Peinture émancipatrice

Josiane Jury, coresponsable de l'atelier coloris ©DDelaine/CCAS

Josiane Jury, coresponsable de l’atelier coloris ©DDelaine/CCAS

L’atelier Coloris est né en 1993 à l’initiative d’un groupe d’amis peintres, tous agents des IEG en activité, qui ont souhaité se retrouver chaque semaine dans une ambiance conviviale et stimulante pour créer ensemble.

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 12 adhérentes, toutes retraitées ou femmes d’agent en retraite.  Certaines n’ont jamais travaillé, et leur envie de créer était quelque chose qu’elles ont gardé pour elles toute leur vie. Décider à plus de 60 ans de venir laisser s’exprimer sa créativité est un acte d’émancipation véritable pour ces femmes », avouent Jeanine Girard et Josiane Jury, les deux responsables de Coloris. En plus des ateliers hebdomadaires du lundi après-midi, à Bourg-lès-Valences, au moins un stage annuel permet de se familiariser avec différentes techniques et de s’immerger complètement, durant une semaine, dans une atmosphère dédiée à  la création. Ces séjours, organisés hors saison dans un centre de vacances de la CCAS et sous la direction d’un professeur, sont des temps forts, au même titre que les rencontres inter-ateliers, notamment avec celui de Grenoble, les expositions collectives et les sorties dans la campagne drômoise, source d’inspiration infinie pour les peintres. Sans compter les voyages, notamment à Paris, avec la possibilité de visiter musées, expositions et autres galeries.

« La vocation de cet atelier dépasse la seule création artistique : c’est un lieu d’échanges, notamment sur les valeurs de la CCAS, dont les femmes d’agents ignorent parfois tout. C’est aussi le prétexte à l’acquisition d’une toute nouvelle autonomie. Certaines participantes se révèlent à elles-mêmes, demandent à passer leur permis de conduire ou s’achètent une voiture, uniquement pour pouvoir venir. De même, lors de stages où les conjoints sont invités à accompagner leurs épouses, lors des expositions où viennent les enfants, ceux-ci sont souvent épatés par le talent de leurs femmes ou de leurs mères. Leur regard sur elles s’en trouve transformé », expliquent Jeanine et Josiane. Ici, bien plus que des paysages ou des natures mortes, se dessine un espace de liberté nouveau pour celles qui fréquentent l’atelier. Imprimer sa vision, saisir une expression et la transposer par petites touches sur la toile, c’est une manière de s’approprier le monde et de s’affi rmer en tant qu’artistes. Avec patience et détermination, elles taillent dans le bloc de leurs inhibitions pour faire émerger leurs vrais visages. Ceux de femmes libres. Enfin !

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