Guy Créquie : un retraité d’EDF-GDF militant pour la paix

Guy Créquie, retraité des Industries électriques et gazières, et artiste amateur engagé pour la paix. ©DR

Écrivain, poète et chanteur militant, Guy Créquie a eu un parcours riche et atypique qui l’a conduit à voyager dans une soixantaine de pays pour promouvoir la non-violence.

“Je devais avoir six ans. J’étais sur un manège. Mes parents me regardaient et ne comprenaient pas pourquoi, contrairement aux autres enfants, je n’arrivais pas à attraper le pompon que le forain agitait sous mon nez.” Étonnamment, se souvient Guy Créquie, retraité des IEG, c’est à ce moment-là que l’on découvre qu’il a seulement 1/10e de vision.

Pris en main par un spécialiste lyonnais, le professeur Paufique, il parvient lentement à récupérer un peu de vision, année après année, dioptrie après dioptrie. À 18 ans, s’il se réjouit d’être arrivé à 7/10e, il regrette que ce handicap l’ait empêché de poursuivre “de meilleures études”.

Un riche parcours professionnel et militant

C’est avec un CAP de commercial qu’il entre à EDF-GDF en 1964, à l’agence Pierre Syz de Lyon. Après une formation à l’école des décomptes de la Sécurité sociale – à cette époque, les CMCAS géraient elles-mêmes les remboursements de santé des agents – il devient décompteur.

Militant dans l’âme, il a 25 ans quand, du 5 au 8 décembre 1968, se tient le congrès départemental de la CGT du Rhône. Mai 68 avait ébranlé les repères sociaux et donné une place nouvelle à la jeunesse. “Je suis intervenu à la tribune pour raconter avec mes tripes ce que vivaient les jeunes. Ça a plu !” Les dirigeants locaux lui proposent de devenir responsable de la jeunesse du centre départemental de la CGT. Détaché de ses fonctions à EDF-GDF, il participe à la création du centre confédéral de la jeunesse au niveau national. Il se spécialise en éducation, et organise notamment des stages de formation pour les secrétaires syndicaux.

En 1985, il quitte le mouvement syndical sans rien renier de ses engagements militants. Le retour à EDF-GDF Services de Lyon métropole lui donne l’occasion d’intégrer la promotion sociale cadre, filière administrative, et d’obtenir un DESS de gestion des ressources humaines et économie de l’éducation. Cette formation lui permet de continuer à explorer les relations humaines, sujet qui reste l’une de ses grandes passions. Entre 1985 et 2002, date de son départ en retraite, Guy Créquie a occupé différents postes : cadre études, chef de projet, cadre conseil formation. Son dernier poste, consultant en ressources humaines, lui donne l’occasion de réaliser des études sociales pour le service ressources humaines d’EDF-GDF.

Trente-six ouvrages publiés

Parallèlement à son activité professionnelle, Guy Créquie s’adonne à l’écriture. “Ma mère, fille d’immigrés italiens, n’était pas allée à l’école ; et pourtant elle pouvait écrire vingt pages d’un trait.” Guy Créquie sourit en l’évoquant et ajoute : “Je crois que je lui ressemble”.

Ce n’est pas peu dire. Épris de philosophie et de poésie, Guy Créquie a publié trente-six ouvrages, tous à compte d’éditeur, et participé à une douzaine d’ouvrages collectifs. Le dernier en date, “Ghandi et depuis”, présente un état des lieux de la non-violence et de la paix depuis Ghandi dans le monde. Ce livre réunit 82 chercheurs issus de 25 pays différents, dont cinq Prix Nobel.

Membre de l’Association pour l’harmonie globale (AHG), qui œuvre pour la paix dans le monde, Guy Créquie a parcouru une soixantaine de pays pour apporter sa pierre à cette grande cause, parfois invité dans le cadre de manifestations internationales, parfois les rejoignant par ses propres moyens.

Chanter pour la paix

Dans ces rassemblements, s’il lit ses poésies et donne des conférences, il défend aussi la paix de sa voix de baryton, reprenant des airs classiques, des chansons populaires ou des tubes d’Elvis Presley. Ainsi est-il allé chanter dans les ruelles étroites des favelas à Rio de Janeiro et se souvient de ces “enfants qui tendaient des haies d’honneur”. Sa voix a aussi résonné dans les plaines du Masai au Kénya, au Sri Lanka ou à Colombo, “quand les balles sifflaient autour de moi”.

Son souvenir le plus émouvant se déroule à Nagasaki, au Japon, en août 2010. “J’avais été invité par une ONG pour chanter devant des femmes qui avaient été irradiées par la bombe atomique quand elles étaient petites. Elles ont passé leur vie en chariot, ou allongées sur des lits. Elles étaient là, regroupées dans une église. J’ai chanté l’’Ave Maria’ de Gounod.” Adorateur du ténor et acteur Mario Lanza, il a sorti un CD signé de son nom de scène, Gil Conti, dans lequel il lui rend hommage. Guy Créquie a reçu de nombreuses récompenses et distinctions pour ses œuvres et son engagement.

Aujourd’hui, à 77 ans, ce qui le comblerait de joie serait d’intervenir dans des centres de vacances de la CCAS “pour partager tout ce que j’ai vécu, et le transmettre. Je n’oublierai jamais ma dette aux mouvements ouvriers”.


Lire et écouter Guy Créquie

Le blog de Guy Créquie : guycrequie.blogspot.com

Mario Lanza, Pavarotti, Piaf, Gounod… De nombreuses interprétations à écouter sur la chaîne YouTube de Guy Créquie.
Voir sur YouTube

“Avec la pandémie de la Covid-19. Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire et nécessaire”, éditions du Cordeau, 18 euros.


“Poésie planétaire”, édition Nombre7, 2020, 154 p., 12 euros.


“Messager de la paix. Du certificat d’études primaires au Doctor Honoris Causa”, autobiographie, édition du Cordeau, 18 euros.


“Gandhi et depuis”, éditions du Cordeau, 350 p., 28 euros.


 

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