Fodié Diarra : “Ma mission : s’adapter à chacun et recréer du collectif”

Fodié Diarra, coach pour les sportifs de haut niveau et aussi pour tous publics, intervient dans les semaines Soyez sport de la CCAS. Ici en 2015 à l’Insep. ©Didier Delaine/CCAS

À la fois préparateur physique, conférencier et intervenant pour les Activités Sociales, Fodié Diarra transpire la passion du sport et de ses vertus. Conséquences du confinement, programme des semaines Soyez sport de la CCAS, importance de la pratique d’une activité physique et sportive : l’analyse du coach.

Pendant le confinement, vous êtes resté actif… en donnant des cours sur le Net. Quelles leçons avez-vous tirées de cette expérience ?

L’idée était de proposer, dans cette période complexe, des activités physiques et sportives accessibles au plus grand nombre, et pour tous les niveaux. Sous forme de vidéo et de séances en direct sur Instagram. Et de rendre l’accès gratuit à ce que je fais habituellement afin de me rendre utile.

Mais ce concept m’a finalement renforcé dans mes positions : il y a le monde virtuel et il y a la réalité ! Le virtuel ne peut remplacer le cours physique : le lien, le contact, l’échange et la communication sont fondamentaux dans le sport et dans la transmission de ses valeurs.

Justement, avec l’épidémie de Covid-19, certains rituels sportifs ont changé : le contact est proscrit, tout comme le partage physique des émotions, mis entre parenthèses. Ne craignez-vous pas l’avènement d’une pratique sportive aseptisée et asociale, une dérive de ses valeurs dans le futur ?

Certes, le sport, dans cette conjoncture, manque quelque peu son but, qui est le lien social. Mais je pense que c’est à nous, éducateurs, intervenants, etc., de lui donner un sens, de nous adapter à la situation et de recréer un collectif, quelles que soient les contraintes.

En effet, tout dépend de la façon d’enseigner le sport. C’est ce que j’explique à mes éducateurs tout au long de l’année : ils se doivent d’éduquer leur groupe, en fonction du public qu’ils ont en face d’eux. Je dis souvent que mes cours sont des cours collectifs au sein desquels j’individualise la pratique. Je pars d’une base commune, pour y intégrer des consignes, des options et des variantes qui correspondent à chacun et chacune.

C’est ce que je mets en pratique dans les semaines Soyez sport de la CCAS, dans lesquelles j’intègre tous les publics, tous les âges, en tenant compte de leurs caractéristiques. D’ailleurs, la CCAS répond à ce que doit véhiculer le sport : aucune barrière sociale ou ethnique, aucun préjugé physique pour offrir une égalité de traitement dans la pratique. C’est ça le sport !

Été 2020 : les semaines Soyez sport maintenues

Les semaines Soyez sport, animées par des professionnel·les partenaires des Activités Sociales, ou dans le cadre du Par et du Pour.

En collaboration avec le service de prévention de la CCAS, et dans l’optique de privilégier les activités extérieures, les Activités Sociales ont décidé de maintenir les semaines Soyez sport cet été sur les centres de vacances.

Yoga, natation, tennis de table, remise en forme… Adapter le programme des activités sportives de l’été – susceptible d’être bousculé – aux mesures sanitaires en vigueur est donc le défi relevé par les Activités Sociales. En fonction des prochaines directives gouvernementales en matière sanitaire, elles élaboreront les modalités des séances en suivant les règles de distanciation, de nombre de participants, etc.

Avez-vous déjà des idées pour la conception de vos activités dans le cadre des semaines Soyez sport cet été ?

J’y ai pas mal réfléchi. Mais ce sera de toute façon dans le respect des règles sanitaires ! Le thème devrait tourner autour du bien-être physique et moral, si primordial dans cette période.

Mon idée est aussi d’axer mon travail auprès des personnes qui ont des soucis de santé, des traumatologies quotidiennes qui les dérangent, notamment en proposant des séances de renforcement musculaire, basé sur un travail de prévention des maux du dos, qui est sans doute le mal le plus répandu qui soit. Paradoxalement, on croit souvent qu’un mal de dos est rédhibitoire ! Alors que par des gestes simples au quotidien, le corps peut se réguler, et les maux se résorber, du moins en partie.

L’inertie due au confinement a sans doute engendré chez certains de nombreux problèmes physiques et psychiques. Est-ce aussi l’occasion de rappeler les vertus sanitaires et sociales du sport, selon vous ?

Le fait de ne pas trop bouger, de ne pas se déplacer pour aller au travail a peut-être permis à certains d’évaluer les bienfaits du sport, en prenant du recul et du temps pour pratiquer, malgré le confinement, une activité physique et sportive. Cette activité doit absolument se poursuivre quotidiennement, dans une société où le travail est une obligation pour subvenir à ses besoins. Car, le sport, source d’équilibre physique et mental, permet d’atteindre une plénitude autant sur le plan professionnel que sur les plans personnel et social.

C’est dans cette optique que je transmets mes compétences sportives. Pour en faire ressentir les effets multiples, sur le corps et le moral, et bien évidemment sur le système immunitaire. Loin de toute idée de “sport compétition” ou de quête de la performance, donc. Non : il faut trouver un autre sens à la pratique sportive, trouver l’activité qui nous convient, et y prendre du plaisir !

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