Les petites mains aux manettes

Au cinéma Gaumont-Wilson, projection du film d’animation réalisé par les jeunes de la colo CCAS 9-11 “Art et multimédia” de Mondonville en présence de Jean-Michel Viarnes, trésorier général de la CMCAS Toulouse ©Joseph Marando/ CCAS

Les 9-11 ans de la colo « Arts et multimédias » de Mondonville, en Haute-Garonne, ont réalisé un court-métrage d’animation projeté le 23 mars dernier au festival Cinélatino, à Toulouse.

Juliette dévore des yeux le grand écran en retenant sa respiration. C’est la première fois qu’elle voit dans sa version finale le court-métrage qu’elle a réalisé avec ses camarades de la colo « Arts et multimédias » de Mondonville (Haute-Garonne), fin février. Ce samedi 23 mars, dans le cadre du festival toulousain Cinélatino, le Gaumont Wilson propose sept petits films d’animation, dont “Ciné Zaramella”, made in CCAS, fruit de quatre jours d’atelier mené par Zarno, un réalisateur “patamodeleur” (spécialiste de la pâte à modeler) avec 24 enfants âgés de 9 à 11 ans.

Une aventure à laquelle Juliette, fille d’agente EDF originaire de Pézenas (Hérault), a participé avec beaucoup de plaisir : “J’avais envie de voir comment on fait un film, raconte la fillette. On a fabriqué des décors et des personnages en pâte à modeler et après on les a mis en scène. Par exemple, on a appris à fabriquer des gouttes d’eau et on les a fait tomber sur un parapluie. Ensuite, pour construire les images animées, il fallait prendre beaucoup de photos. C’était très long à faire !” Un film d’animation, même court, est une longue succession d’images : plus de 4 000 pour seulement trois minutes.

L’univers pittoresque de Zaramella

Pour pouvoir produire ce court-métrage en quelques jours, Zarno est arrivé dans la colo de Mondonville avec un scénario et un sujet clé en main : l’hommage à Juan Pablo Zaramella, célèbre réalisateur argentin de films d’animation. Dans “Ciné Zaramella”, on retrouve son univers pittoresque : des personnages qui versent des torrents de larmes en écoutant les vibratos d’une chorale composée… d’oignons coupés en deux ; un homme “automatisé”, qui se déplace sans bouger un orteil.

À cette trame, les enfants ont ajouté leur touche personnelle : de nouveaux décors, de nouveaux personnages, de nouvelles trouvailles : un homme dont les émotions sortent de ses oreilles et de sa bouche sous forme de pop-corn ; des pop-corn qui se transforment en œufs sur le plat ; des œufs sur le plat qui se font la malle… Une mayonnaise bien épicée servie en 3 minutes et 26 secondes.

“Je suis très content du résultat”, se félicite Zarno, le “patamodeleur” en chef qui a réussi à guider les enfants dans le monde cocasse de Zaramella. “C’était un vrai challenge de fabriquer un film en quatre jours. Il fallait qu’il y ait de la rigueur sans que les enfants aient l’impression de travailler.”

Si l’on en croit Romane Pollet, directrice de la colo, la recette de Zarno est au point : “J’ai senti les enfants très épanouis et impliqués dans ce qu’ils faisaient. Ils ont vraiment fait preuve d’imagination.” Ces jeunes ne sortiront sans doute plus d’une salle de cinéma sans une pensée pour toutes ces petites mains qui s’activent en coulisse pour confectionner des histoires à rire ou à pleurer.

Parmi les sept courts-métrages projetés dans la sélection Cinélatino “Les petites mains du cinéma” , deux autres ont particulièrement touché les enfants présents au Gaumont Wilson de Toulouse : “Nimbus, o caçador de nuvens” (Nimbus, le chasseur de nuages), réalisé par le Brésilien Nick Marco, et “Héroes”, de l’incontournable… Juan Pablo Zaramella.

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