Journée nationale de la Résistance : garder la mémoire des “Frères dans l’ordre de la nuit”

©Jeanne Puchol

27 mai 1943. “Frères dans l’ordre de la nuit”, selon le mot d’André Malraux, les résistants vont au péril de leur vie, maintenir vivante, à la fois la République, l’honneur du pays, sa légitimité à l’heure de la libération, et jeter les base d’une France nouvelle.

Chaque année depuis 2013, la Journée nationale de la Résistance invite à célébrer cet épisode fondateur de la France et de l’Europe moderne, mais aussi à l’interroger à la lumière de l’Histoire et des défis actuels, au travers de dizaines d’initiatives et d’événements.

Parmi les dizaines d’initiatives qui ponctueront, à travers la France, cette journée, on peut retenir celle des Tréteaux de France, organisée avec des lycéens, place de la République à Paris, où se tiendra également un village des associations de mémoire de la Résistance. Mobilisé également, le réseau national du Musée national de la Résistance, dont la CCAS est partenaire.

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Le 27 mai 1943, dans le plus grand secret, les dix-sept représentants des mouvements de Résistance, des partis politiques et des confédérations syndicales des travailleurs – CGT et CFTC – engagés dans la lutte contre l’occupant nazi, pénètrent un à un au 46 de la rue du Four à Paris, dans le 6e arrondissement. Plongés dans la lutte clandestine depuis trois ans, ce 27 mai 1943, sous l’impulsion de Jean Moulin, représentant du général de Gaulle à Londres, “les résistants français deviennent la résistance française” selon la formule d’André Malraux, unis dans le Conseil national de la Résistance.

Le 3 juin 1943, à Alger, le Comité français de libération nationale (CFLN) est fondé, qui deviendra un an plus tard, le gouvernement provisoire de la République française.

Début 1944, le Conseil national de la Résistance établit un programme en deux volets. Le premier, rassemblent les consignes pour préparer la libération. Le second, celles de la reconstruction et de la démocratie sociale qui contient notamment  la création de la sécurité sociale, et une série de nationalisations dont sera issu le service public de l’électricité et du gaz et le statut du personnel.

“Créer c’est résister, résister c’est créer”

À l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance, adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944, treize résistants de la première heure ont lancé un appel aux jeunes générations, pour que la flamme de la résistance ne s’éteigne jamais.

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Les traces encore brûlantes d’un crime contre l’Humanité

Michel Baury, ingénieur en génie atomique à la retraite : "je voulais tenter de répondre à cette question : pourquoi Ouradour ?"

Michel Baury, ingénieur en génie atomique à la retraite : “je voulais tenter de répondre à cette question : pourquoi Ouradour ?” ©Joseph Marando/ CCAS

Michel Baury, ingénieur retraité d’EDF, a consacré dix années à l’étude du crime perpétré le 10 juin 1944 à Ouradour-sur-Glane (Haute-Vienne) par les éléments de la division SS Das Reich. Historien amateur, originaire du Limousin, Michel a été profondément marqué dès son enfance par la tragédie : “je voulais tenter de répondre à cette question : pourquoi Ouradour ?”.

Patiemment, opiniâtrement, Michel recueille les témoignages des acteurs vivants, de leurs descendants et voisins, des combattants de la région, de témoins directs ou indirects de ce massacre par les SS, dans des conditions particulièrement atroces, de 642 hommes, femmes et enfants. Jusqu’à la découverte du cahier manuscrit inédit d’un rescapé, Mathieu Borie, qu’il publiera dans son ouvrage : “Ouradour-sur-Glane : récit d’un survivant”.

Au fil des pages, et par un vrai talent d’écriture, Michel Baury nous fait revivre, heure par heure, les quatre journées qui séparent l’annonce du débarquement des Alliés en Normandie, le 6 juin, de l’arrivée de la division SS Das Reich à Ouradour : “les SS avaient pour instruction de ‘ratisser’ la région et d’éliminer les positions du maquis – l’opération ‘dents de râteau’ – puis de prendre en tenaille, avec le concours de collaborateurs de la Milice, la ville de Limoges, alors encerclée par les maquisards de la Haute-Vienne sous les ordres du colonel Georges Guingouin”, précise Michel.

Dans la préface à son dernier livre “Résistance, les derniers témoignages”, l’historien Paul Alliès, salue le travail de Michel Baury : “en fouillant le ‘dossier Ouradour’, parmi les traces orales, écrites et mémorielles des acteurs, il permet que ce crime de guerre soit pensé, 75 ans après, comme un crime contre l’Humanité par les nouvelles générations, sensibles plus que jamais aux destins des individus dans les grands fracas de l’Histoire”.

À lire

“Résistance, Les derniers témoignages”, éd. du Jourdan, 2019, 311 p., 19,90 euros. “Ouradour-sur-Glane : récit d’un survivant”, Privat, 2018, 223 p., 16 euros.

► Tous les ouvrages de Michel Baury sur son blog, Par le Trait et la Plume


Pour aller plus loin

“La lutte clandestine en France 1940-1944”
de Julien Blanc, Laurent Douzou, Sébastien Albertelli
Seuil, 2019, 448 p., 26 euros.

Trois historiens, spécialistes de la Résistance, ont décidé de conjuguer leurs expertises, de croiser leurs regards, de se soumettre à une critique réciproque et exigeante. S’appuyant sur une abondante littérature, les auteurs se sont attachés à dérouler un récit qui prend parfois à rebours, comme dans le cas de la mémoire de la Résistance, les thèses communément admises.

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