Stage de foot mixte : apprendre et cultiver l’égalité femmes-hommes

Rencontre de foot mixte et intergénérationnelle, le 30 avril 2019 à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales). ©Didier Delaine/ CCAS

Pendant les vacances de Pâques, enfants, ados et adultes ont participé à un stage de foot mixte par le centre de vacances de Saint-Cyprien. Objectif : se faire plaisir et jouer entre filles et garçons, loin de tout esprit de compétition ou de suprématie sexiste.

Ils ont entre 4 et 14 ans. Si tous ne sont pas des férus de foot, c’est par le jeu qu’Emma, Ysis, Aaron, James et les autres ont sans conteste été happés. Cet après-midi, sur la pelouse du stade de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), après l’échauffement et quelques ateliers techniques et pédagogiques dirigés par Léo et Théo, les deux intervenants, l’ambiance est “bon enfant”.

Loin de tous les clichés sexistes inhérents à ce sport, ces gamins sont la preuve que la mixité dans la pratique du football (et ailleurs), le respect de l’autre, ça s’apprend et ça se cultive ! À l’heure où les relents de racisme, entre autres, envahissent les tribunes en Europe, cohabiter ensemble autour du ballon rond, jouer quel que soit son statut ou son genre sans aucune ségrégation, tel était l’objectif de ce stage organisée par l’équipe du centre de vacances.


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Et qu’importe si le temps a un peu écourté la séance. Les éclaircies furent suffisantes pour disserter entre les coups francs, les dribbles, mais aussi les passes mal ajustées de part et d’autre, sur cette notion de mixité et de foot au féminin, à moins d’un mois du début de la Coupe du monde féminine.

Se mélanger, sans distinction

Le jeu, ensemble, à tout âge. ©Didier Delaine/ CCAS

Pour Théo, footballeur depuis quinze ans, “le vivre ensemble était le moteur de ce stage. Et là, justement j’ai préparé des exercices qui sont les mêmes pour les filles et les garçons, sans distinction. Le but, c’est bien de se mélanger, de partager un moment.”

À 21 ans, l’étudiant en domotique qui a grandi “dans la diversité” balaye ainsi les hiérarchies arbitraires. S’il ne croit guère, avec lucidité, à la mixité dans la compétition, le jeune homme avoue cependant être un partisan du foot féminin. “Il s’y trouve à mon sens autant d’intensité que dans le foot masculin.”

Mélina en pleine action. La Fédération française de football recense près de 170 000 licenciées, soit 15% de plus qu’en 2018. ©Didier Delaine/ CCAS

À ses côtés, Mélina sourit. Elle est assez perplexe. La jeune bénéficiaire était hier, pour la séance “adultes”, la seule fille du groupe. Pour cette adepte de motocross et de boxe, l’importance est dans la nuance : “Par définition, les hommes et les femmes sont de deux natures différentes. Donc, il ne faut pas les comparer. Ce qui n’empêche pas de les réunir… Petite, je jouais au foot dans mon village avec les garçons ; j’ai fait de la boxe avec les garçons… et ça ne me dérange pas. Par contre, ça n’a jamais été une question de défi ! Et, à ce titre, je n’ai jamais été exclue du groupe.”

La mixité exclue des règlements

©Didier Delaine/ CCAS

L’esprit d’équipe et le vivre ensemble doivent-ils être fatalement (ou sournoisement) rompus par la croissance naturelle, la différence des genres ou la compétition ? C’est en tous les cas ce que Léo a vécu. Après son superbe ciseau acrobatique, l’étudiant en 3e année de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), et fils d’agents, entame les débats, en évoquant “Mégane, la seule fille de l’équipe à l’époque, avec qui j’ai joué étant gamin pendant cinq ans”.

“Après, poursuit le jeune homme, tu ne peux plus, question de règlement. Mais il n’y avait pas de problème, au contraire ! Je pense que c’est une question de mentalité et d’éducation. Et c’est bien ce qu’on essaie de transmettre ici, aujourd’hui, le respect de l’autre, de l’adversaire quel que soit le résultat.”

Léo en pleine action. ©Didier Delaine/ CCAS

Et la Coupe du monde féminine alors ? “Oui je vais la regarder avec intérêt”, répond sans hésiter Léo. Histoire aussi de défendre et de reconnaître à sa juste valeur la place des femmes dans le sport en général.

“Une fille sait autant se débrouiller que les garçons !”

Ysis, 8 ans et demi et déjà sportive. ©Didier Delaine/ CCAS

Un statut qu’Ysis, 8 ans et demi, entend bien revendiquer. En vacances “avec papy et mamie”, la jeune Tarn-et-Garonnaise a brillé par son engagement sur le terrain. Pour celle qui a déjà pratiqué natation, basket, judo et danse modern jazz, le sport est synonyme “de bien-être et de plaisir”. Mais pas n’importe lequel ! “Je préfère les sports mixtes et collectifs, car on a toujours besoin des autres en général et aussi parce que je veux montrer qu’une fille sait autant se débrouiller que les garçons.”

Et ce n’est sans doute pas Julian qui la contredira. Maillot de Griezmann fièrement arboré, à 4 ans et demi, le gardien de but d’un jour a trouvé la parade pour échapper au talent de la jeune fille. “Ysis, elle est très forte ! Mais je suis fier d’avoir joué. C’était le plus important. J’ai envie de continuer mais qu’avec des garçons.” Comme quoi, la mixité dans le sport s’apprend et se cultive…

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