Le numérique profite-t-il au débat ?

“Dans ces arènes du web, c’est l’expression de soi permanente qui tend à être valorisée”. Au détriment de la communication et de l’échange ?
(Photo : colos 12-14 ans Évasion équestre et 2 roues/4 roues, Signes, été 2018.) ©Eric Raz/ CCAS

Selon l’étude réalisée par l’Association Science Technologie Société, le numérique peut et doit profiter au débat au sein des Activités Sociales. À condition de se donner les moyens de canaliser un outil, difficile à “contrôler” par nature.

À mi-chemin entre démocratie directe et anarchie plénière, les blogs, les plateformes et les réseaux sociaux ont décuplé les potentialités d’expression “citoyenne” sur le web. Plus spontanée, la culture de la participation et du débat d’idées se déploie désormais à foison sur ce support libre par vocation. Avec ses atouts, mais aussi ses contraintes. À la croisée de cette révolution sociétale, les Activités Sociales doivent accomplir leur propre révolution. Dans un souci de démocratie participative, elles ne peuvent ainsi éluder celle, plus directe, qui se diffuse sur la Toile.


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Selon le rapport de l’Association Science Technologie Société (ASTS), intitulé “Numérique, démocratie et lien social” : “l’enjeu politique pour les Activités Sociales est de créer des dispositifs et des initiatives sur le web favorisant la libre expression des bénéficiaires et leur inclusion dans les processus décisionnels de celles-ci”. Mais jusqu’à quel point rendre la frontière plus poreuse ? Et faire fructifier des avis, commentaires, sondages ou autres pétitions émanant d’agents internautes aussi versatiles qu’hétéroclites. “En éclairant les termes de la décision et du débat. Et en créant toutes sortes d’espaces de dialogues (chats) avec les élus”, selon l’ASTS. Bref, en instaurant le dialogue permanent.

Partant du constat évident d’une crise profonde et ambiante du système de représentativité, qui touche finalement toutes les institutions, la démarche est louable. Mais entretenir le débat sur le web a sans conteste des vertus de transparence et de loyauté que le côté sournois et futile nuance toutefois. Derrière un écran, si la parole se libère plus facilement, elle n’est pas forcément synonyme d’adhésion ou encore moins d’engagement. Et là se situe peut-être la difficulté autant que l’enjeu crucial pour les Activités Sociales, fédératrices autour de valeurs immuables.

Dans les arènes du web

Aussi, prôner la démocratie directe, participative et continue, c’est avant tout éviter les écueils inhérents à un média subversif… aux accents individuels. “Dans ces arènes du web, c’est l’expression de soi permanente qui tend à être valorisée.” Entre le risque de cacophonie, la menace d’opposition plus virulente, et le danger de voir affaibli et “court-circuité” le rôle de la proximité (SLVie, CMCAS) basé sur l’échange direct et physique, l’émergence d’un web citoyen au sein des Activités Sociales doit se construire avec précaution. À l’heure du grand débat national, ce besoin de “continuité démocratique en dehors des élections” est toutefois plus prégnant que jamais.


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