Gisèle Gaboriaud : une vie aux côtés de Marcel Paul

Gisèle Gaboriaud nous a reçu chez elle à Tourouvre, dans l’Orne. ©Didier Delaine/ CCAS

Quels que soient vos souvenirs et aussi loin qu’ils remontent, vous retrouverez dans votre imaginaire une bonne odeur de gâteau, une visite au musée ou une histoire racontée. Gisèle Gaboriaud, 86 ans, retraitée de la CCAS après y avoir travaillé pendant vingt-huit ans, nous a ouvert grande sa porte pour nous livrer sa vie, son œuvre et sa belle proximité avec Marcel Paul, fondateur du CCOS, ancêtre de la CCAS.

Au bout d’un chemin près de L’Aigle dans l’Orne, quatre voitures font le pied de grue devant une maison. Une dame attend. Voici Gisèle – Gégé pour ses proches. Sitôt assis, le café coule dans nos tasses et la génoise qui l’accompagne s’impatiente déjà. Gégé nous présente sa famille. Malgré un début difficile auprès d’une mère hélas dure, Gégé a eu sa revanche sur la vie : “J’ai toujours voulu donner aux autres ce que je n’ai pas eu.” Difficile de résister à ce petit bout de femme.

Gisèle Gaboriaud est entrée à EDF au moment de la reprise des Activités Sociales par le personnel, en 1964. ©Didier Delaine/ CCAS

Mariée à 21 ans, elle suivra son amour à Bourg-la-Reine, en région parisienne. Avec un papa travaillant chez EDF, proche du fondateur du Conseil central des oeuvres sociales (CCOS), Marcel Paul, Gisèle se renseigne pour intégrer la bande des Industries électriques et gazières. Elle va y rentrer, et par la grande porte. La voilà qui arrive, le 1er avril 1964, au bras de René Le Guen (alors président de la CCAS, dont la gestion vient tout juste d’être reprise à la direction d’EDF-GDF par le personnel), et de Marcel Paul, tous deux compagnons de route de son père… Pas de poissons à déclarer, mais un oubli : ce jour-là, c’est Pâques, et Pâques est férié grâce à Marcel ! Gisèle devra donc attendre le lendemain pour enfiler sa fameuse blouse, qu’elle ne retirera que vingt-huit ans plus tard.


Lire aussi
L’an I de la gestion ouvrière du CCOS


Gisèle et sa blouse signée par tous ses proches pour son départ en retraite ainsi que différentes médailles estampillées CGT et Marcel Paul. ©Didier Delaine/ CCAS

D’abord mécanographe à EDF de Bourg-la-Reine, elle intégrera finalement la CAS de Villejuif dans la section sociale, jusqu’en 1993. Des salariés aux anciens et aux colos qu’elle couve en tant que convoyeuse bénévole, Gégé s’est appliquée à rendre vivants les mots de Marcel Paul énoncés à son arrivée dans les Industries électriques et gazières : “On a besoin de jeunes recrues pour continuer la lutte, tu prends le bon chemin mais il sera long alors, va ! Aie confiance, je reste à tes côtés !” De quoi se mettre Marcel en tête…

Gisèle et une partie de sa belle tribu : Jack et Patrick, ses fils, tous deux d’EDF, et la compagne de ce dernier, Isabelle. ©Didier Delaine/ CCAS

Comment honorer l’homme d’une vie d’idées et de valeurs ? Par diverses attentions et engagements, pardi ! Déjà en se syndicalisant et en s’investissant auprès des autres. Gisèle donne de son temps à la Fnaca, la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (“Je les appelle mes petits soldats”), au club de l’amitié de sa ville, à l’Association française Buchenwald auprès de Suzanne Barès, compagne et collaboratrice de Marcel Paul avec qui elle entretiendra une correspondance assidue jusqu’à sa mort, et surtout à Philateg, groupement national des passionnés de philatélie des IEG. Ça vous étonne si l’on vous dit que c’est Gisèle qui est à l’initiative du timbre à l’effigie de notre cher Marcel ?

Le timbre à l’effigie de Marcel Paul, sur une idée originale de Gisèle, a été dessiné et gravé par Claude Durrens, et est sorti le 13 novembre 1992. ©Didier Delaine/CCAS

Une vie en chassé-croisé avec le bâtisseur des Activités Sociales. En témoigne l’un des événements les plus marquants de sa vie. Le 11 novembre 1982, durant la cérémonie de commémoration de l’armistice de 1918, Gégé est juste derrière Marcel quand celui-ci s’effondre sous les effets fatals d’un malaise. Le héros tombe aux pieds de Gisèle, étourdie et hébétée : “Finalement, c’est moi qui l’ai accompagné au bout.” Une coïncidence ? Plutôt une destinée à laquelle croit Gisèle, décrivant Marcel Paul comme “un saint homme”. Nous avons tous la liberté d’y croire, mais il est sans doute de notre devoir de faire vivre sa mémoire.

Au chevet de Gisèle, Jean-Pierre, son mari, et Marcel Paul. ©Didier Delaine/CCAS

Après un déjeuner ou un riche goûter, souvenez-vous, votre grand-mère vous raccompagnait systématiquement sur le pas de porte. Mélange de tristesse et d’amour teinté de fierté, vous ressentiez l’infinie tendresse de votre faiseuse et conteuse d’histoires. Gisèle, c’est la quintessence de notre mémoire dans son sens le plus noble et le plus émouvant. Une vie de volonté et de lutte, une vie dévolue à la collectivité, à vous, à moi et à son père spirituel, celui de nos industries et notre dénominateur commun, notre ADN et notre force.

Gisèle, sourire aux lèvres, est heureuse de nous avoir fait partager une partie de sa vie et sa vision du social. ©Didier Delaine/CCAS

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

20 − dix-neuf =

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Informations sur les cookies   I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?