scène adoptera cette année un format online, mais l’intention reste inchangée : celle d’offrir des moments de rencontres et d’échanges pour favoriser le dépassement des préjugés.

“Enseigner la compréhension entre les humains est la condition et le garant de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité.” disait Edgar Morin. C’est dans la lignée de cette idée que, le 21 novembre à 17 h, sera projeté sur leur site le documentaire “Je m’anime pour mes droits”.

Mêlant animation et témoignages, il donne la parole à des enfants vivant dans des bidonvilles de la Seine-Saint-Denis, entre précarité et exclusion. Cette projection sera suivie d’un débat en présence du réalisateur Ludovic Versace, d’un des jeunes protagonistes du film et de Clara Pichon, chargée de médiation sur des bidonvilles de Montpellier.

La crise sanitaire, miroir grossissant des inégalités

Pour Alice Duplay, chargée d’animation et de développement des réseaux en France du Festival des Solidarités, ce dernier n’aurait pu se tenir sans “le dévouement exceptionnel des acteurs du festival, qui du fait de son fonctionnement décentralisé, sont les garants de sa réussite”. Elle avoue avoir été “impressionnée et surprise” par cette forte mobilisation. Selon elle, ce surcroit de volontarisme s’explique par le fait que “cette crise sanitaire a été comme un miroir grossissant des inégalités, contre lesquelles les gens avaient d’autant plus envie de s’engager”.

Pour Jean-Marc Delaunay, nul doute qu’à l’avenir “ces nouveaux moyens d’expression en ligne seront réutilisés”. Car ils permettent notamment “une facilitation des échanges au-delà des territoires”. Néanmoins, il pense “que la majorité des acteurs ont hâte de retrouver leurs modes d’actions habituels (…) il y a une grande envie et un vrai savoir-faire pour proposer des événements en présentiel”.

En attendant les jours heureux, “la solidarité peut s’exprimer par de multiples actions, par les événements en ligne en novembre, mais aussi en se mobilisant plus concrètement par des actions de solidarité à l’échelle locale”, rappelle Alice Duplay, qui tient à préciser que le Festival des Solidarités, “c’est un projet qui dure toute l’année”. Ainsi, quelle que soit l’évolution de la crise sanitaire, les solidarités … “ne seront pas confinées”.

Les programmes complets

Pour suivre les événements du festival des solidarités sur leur site web

Pour écouter la série de podcast 

Pour devenir acteur du festival des solidarités

Pour retrouver toute la programmation en ligne du festival Migrant’scène 2020

 

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