Fondation EDF : plus belle la vie numérique

Exposition “La belle vie numérique”, espace fondation EDF, jusqu’au 18 mars 2018. ©Laurent Lecat

Facebook, Snapchat, Google, YouTube, les smartphones, le streaming… Ces outils numériques font aujourd’hui partie intégrante de nos vies. Ils ont modelé notre façon d’être et de penser, ainsi que les pratiques artistiques elles-mêmes. La Fondation EDF a invité trente créateurs à questionner ces évolutions dans une exposition jubilatoire, “La belle vie numérique”, ouverte au public depuis le 17 novembre.

Sur un long panneau mural, trois posts Facebook grand format sont exposés. Le premier est “liké” par Barack Obama, le second par Nikola Tesla (célèbre scientifique qui a révolutionné l’électricité) et le troisième par Kim Kardashian. À la place de la photo de chacun des posts… un miroir invitant le spectateur à prendre un selfie pour voir sa bobine adoubée par l’ancien président des États-Unis, le chercheur de renommée mondiale ou la star de télé-réalité.

Par cette mise en abyme saisissante, l’artiste Encoreunestp nous livre sa vision de notre usage narcissique des réseaux sociaux. Les “Insta mirror” qu’il a déposés un peu partout dans Paris au début de l’année sont également à l’affiche de l’exposition “La belle vie numérique” proposée par la Fondation EDF jusqu’en mars prochain.

Entre IRL et URL

Dans une ambiance tamisée, le visiteur est invité à pénétrer un univers tapissé de carrés multicolores, rappelant les pixels qui peuplent nos écrans. Deux parcours s’offrent à lui, numérotés 0 et 1, les unités de base du langage informatique. Chacun d’eux raconte une histoire, volontairement détachée des clichés technologiques que le terme “numérique” fait surgir dans notre imaginaire ; une aventure que le voyageur va vivre pleinement, à l’affût, entre illusion et réalité.

Du tableau à l’écran, de la sculpture à l’installation sonore, tout est fait pour nous immerger dans un monde double, onirique, où la frontière entre IRL (“in real life” ou “la vie réelle”) et URL (“unreal life” ou “vie virtuelle”) n’est jamais clairement définie. Ici, Udo Noll nous ouvre sa Radio Aporee, sorte de plateforme collaborative qui établit une carte sonore du monde sur le modèle spatial de Google Street View, à travers les milliers de fichiers son collectés par les artistes aux quatre coins du globe. Elle nous entraîne ainsi dans un véritable périple sonore virtuel, de la rumeur des marchés de Kinshasa, à l’écoulement de l’eau de fonte du Groenland, en passant par l’atmosphère étouffante des forêts indonésiennes.

Là, Lyes Hammadouche et Scenocosme utilisent la technologie comme moyen de rendre tangibles les flux immatériels – telles les émotions – qui nous traversent : ainsi une plaque dotée de capteurs sensoriels permet à celui qui y pose la main d’obtenir, via une imprimante, une image colorée supposée refléter son état émotionnel. Un piano à queue relié au dispositif se lance alors dans une symphonie survoltée ou plus mélancolique, selon ce que les capteurs auront tiré de la main qui les touche. Le spectateur devient alors partie intégrante de l’œuvre d’art.

Exposition “La belle vie numérique”, espace fondation EDF, jusqu’au 18 mars 2018; ©Laurent Lecat

Demain, tous artistes ?

Car les créations présentées dans l’exposition utilisent les nouvelles technologies pour leur faire dire autre chose. Leurs auteurs interrogent notre rapport au réel, au virtuel, et notre propre créativité. Si l’art du selfie a envahi les plus célèbres galeries du monde, c’est bien pour nous faire prendre du recul sur nous-mêmes et nous inviter à considérer nos modes de vie connectés sous un angle ironique et décalé.

Chacun d’entre nous peut désormais obtenir son quart d’heure de gloire sur les réseaux sociaux, et chaque artiste peut diffuser ses œuvres sur toute la planète en un seul clic. L’intelligence artificielle qui permet à nos smartphones de répondre à (presque) tous nos désirs, est à la fois un outil et une véritable concurrente de l’esprit humain : elle peut par exemple générer elle-même une œuvre d’art. En 2016, 347 ans après la mort de Rembrandt, un tableau inédit de l’artiste – que vous pourrez contempler sur place – a été créé grâce à des algorithmes et une imprimante 3D. Toutes ces œuvres questionnent finalement l’évolution et le devenir de l’humanité : qui de l’homme ou de la machine aura le dernier mot ?

Exposition “La belle vie numérique”, espace fondation EDF, jusqu’au 18 mars 2018. ©Laurent Lecat

Infos pratiques

“La belle vie numérique”, du 17 novembre au 18 mars 2018, entrée libre.
Fondation Groupe EDF
6, rue Récamier, 75007 Paris.
Métro : Sèvres-Babylone.
Du mardi au dimanche de 12 à 19 heures, sauf jours fériés.

Retrouver le programme complet sur le site de la Fondation EDF
Facebook : Fondation EDF
Twitter : @Fondation_EDF, #LBVN

Projet Worldwide : “La belle vie numérique” se prolonge sur le Net

> Jeu concours photo Instagram : “Que représente pour vous la belle vie numérique ?” : du 21 novembre au 4 mars 2018, les internautes sont invités à participer et à voter pour la photo la plus pertinente en utilisant le hashtag #photoLBVN !

> Sur le compte Instagram de la Fondation EDF, les internautes sont conviés à suivre la carte blanche donnée à l’artiste Encoreunestp. À retrouver les selfies des visiteurs de l’exposition, à écouter des concerts live sur Radio Aporee, à visiter l’exposition virtuelle conçue par LaTurbo Avedon ou encore à suivre les posts de l’artiste Amalia Ulman sur sa page Instagram.

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