Une journée à l’étang de Thau, à l’ancienne

Journée Rencontre avec les paysans de la mer à l’étang de Thau, avec les bénéficiaires de quatre SLVie de la CMCAS Languedoc, le 15 juin 2019. ©Eric Raz/ CCAS

“Convivialité : goût des réunions joyeuses” : voilà une définition qui s’applique à merveille à la journée découverte organisée par la SLVie Costières à l’étang de Thau. On y était, en compagnie de bénéficiaires de la CMCAS Languedoc. Culture, rires, gastronomie et valeurs étaient au programme.

Quand la matelote Marlène Crespel explique qu’elle fait partie du seul équipage français entièrement féminin en Méditerranée, des applaudissements nourris retentissent dans le bateau. “Je suis ravie d’avoir su trouver une formule si féministe !” s’amuse Sylvie Dendauw, 56 ans, gestionnaire approvisionnement RTE à Nîmes. Détachée depuis un an à la SLVie Costières, c’est elle qui a organisé la journée Rencontre avec les paysans de la mer.

Au menu, balade sur l’étang de Thau, rencontre avec une conchylicultrice, visite d’une cave particulière et découverte des coulisses de la criée du Grau d’Agde, l’une des quatre criées françaises en Méditerranée. Les 45 participants font partie des SLVie Costières, Montpellier, Cévennes et Gard-Rhodanien, quatre des huit SLVie que compte la CMCAS Languedoc.

À la découverte du bassin

Jean-Louis Nicolas, 73 ans, retraité des travaux sous tension, a pris les commandes de la balade commentée sur les exploitations d’huîtres. ©Eric Raz/CCAS

Pendant que le bateau glisse sur l’eau, la matelote raconte que de 600, le nombre d’ostréiculteurs sur l’étang a chuté à 450 en l’espace de quatre ans : “Les enfants ne reprennent pas les exploitations.” Elle montre les différentes tailles d’huîtres, ce mollusque qui n’a guère évolué depuis la préhistoire. Plus elles sont petites, plus leur calibre est important.

“Le calibre 0, précise Marlène Crespel en répondant à la question d’un bénéficiaire, correspond à l’huître la plus grosse. Actuellement, nous consommons surtout des huîtres triploïdes, qui ont un chromosome en plus.” Stériles, ces huîtres ne sont pas laiteuses et se vendent toute l’année. Contrairement à ce que l’on peut entendre, elles ne sont pas modifiées génétiquement mais résultent de croisements particuliers. On parle alors d’OVM, c’est-à-dire d’organisme vivant modifié.

Aperçu de la balade en images

Elle fait ensuite circuler des hippocampes séchés, une femelle et un mâle au gros ventre. Probablement la seule espèce au monde où ce sont les mâles qui portent les œufs. Et, quand elle demande qui veut piloter le bateau, naturellement des voix s’élèvent : “Jean-Louis ! Jean-Louis !”

À 73 ans, avec son bonnet rouge à la commandant Cousteau, Jean-Louis Nicolas, qui possède un voilier, empoigne naturellement le gouvernail. “Autrefois, je travaillais à TST (travail sous tension) à Nîmes, se souvient-il, puis aux collectivités locales où je m’occupais d’enfouir les réseaux aériens. J’ai toujours fait du syndicalisme et du social, et j’ai été conseiller prud’homal pendant vingt ans.”

“Les vieux de la vieille”

Carton plein pour ce restaurant tenu par une conchylicultrice. ©Eric Raz/ CCAS

Au restaurant, Jean-Louis Nicolas n’est pas très loin de Daniel Auguet. À 67 ans, ce technicien clientèle retraité (EDF Nîmes Jean-Jaurès) arbore fièrement un bracelet qu’il a acheté au festival des jeunes agents de la CMCAS Aude-Pyrénées Orientales, Festa la relève, sur lequel est écrit : “Égalité, justice, dignité”.

“Ça, ce sont les valeurs de la CCAS”, s’exclame-t-il. Avec Jean-Louis, ils ont la malice au coin des yeux et, plus âgés, ils n’auraient pas dépareillés dans un remake du film “les Vieux de la vieille” avec Jean Gabin et Pierre Fresnay.

Après avoir rempli les verres d’un petit blanc qui accompagne les huîtres, Daniel, rebelle, confie qu’il refuse de s’adresser à Enedis ou Engie autrement que sous leur nom historique, EDF-GDF…

La propriétaire du restaurant, également conchylicultrice, semble ravie de ces clients joyeux auxquels elle confie la recette de sa brasucade de moules : feu fort, thym en fleur, oignons, ail, vin blanc et une pointe de curry.

“Aujourd’hui, c’est difficile de s’intégrer”

Qui a dit que les anciens ne savaient pas s’amuser ? ©Eric Raz/ CCAS

Il n’y aurait pas d’ombre à ce tableau, si quelques jeunes agents s’étaient joints aux anciens pour cette journée. “Je ne comprends pas pourquoi ils ne viennent pas, déplore Roger Redondo, ces journées sont organisées le samedi spécialement pour eux.” À 61 ans, ce bénéficiaire de la SLVie Costières ne manque aucune des sorties. Il faut dire qu’il y a cinq ans à peine que sa femme, ancienne employée des finances, et lui se sont installés à Nîmes.

Roger travaillait à EDF sur les grands barrages hydrauliques de Savoie, notamment à l’aménagement du Mont-Cenis. Ces journées lui permettent de nouer des liens avec les collègues. “On a toujours vécu dans des cités EDF, ajoute-t-il. Même si on a déménagé huit fois, on a toujours été entourés. Aujourd’hui, c’est difficile de s’intégrer. Heureusement qu’il y a le “Journal des Activités Sociales de l’énergie” et le journal de la CMCAS pour être au courant de tous les événements qui sont organisés.”

 

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