Le festival de Robin Renucci veut rendre l’art au peuple

Robin Renucci dans la structure du théâtre ©DR

Le théâtre est-il encore un art populaire ? Est il toujours capable de concilier exigence et divertissement ? Succès public et engagement citoyen ? Autant d’interrogations auxquelles Robin Renucci, directeur de l’ARIA, s’est attelé depuis de nombreuses années. Le 5 août prochain, dans la vallée du Giussani (Haute-Corse) s’ouvre la 20è édition des Rencontres Internationales de Théâtre en Corse, festival qu’il a créé et dont la CCAS est partenaire. L’occasion d’offrir au public ses plus belles créations, ainsi qu’une marraine de choix : Ariane Mnouchkine.

En 2017 et 2018, Les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse et l’ARIA (Association des Rencontre Internationales Artistiques), structure à l’origine de l’événement, fêtent leurs 20 ans. L’âge de tous les possibles, de toutes les folies. Du 5 au 12 août prochains, elles nous donneront à voir des spectacles spécialement créés pour l’occasion. Œuvres classiques, textes inédits, adaptation de romans, spectacles pour enfants, chacun devrait pouvoir y trouver son bonheur. Un festival de plus, au cœur de l’été ? Pas exactement. Car l’ARIA mène avant tout une démarche politique de développement par l’éducation artistique.

“Les amants de Sonézaki” ©Nathalie Guérif

Une aventure singulière

Fondée en 1998, l’ARIA est née en Haute Corse dans la micro-région du Giussani. C’est Robin Renucci, comédien (aperçu notamment dans la série Un village français), metteur en scène, directeur des Tréteaux de France (Centre Dramatique national itinérant) et enfant de la balle, qui a eu l’idée de cette drôle de structure hybride, sorte de croisement entre école de formation, fabrique de spectacles, et acteur essentiel du développement local.

Parallèlement à son événement estival, les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse, qui en a fait sa renommée, l’ARIA organise tout au long de l’année des activités de formation, accueille des résidences de création, des diffusions. Ouverte à tous, comédiens professionnels et amateurs, publics en insertion, enseignants, étudiants, scolaires, l’ARIA s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire fondée sur l’échange des savoir-faire et des expériences.

L’objectif de cette entreprise réside dans la formation du spectateur, voire dans l’émancipation de l’individu. En ces temps troublés, où l’ignorance fait le terreau des extrémismes et intégrismes de toute sorte, tant politiques que religieux, où l’on souhaiterait que la culture devienne un enjeu national de première importance, l’ARIA propose une aventure collective singulière. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Robin Renucci a choisi cette année pour marraine de son festival Ariane Mnouchkine, directrice de la troupe du Théâtre du Soleil basée à la Cartoucherie de Vincennes. Ces deux là ont en commun bien plus qu’un directeur artistique, Serge Nikolaï, qui a obtenu un Molière pour la scénographie du Dernier Caravansérail de Mnouchkine, et rejoint l’équipe de l’ARIA en 2016. Ils sont tous deux des héritiers de la démarche initiée par Jean Vilar, directeur du Théâtre National Populaire et créateur du Festival d’Avignon en 1947, celui pour qui la culture devait revenir au peuple, une culture exigeante ET accessible à tous. A ceci près que Renucci fut biberonné au théâtre de Mnouchkine, son aînée de plus de quinze ans.

“Andromaque sur les sentiers” ©DR

Une mission de partage

Les Rencontres Internationales invitent le public à venir découvrir 10 spectacles, fruit du travail de 75 stagiaires, professionnels et amateurs, en résidence en Corse durant le mois précédant le festival. Mais elles ambitionnent de faire du spectateur un  “spect’acteur”, en lui proposant des ateliers de théâtre, danse, cirque, chant, langue corse ainsi qu’une carte blanche, durant laquelle chacun pourra donner lecture des textes de son choix. Une confusion savamment entretenue entre public et artistes, qui partagent une même envie : celle de l’éducation par l’art. Il s’agit en somme de rendre au spectateur la possibilité de “faire”, dans une société où la consommation est reine. “Ce qui nous intéresse, déclare Robin Renucci, c’est que des humains affirment leur singularité. Le droit à l’expression est l’un des premiers droits de la Constitution : exprimer ce que l’on est”. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ARIA ferait volontiers sienne la devise du Théâtre du Peuple (Bussang, Vosges), un autre haut lieu du théâtre populaire : “Par l’art pour l’humanité“. Par et Pour : ça ne vous rappelle rien ?

Infos pratiques

Rencontres internationales de Théâtre en Corse
L’Aria – A Stazzona – 20259 Pioggiola Tél +33 (0) 495 619 318
contact@ariacorse.netwww.ariacorse.net
www.facebook.com/ariacorse
Le partenariat ARIA/CCAS/CMCAS Corse vous permet d’accéder gratuitement à l’ensemble des représentations sur simple présentation de l’attestation Carte Activ’

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