Médiathèque : quatre films pour prendre le pouls des sociétés du Maghreb

“Le Challat de Tunis”, de Kaouther Ben Hania. ©trigon-film

De la Tunisie au Maroc, en passant par l’Algérie et l’Égypte, quatre cinéastes nous embarquent dans une lutte contre les conservatismes de tous poils, avec humour ou gravité. A voir sur la médiathèque au mois de juillet.

Les vacances approchent, le soleil est impitoyable et les corps frisent la surchauffe. C’est le moment rêvé pour se caler confortablement à la fraîche devant un bon film, une glace à la main de préférence. Et de laisser son esprit s’envoler pour l’autre rive de la Méditerranée, pour parcourir, avec quatre cinéastes, quatre histoires de révoltes. Au menu : docu-fiction sur la révolution, road movies hitchcockien, thriller haletant… de la Tunisie au Maroc, en passant par l’Algérie et l’Égypte, on prend le pouls des sociétés du Maghreb, en lutte contre les conservatismes de tous poils.

Jack l’Éventreur au pays du jasmin

“Le Challat de Tunis”
de Kaouther Ben Hania, 2014, 1h33.
Tarif : 12 jetons.


En 2003, un homme sème la terreur dans les rues de Tunis. À la nuit tombée, armé d’un couteau et chevauchant un scooter, l’individu sillonne les rues et taillade les fesses des femmes qu’il juge trop court vêtues. Surnommé le “challat” (“la lame” en arabe), il n’a jamais été identifié. Qui est ce serial-balafreur ? Psychopathe sexiste ? Agent de l’État ? Légende urbaine ? Dix ans plus tard, la journaliste Kaouther Ben Hania mène l’enquête dans ce film drôle et roublard.

Dans la Tunisie de l’après Ben Ali, la cinéaste ausculte une société encore imprégnée de misogynie patente. Basé sur un véritable fait divers, son film prend la forme d’une enquête-fiction, mélange de fausses pièces à conviction et de vrais témoignages. Avec une ironie mordante, elle confronte les Tunisiens à leurs contradictions. Aux religieux qui défendent ce Batman intégriste, d’autres répondent que “dans le Coran, il n’est pas écrit : balafrez-vous les uns les autres!”. Un film intelligent qui n’épargne pas non plus les stéréotypes occidentaux sur la culture des pays du Maghreb.

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Algérie, 20 ans après : la révolte d’une génération sacrifiée

“Les Bienheureux”
de Sofia Djama, 2017, 1 h 42
tarif : 16 jetons.


Alger, 2008. Samir et Amal cherchent un restaurant pour fêter leurs vingt ans de mariage. La quête va se révéler plus difficile que prévue. Car cet anniversaire est aussi celui du début de la guerre civile qui a ensanglanté leur pays durant dans les années 90. Au même moment, une autre génération écume les bars de la ville en fumant du shit : celle de leur fils, Fahim, et ses deux amis, Reda et Feriel. Eux sont prêts à aller chercher leur bonheur avec les dents. Laquelle de ces deux générations l’emportera ?

Pour son premier film, Sofia Djama se confronte avec audace à la réalité de son pays : celle d’un peuple meurtri par des années de “tragédie nationale”. Les parents, Samir et Amal, qui ont fait partie des militants du soulèvement démocratique, se disputent au sujet de leurs illusions perdues. Mais le point de vue de la réalisatrice épouse clairement celui des jeunes, en résistance, en mouvement perpétuel, bref, du côté de la vie. Reda s’insurge contre une conception étriquée de la religion musulmane : il veut réinventer sa propre vision, entre philosophie, musique “taqwacore” (mélange de punk anarchiste et de spiritualité), et humour tchatcheur. Dans cette Alger qui se cherche, ces jeunes clament haut et fort leurs espoirs et leur droit à une autre vie.

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Road movie hitchcockien au cœur du Maroc millénaire

“Mektoub”
de Nabil Ayouch, 1997, 1h28
Tarif : 10 jetons.


De retour des États-Unis, Taoufik, jeune médecin fraichement diplômé, retourne s’installer au Maroc avec sa femme, Sophie. Un soir, celle-ci est enlevée et violée sous l’œil d’une caméra, puis abandonnée sur un trottoir. Taoufik se lance à la recherche des coupables, et tue un homme par accident. Le chasseur devient proie et entame une longue cavale…

Remarqué en 2015 pour “Much loved”, film poignant sur la vie de quatre jeunes prostituées qui affrontent l’hypocrisie de la société marocaine (plusieurs fois nominé au festival de Cannes, il suscita la colère des Marocains), Nabil Ayouch s’est fait une spécialité de dépeindre les travers de ses contemporains et de sa culture. Dans “Mektoub”, son premier film, il s’attaque à la corruption des hauts fonctionnaires, impliqués dans un trafic de “rape movies” (viols filmés en direct), en projetant ses héros dans un road-movie haletant au cœur des paysages fascinants du Maroc millénaire. Un voyage dans lequel le spectateur s’embarque le cœur battant, sans trop savoir dans quel état les héros – et lui-même – en sortiront…

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La révolution en direct

“Tahrir, place de la Libération”
de Stefano Savona, Égypte, 2011, 1h34
Tarif : 8 jetons.


Le Caire, Égypte, janvier 2011. “Dégage, dégage !” scande la foule immense massée sur la place Tahrir à l’adresse du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans. Elsayed, Noha et Ahmed, trois jeunes grisés par le vent de la liberté se joignent au mouvement. Dans une joyeuse effervescence, tous inventent leur démocratie au jour le jour, organisent des débats, chantent, lancent des blagues sur leur vieux dictateur, font face à l’armée, soignent les blessés… C’est l’histoire d’un peuple en marche.

Durant deux semaines, Stefano Savona suit les soubresauts de la révolution égyptienne (survenue peu après le printemps tunisien) au plus près de ses personnages. Son improvisation suit celle du mouvement lui-même. On vibre au rythme des slogans, on savoure avec les citoyens l’ivresse de la liberté de parole retrouvée, de la solidarité entre des manifestants de tous âges, hommes et femmes, cadres ou paysans, religieux ou athées. L’exaltation de la révolte nous saisit, et l’on se prend à rêver avec eux d’un avenir meilleur. Chez eux comme chez nous.

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