24 Heures Motos : circuits croisés d’un monde solidaire

La 40e édition des 24 Heures du Mans Motos, où la CMCAS Anjou-Maine récolte des fonds pour l’association Handi’Chiens. ©Didier Delaine/ CCAS

Aux 24 Heures du Mans Motos, la CMCAS Anjou-Maine insuffle autre chose que l’amour des bécanes. Les 21 et 22 avril derniers, comme chaque année, bénévoles et bénéficiaires ont œuvré à un même objectif : s’éclater, et permettre l’éducation d’un chien d’accompagnement, avec l’association Handi’Chiens. On y était, et vous raconte, depuis quatre points de vue différents.

Pour la 16e année consécutive, la section moto de la CMCAS Anjou-Maine a accueilli les collègues motards aux 24 Heures du Mans Motos, course d’endurance en relai la plus célèbre de France, qui fêtait ses 40 ans le week-end dernier. Camping et gîtes, petite restauration, accès au circuit, en tribune pour certains… tout était mis en œuvre pour l’accueil des bénéficiaires. Des bénéficiaires et bénévoles qui ont à leur tour participé à un bel acte de solidarité.

Partenaire historique de l’association Handi’Chiens, la CMCAS Anjou-Maine via sa section motos récolte régulièrement des fonds pour l’achat et l’éducation de chiens d’assistance, qui coûte entre 13 000 et 15 000 euros. Accueillis dans des familles bénévoles durant deux ans, les chiots y sont chouchoutés et entraînés aux tours de base, avant d’aller à l’école aux côtés d’éducateurs spécialisés durant six mois, dans l’un des quatre centres d’éducation Handi’Chiens. Puis vient la rencontre, organisée par l’association, durant laquelle la personne handicapée et le chien, Labrador ou Golden Retriever, se choisissent. La dernière édition des 24 Heures Motos avait ainsi permis de rassembler 2685 euros. En dix ans de solidarité motarde, la section a ainsi permis d’éduquer deux chiens.

Alors pour cette 40e édition, on s’est glissés dans la peau de quatre personnalités-clés de ce week-end, acteurs et actrices de cette belle solidarité. Un peu de cylindrées par-ci, de valeur, de défi et d’aide par-là, on vous a préparé un cocktail prompt à pétarader aux oreilles et à faire vrombir le cœur !

L’une des motos de la Team 2 Suzuki Endurance Racing Team (SERT), managée par un ancien gazier, Dominique Méliand. ©Didier Delaine/CCAS

14h59, sur la ligne de départ, au guidon de ma Suzuki GSX-R 1000. L’asphalte m’attend. Des mois de préparation pour enfin arpenter les courbes de ce circuit mythique. Je porte fièrement les couleurs de la Team 2 Suzuki Endurance Racing Team, celle de Dominique Méliand, notre gazier treize fois champion du monde. La chaleur du bitume s’intensifie. Je pense à Gregg Black et Etienne Masson, mes coéquipiers pilotes professionnels. Eux aussi ressentiront bientôt leur cœur prêt à décoller avant chaque virage. Ils sueront, vibreront au rythme de notre moteur, extension de notre corps… 15H déjà et… enfin, on roule !

15h, au stand de la CMCAS Anjou-Maine. Il fait chaud, au Mans, ce samedi. Le départ me permet de profiter d’une trêve bien méritée, après une journée déjà à servir nos bénéficiaires venus de toute la France. Avec la trentaine de bénévoles de la section moto de la CMCAS Anjou-Maine, on travaille comme des acharnés. Présent avec la CMCAS depuis 2002 grâce à Luc Rigal, Sébastien Pissot et John Avice, les trois agents Enedis à l’initiative de ce partenariat, je savoure mon appartenance à ce groupe reflétant si bien l’esprit motard, le fameux ! Les affaires tournent bien : entre les boissons et les places, on pense récolter 2500 euros pour Handi’chiens, l’association pour qui nous œuvrons. Et de ça, j’en suis fier !

16h, chez moi, avec papa maman. La télé reste en boucle sur les motos du Mans qui tournent en boucle. Je la regarde d’un air rêveur, en sirotant ma brique de lait chocolaté. Pour autant, je ne broie pas du noir, au contraire. Il y a une heure, ma vie de petite fille solitaire, emprisonnée dans un corps aux maux inconnus, s’est transformée en promesse, en espoir. Même mon fauteuil n’arrive pas à me faire perdre mon sourire. Et pour cause : notre duo, avec l’ami à roulettes, passera bientôt en mode trio, à quatre pattes cette fois ! Une fine équipe prête à sillonner la vie à en perdre haleine. Papa et maman me regardent, émus. J’ai tellement hâte, si vous saviez.

17h, dans ma famille d’accueil. Ce soleil me ravit, car grâce à lui, je suis de nouveau dehors. Mina, mon éducatrice, ne risque pas de me disputer à cause du bazar laissé derrière moi. Et puis le soleil, Mina l’aime, et moi, j’aime Mina, surtout quand elle s’occupe de moi. Bientôt 18 mois que nous vivons ensemble. Le temps passe si vite que j’en oublierais presque de rentrer, et pourtant, j’ai faim. Heureusement, je sens déjà le fumet de mon repas. Mmmmh ! Je m’en lèche les babines.

C’est parti pour 24 heures de course pour les 60 équipes. ©Didier Delaine/CCAS

22h, au cœur de la course. La nuit est tombée depuis longtemps. Enfin… il me semble. Les tours défilent, les kilomètres aussi et le stresse empire. Il a commencé à se faire sentir durant un arrêt qui a duré plus de 8 minutes à cause des freins. Le chrono file, notre place au classement également… mais vers le bas ! L’horreur ! Je pense à Dominique, notre team manager. Cet ancien de la CMCAS du Mans (aujourd’hui CMCAS Anjou-Maine) est un fou des autres, de la vie et de ce sport qui nous agrippe autant le cœur que les tripes. Nous aurions aimé faire mieux. Heureusement, l’équipe 72, la Junior Team LMS Suzuki – nos jeunes, quoi – remontent, et bien !

22h30, derrière le bar. Qui dit retour des spectateurs dit “mains dans le cambouis” pour moi. J’enchaîne les remplissages de godet, en super 8. Mon père et mon frère viennent m’aider. À nous trois, on en est à six ans de bénévolat, aux côtés de la section moto de la CMCAS. J’y suis entré peu de temps après mon arrivée à Enedis. Mon regard s’égare du côté du groupe de musique constitué de bénéficiaires de la CMCAS. Mon manager à Enedis est à la basse… Finalement, la solidarité et le Par et le Pour s’appliquent autant à nos Activité Sociales qu’à la moto. Tiens, ‘faudrait peut-être même faire un article là-dessus…

23h, dans ma chambre d’ado. Conséquence de mon engouement pour la bonne nouvelle : j’ai perdu le sommeil. Dans le salon, j’entends encore la télé – à tous les coups, mon père a dû s’endormir devant les 24H. Je n’arrête pas d’imaginer mes nouveaux lendemains. Pourtant, on nous a avertis : il est rare de faire partie des élus. Comme quoi, il faut toujours y croire !

23h30, sur le canapé. Je me suis encore endormi tôt… Mina, mon éducatrice, a dû se coucher, seule. Elle semble si triste et nostalgique en ce moment. Je tente de lui faire oublier son vague à l’âme en répétant les 52 tours qu’elle m’a déjà appris. Elle me parle alors d’un beau voyage à venir, peut-être pour se faire pardonner. “Une nouvelle vie” pour moi, comme elle dit. Ça me va, du moment que l’on m’aime.

15h, dimanche, dernier virage. La course s’achève, enfin ! Ce fut dur. Finir 24e n’était pas au programme. Qu’importe, nous savons que nous avons tout donné pour nos couleurs et nos supporters. Nous sommes surtout fiers de la très belle performance de notre relève. La Junior Team LMS Suzuki, arrivée 3e de leur catégorie, la “Superstock” (moto dont le moteur ne peut être changé par rapport au modèle de série). Rendez-vous l’année prochaine pour une place au soleil du Mans.

15h30, le stand plie bagages et boutique. Comme l’an passé, côté bénévoles, nous n’avons pas pu profiter du spectacle… mais l’important, c’est d’avoir travaillé ici pour offrir un lendemain joyeux à une ou un autre. On se retrouve pour un dernier verre, les bénévoles, ma famille et celle que l’on a construit. Marc Gautier, bénévole et représentant de nos Activités Sociales, est aussi un grand photographe sportif… les talents sont nombreux ici. La joie d’être ensemble pour quelque chose de plus grand que nous, nous anime toujours autant. Rendez-vous l’an prochain !

Marc Gautier, bénévole de la section moto, revêt la casquette de photographe pour immortaliser cette course mythique. ©Didier Delaine/ CCAS

16h, chez nous. On nous a annoncé son arrivée pour juin, l’attente va être longue. Mon handicap me semble beaucoup plus léger, en tout cas, plus supportable. À moi l’autonomie, et à moi mon nouvel ami !

16h30, dans le parc. Après-midi de balade ! Grrrh, j’adore ça. Je réjouis Mina en exécutant ses directives à la lettre. Je vois de la fierté dans ses beaux yeux clairs. “Tu es prêt pour la rencontre”, me souffle-t-elle. “Toujours”, je lui abois !

Grâce à l’argent collecté durant les 24 Heures du Mans Motos, la section motos de la CMCAS participe à l’éducation d’un chiot d’assistance. ©Handi’Chiens.


Contacts et infos

Section motos de la CMCAS Anjou-Maine : bureau@lemansmotoieg.fr 
Site internet : 
www.lemansmotoieg.fr
Voir aussi : 
la page Facebook de la section moto de la CMCAS

Association Handi’Chiens : contact@handichiens.org
01 45 86 58 88 / 13 rue de l’Abbé Groult, 75015 Paris

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Article modifié le 12 mai 2018.

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