Les défis de l’électrification rurale

Colloque d’électriciens sans frontières pour les 30 ans de l’ONG à l’assemblée nationale le 6 octobre 2016 ©A.Lebon/Electriciens sans frontières

Colloque d’électriciens sans frontières pour les 30 ans de l’ONG à l’assemblée nationale le 6 octobre 2016 ©A.Lebon/Electriciens sans frontières

À l’occasion de ses 30 ans d’actions, l’ONG Electriciens sans frontières réunissait, pour un colloque à l’Assemblée nationale le 6 octobre dernier, plusieurs acteurs de l’accès à l’énergie et de la solidarité internationale afin de faire le point sur la situation des zones rurales isolées dans les pays en développement.

Un an après l’adoption des Objectifs de développement durable et la signature de l’Accord de Paris, adopté au Parlement européen le 4 octobre, qu’en est-il de l’électrification des zones rurales des pays en développement ? Aux côtés de nombreux acteurs de l’accès à l’énergie et de la solidarité internationale, l’ONG Electriciens sans frontières était présente à l’Assemblée nationale le 6 octobre dernier pour réfléchir aux moyens d’agir durablement en ce sens avec un double objectif : relever les défis de l’accès à l’électricité pour les plus pauvres, et redéfinir le rôle de chaque acteur dans les projets d’électrification rurale.

« L’Accord de Paris évoque un montant de 100 milliards de dollars, entame Benoît Leguet, du cabinet d’expertise de l’Agence française de développement I4CE – Institute for Climate Economics. Mais il faudrait investir 5 000 milliards de dollars chaque année pour arriver à une transition énergétique ! Or, cet argent existe mais, aujourd’hui, il n’est pas dirigé vers du “Vert”. » Les énergies renouvelables, investissement d’avenir pour les pays en développement ? Pour Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, “la compétitivité grandissante de celles-ci a profité dans un premier temps aux pays développés, puis aux émergents (Brésil, Inde)”. Et de rappeler que dans certains pays africains, “le solaire se retrouve plus compétitif que les énergies traditionnelles comme le fuel, le charbon et le gaz”.

Edouard Dahomé, conseiller de Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines du Bénin ©A.Lebon/Electriciens sans frontières

Edouard Dahomé, conseiller de Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines du Bénin ©A.Lebon/Electriciens sans frontières

C’est une évidence pour Edouard Dahomé, conseiller de Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines du Bénin. Représentant le ministre, retenu à Cotonou, Edouard Dahomé a dressé un portrait de la situation énergétique du pays, en rappelant la forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur et les disparités fortes entre zones urbaines et zones rurales. Avec un taux d’électrification de 7%, les villages reculés sont dans l’obligation d’utiliser des groupes électrogènes polluants et coûteux pour transformer les produits de l’agriculture, dont ils tirent leurs principales richesses. L’absence d’électricité creuse aussi l’inégalité des chances qui prive les populations rurales de conditions d’éducation, d’hygiène et de soins dignes de ce nom.

Lire aussi : Et la lumière fut, reportage au Bénin sur l’électrification de Wansokou, dans le Nord-Ouest du pays

Pour Frère Godfrey Nzamujo, fondateur de l’association Songhai au Bénin et à l’origine d’une ferme bio fondée en 1985, “l’accès à l’énergie et l’accès à l’eau ne doivent pas être dissociés car à deux, ils forment un moteur de développement socio-économique”. A l’inverse, insiste-t-il, “la fourniture et la consommation en énergie dans un pays, est un indicateur du degré de son développement.” Pour développer durablement les projets d’accès à l’énergie en milieu rural, chacun des acteurs a souligné l’importance de la participation pleine et entière des populations villageoises : travail avec le tissu associatif local, développement des compétences sur les terrains et implication des populations locales, premières bénéficiaires mais surtout actrices des projets d’accès à l’énergie.

Du côté des partenaires historiques, la célébration des 30 ans d’Electriciens sans frontières a associé le président directeur général d’EDF, qui a rappelé l’engagement du groupe auprès de l’ONG.

Richenda Van Leeuwen, ancienne directrice d’Energie et Climat à la United Nations Foundation, a rappelé l’impact de l’accès à l’énergie sur l’ensemble des domaines du développement : sécurité alimentaire, éducation, santé, accès à l’eau.

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