“Sur scène, tout est politique”

Le groupe No One is Innocent sur la grande scène.Le chanteur a invité le public pour danser et l'accompagner sur la scène©J.Marando/ccas

Le groupe No One is Innocent sur la grande scène. Le chanteur a invité le public pour danser et l’accompagner sur la scène ©J.Marando/ccas

Ils se sont presque croisés sur la Grande scène du festival d’Énergies, le 15 mai dernier. No One is Innocent, HK & les Saltimbanks : leur style musical et leurs parcours sont différents, mais ils partagent une même volonté de faire bouger les choses. Nous avons donc voulu croiser nos entretiens avec ces deux artistes à l’engagement en miroir.

Le thème du festival cette année était “Vivre ensemble hier, aujourd’hui et demain”. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Kémar Gulbenkian (No One is Innocent) : C’est important pour nous, parce qu’aujourd’hui beaucoup de gens le remettent en cause. Le « vivre-ensemble » a toujours été du domaine de l’utopie, et c’est en même temps ce qu’on vit au quotidien, chez nous. J’habite place de Clichy, à Paris, et c’est la place la plus cosmopolite de Paris ! C’est là où les quartiers populaires rencontrent les quartiers bourgeois, quatre arrondissements déboulent sur cette place. C’est un vrai exemple de vivre-ensemble : quand tu habites dans cet endroit, tu as envie de dire à ceux qui vivent dans des ghettos, et qui ont de sales idées : venez observer comment ça se passe !

Kaddour Hadadi (HK & les Saltimbanks) : Nous qui faisons de la musique, on est fixé sur l’idée de danser ensemble, qui va pour nous plus loin que la seule idée de vivre ensemble. Car on peut vivre les uns à côté des autres, on peut se dire tolérant, presque par obligation, sans avoir cette envie de faire et de construire des choses ensemble. Danser ensemble, ça veut dire qu’on a des formes, des couleurs, des histoires différentes, mais ça ne nous empêche pas de danser ensemble.

Concert de HK et les Saltimbanks sur la grande scène©J.Marando/ccas

HK & les Saltimbanks jouaient pour la deuxième fois sur la grande scène du festival ©J.Marando/ccas

Sur la Grande scène vous avez joué à côté d’une banderole qui disait « « Je m’engage et je lutte ». Ça vous parle ?

Kaddour H. : C’est ce qu’on essaie tous de faire ici, et il y en a besoin. J’aime ce qui est en train de passer en France, autour de Nuit Debout par exemple, parce qu’on se réapproprie l’espace public, la parole, la réflexion, et que naît cette intelligence collective, cette manière de se prendre en main. C’est un chemin qu’on commence à prendre et il ne faut pas reculer. On le voit aussi autour de la contestation contre la loi Travail : c’est une guerre de mouvement, avec plein de petits bataillons qui se forment : ceux qui jouent leur rôle historique, les syndicats, les milieux associatifs, et plein de gens qui convergent, luttent et bagarrent au même moment. Or pour amener cette convergence des luttes, il faut que ça vienne de partout. C’est le cas aujourd’hui. Ça reste un espoir et des ingrédients, mais c’est en bonne voix. La pire des choses, c’est le statu quo.

Kémar G. : Nous, on n’a que la musique pour s’exprimer, on n’est pas des militants. Pour autant, sur scène, tout est politique, comme n’importe quel acte artistique : faire un film, écrire une chanson, évidemment que c’est politique… Et quand il faut soutenir des causes, et que des gens veulent utiliser le groupe pour défendre leurs idées, on répond présent. C’est le cas avec le festival d’Énergies. Dès le départ, on savait quel sens donner à notre groupe, et quelle musique on allait faire. Et quand t’es en colère et que t’as des choses à dire, le rock c’est le meilleur outil. Notre média, c’est la scène. On existe sur scène et dans les salles.

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Les jeunes agents du festival accueillent le slam de Kémar Gulbenkian durant le concert de No One Is Innocent ©J.Marando/ccas

De quels espoirs et de quels combats hérite la jeunesse d’aujourd’hui ?

Kémar G. C’est difficile de répondre à leur place. Nous, on est des anciens… mais il y en a des choses à dire, à faire ! Que ce soit des mouvements comme Nuit debout, le théâtre, le cinéma ou la musique, la culture doit toujours avoir sa place, pour dire des choses. Nous, quand on vient ici, on voit que ça ressemble à une fête de l’Huma, à travers le message que vous dégagez, pour la programmation et par les stands !

Kaddour H. Je ne suis pas né dans le “monde des Bisounours”… Je suis né à Roubaix [dans le Nord, NDLR], et je sais ce que j’ai vu et que j’ai vécu… Or j’ai une ado, et une petite fille de 6 ans. Dans mes combats, la chose que j’ai donc le plus envie de fuir, c’est ça : ce que je ne veux pas que mes enfants vivent. Alors je chante “Sans haine, sans armes et sans violence”…

HK devant son public de Soulac 2016©J.Marando/ccas

HK & les Saltimbanks devant le public du festival, dimanche 15 mai 2016©J.Marando/ccas

Prochains concerts No One Is Innocent (Propaganda Tour)

Prochains concerts de HK & les Saltimbanks

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