Des livres, et vous ?

Prendre la plume une vraie delivrance ©C.Crié/CCAS

Prendre la plume une vraie delivrance ©C.Crié/CCAS

La CMCAS Bayonne, associée au CE de Gascogne, entreprise locale de papeterie, réconcilie littérature et monde du travail. Reportage au salon du livre de Dax, du 24 au 26 avril.

À l’entrée des Rencontres à lire, salon du livre de Dax, un chapiteau blanc porte une enseigne plutôt inhabituelle en ces lieux : « Espace comités d’entreprise ». Sur le côté, un pylône électrique de trois mètres de haut plante le décor. À ses pieds, deux pancartes côte à côte : CMCAS Bayonne et Sopal, usine de fabrication de papiers d’emballage, bien connue dans la région dacquoise, devenue aujourd’hui Gascogne Laminates. Un peu plus loin, un immense livre ouvert, fabriqué avec des matériaux de la Sopal, est posé à la verticale. Sur sa couverture, quelques lettres en rouge et blanc sur fond noir : “Ces mots qui nous travaillent”. Debout face au public, Mété, intervenant culturel à la CMCAS Bayonne, lit Jeu de mots, une nouvelle écrite il y a quelques jours à peine par Jean-Michel Maysonave, secrétaire du comité d’entreprise de Gascogne Laminates.

16eme salon du livre à Dax, "Rencontres à Lire" avec de gauche à droite: Mété, Vincent Roy ( auteur et critique littéraire), Timothée Laine, auteur et lecteur©C.Crié/ccas

16eme salon du livre à Dax, “Rencontres à Lire” avec de gauche à droite: Mété, Vincent Roy (auteur et critique littéraire), Timothée Laine, auteur et lecteur©C.Crié/ccas


Entendre ses propres écrits lus en public lors d’un salon du livre, “c’est beaucoup d’émotion”, avoue cet ouvrier plus habitué à fabriquer du papier qu’à écrire dessus. Dans sa première nouvelle, Jean-Michel raconte d’une plume alerte les problèmes d’organisation et de hiérarchie qui touchent les salariés de son entreprise. “C’est une autre façon de militer et de revendiquer. Une super-aventure”, confie-t-il. Une aventure rendue possible par le rapprochement entre le CE de Gascogne et la CMCAS Bayonne. Il y a trois ans, celle-ci avait donné naissance à la première nouvelle racontant les conditions de travail des monteurs électriciens de réseau (1).

Écrit par Dom Roy, auteur de nouvelles sociales, Le Réseau du plus fort, édité à 3 700 exemplaires et traduit en espagnol et en basque, a, depuis, fait des petits. D’autres textes de Dom Roy mais aussi des écrits d’agents des IEG, comme Alain Cadis (Le Grand Sac bleu) et Philippe Mediavilla, auteur de Du pin et des larmes, polar qui dénonce les profiteurs de la filière du bois. Ce succès a donné envie à la CMCAS de poursuivre l’expérience avec des salariés d’autres entreprises. Quelques jours avant les Rencontres à lire, Dom Roy a ainsi passé plusieurs jours (et nuits) avec les salariés de Gascogne sur leur lieu de travail. Une nouvelle « nouvelle » issue de cette immersion sortira fin juin. Pour Olivier Lahitte, président de la SLVie Dax, ce genre de littérature “permet aux salariés d’être fiers de leur travail”. “Ça éclaire les gens sur le sens de leur travail et de leur vie”, ajoute Dom Roy.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour 2016. “On a mis un pied dans le salon du livre. La prochaine fois on en mettra deux, et avec d’autres CE !” promet Jean-Michel.

(1) voir Le Journal n° 332, avril 2012.

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