Pierre Delye “Avec le rire, tout devient possible”

Pierre Delye écrivain jeunesse édité chez Didier jeunesse. ©Danica Bijeljac

Appréhender le monde avec les yeux de Groléfant et Tit’Souris, c’est toucher du doigt le bonheur de vivre l’instant présent, de se jouer des événements, d’être gentil tout simplement. Toujours aussi espiègles, les héros de Pierre Delye sont de retour dans “La vie à deux”. Et appliquent à la lettre la philosophie de leur créateur : rigoler de la vie afin qu’elle nous sourie. À partir de 6 ans et vivement conseillé aux adultes.

Quelle est la genèse de Groléfant & Tit’Souris ?

Dans la genèse de l’histoire, il y avait l’envie de raconter des blagues. J’ai choisi deux héros, Groléfant et Tit’Souris, qui forment un duo. Ces deux personnages vont me permettre de parler de tout.  Je les ai mis en scène à la manière des courts métrages des années 1930, façon Chaplin, et les ai proposés à Ronan Badel, qui les a adaptés en dessin.

“La vie à deux” est une histoire d’amitié qui raconte les tribulations de Groléfant et Tit’Souris. Quelle est la singularité de ce duo ?

Ces deux amis ont un point de vue émerveillé et naïf sur le monde. Le monde les enchante ; ils n’en ont pas peur. Ils s’amusent de tout. C’est leur regard sur les événements qui est intéressant. Parfois la vie n’est pas facile, mais ce qui les rassemble est plus fort que ce qui les sépare. Ce n’est pas grave de se disputer dès lors qu’on se réconcilie ensuite ! C’est la raison d’être de cette histoire qui a vocation à faire rigoler. Mes héros ont une approche simple, tendre et rigolote de la vie. Ils sont pleins de bons sentiments mais ne sont pas béats. Et moi, j’aime bien les naïfs qui ne sont pas pour autant des imbéciles. Lorsque Groléfant et Tit’Souris sont face à une difficulté, ils cherchent une solution ; ils agissent. Ce qui est embêtant, ce sont les gens qui ne veulent rien voir et ne font rien.

Les deux compères sont drôles, malicieux et plaisantent beaucoup… En quoi est-ce important pour les enfants ?

Vers 6/7 ans, les enfants commencent à avoir l’esprit des farces et de la facétie. Or, j’ai remarqué qu’aujourd’hui, les enfants ne racontent plus de blagues, ce qui était un sport absolu lorsque j’étais petit, avec les blagues de Toto ou de Carambar. Raconter des blagues, c’est déjà réussir son grand oral du Baccalauréat. C’est être capable de mettre en forme et en rythme un récit, de faire monter le suspense et d’emmener vers la chute c’est-à-dire le rire. J’aime faire rire et entendre les enfants s’esclaffer. Avec le rire, tout devient possible. On arrive ainsi à faire passer des messages, à regarder le monde différemment. La gravité rend lourd. La légèreté aide à ne pas se sentir victime, à mettre de la distance et de la dérision pour atténuer la chose. L’essentiel pour moi est de rire avec, mais pas de railler. La moquerie envers les plus faibles est tellement facile. Groléfant et Tit’Souris se moquent d’eux-mêmes, se marrent ensemble de la situation pour la dédramatiser et la dépasser.

Les enfants comprennent-ils toujours vos jeux de mots ?

Les enfants ne comprennent pas forcément la blague comme nous, mais la comprennent à leur niveau. Les livres ne sont pas faits pour être lus et compris en une seule fois. Dans mes récits, j’essaie de mettre de la poésie, de la philosophie et je sème des petites graines. Je ne demande pas à la petite graine de pousser tout de suite. Je crois vraiment à la finesse d’esprit des enfants. Si vous leur donnez de l’optimisme actif, de l’émerveillement, du rire, ils vont s’en nourrir, grandir avec cela. C’est très facile de briser les rêves, de couper les ailes, de se moquer de l’amour et de la naïveté.  Mais, il n’y a rien de meilleur au monde qu’un bisou et qu’un câlin. C’est super chouette ! Ben oui, rien de mieux que de se promener main dans la main avec la personne aimée. Rien de mieux que de se marrer un bon coup.

Derrière l’auteur d’albums jeunesse se cache le conteur…

C’est l’une des formes les plus simples du spectacle. Les mots du conteur vous emportent ; l’imagination se met en marche. Nul besoin d’autre chose : vous vous inventez un monde, des images vous apparaissent… et le récit devient vivant. J’ai toujours aimé raconter des histoires. On m’a dit “ça s’appelle conteur”. J’ai dit : super j’ai trouvé un métier ! Et moi, je raconte des histoires pour le plaisir, pour faire rire, pas pour obtenir un bulletin de vote ou pour vous vendre quelque chose.


“Groléfant & Tit’Souris, La vie à deux”, Pierre Delye, Éditions Didier Jeunesse, 2020, 48 p., 12,90 €


La légèreté aide à ne pas se sentir victime, à mettre de la distance et de la dérision pour atténuer la chose. L’essentiel pour moi est de rire avec, mais pas de railler.

C’est très facile de briser les rêves, de couper les ailes, de se moquer de l’amour et de la naïveté.  Mais, il n’y a rien de meilleur au monde qu’un bisou et qu’un câlin.


Retrouvez Pierre Delye dans vos villages vacances : le 4 août à Mesquer (Loire-Atlantique), le 5 août à La Tranche-sur-Mer (Vendée), 6 août aux Sylvains (Charente-Maritime), le 7 août à Capbreton Vigneron (Landes)


 

Tags:
0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Votre commentaire est soumis à modération. En savoir plus

Qui sommes-nous ?    I    Nous contacter   I    C.G.U.    I    CCAS ©2021

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?