Une randonnée urbaine dépaysante avec la CMCAS Val d’Oise

©Julien Millet/CCAS

Alors que la marche en ville intéresse de plus en plus de monde, la CMCAS Val d’Oise prend part au mouvement. Le 10 avril dernier, elle organisait une sortie dans la banlieue sud de Paris. Au programme : une marche de 10 kilomètres en pleine ville… et dans un écrin vert.

Le rendez-vous donné par la CMCAS Val d’Oise est à la sortie de la station de métro Châtillon-Montrouge, dans le sud de la banlieue parisienne. Les 23 bénéficiaires présents ce vendredi matin – tous des inactifs – se sont levés tôt pour venir du nord de la région francilienne. Une fois au complet, le groupe se met en route. Il dépasse la station de tramway et bifurque vers un jardin par lequel on rejoint la promenade des Vallons de la Bièvre. Cette voie verte qui se prolonge sur 14 kilomètres, vers le sud, se superpose au GR ® 655, l’un des sentiers de grande randonnée en direction de Saint-Jacques de Compostelle (1). Le ciel est légèrement couvert, le temps sec, l’air un peu frais : une météo parfaite selon certains participants !

La CMCAS Val d’Oise, qui organise des marches depuis 2011, souvent dans le parc naturel régional du Vexin, propose une fois par an de telles découvertes de la métropole parisienne.  » Ces randonnées urbaines sont très appréciées. D’autant que nous essayons de proposer de nouveaux itinéraires à chaque fois », révèle Catherine Tulièvre, agente qui a été détachée à la SLVie de Montigny-lès-Cormeilles, où elle est maintenant bénévole. Cette brune vive et énergique de 63 ans qui s’occupe notamment du Réseau solidaire est l’une des trois personnes qui encadrent la marche du jour.

« La moindre occasion est bonne pour aller marcher ! « 

©Julien Millet/CCAS

La voie verte porte bien son nom. Au fil des communes traversées (Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Sceaux), on oublie facilement le paysage urbain. Certes, on devine les immeubles derrière les bosquets d’arbres et les buissons fleuris bordant le chemin, et il faut quelquefois traverser une rue. Pourtant, on longe des pelouses parsemées de pâquerettes et de boutons d’or, des aires de jeux pour enfants et même un pré, où broutent quelques chèvres.  » On n’a vraiment pas l’impression d’être en ville !  » , s’exclame Philippe Jaffrenou, 72 ans. Cet habitant de Cormeilles-en-Parisis, qui a terminé sa carrière au service ressources humaines d’EDF à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) après avoir été salarié de l’ Iforep a dû renoncer à la course à pied en raison de problèmes de genoux.  » Ce qui est bien dans la marche, c’est que le rythme permet de discuter, fait remarquer ce sportif qui pratique aussi la gymnastique. Cela me plaît d’être avec les autres. En tant que retraité, il est important de trouver des activités qui permettent de rencontrer des gens.  »

La randonnée en groupe est aussi une solution pour celles et ceux que freine l’idée d’aller se promener seul.  » Et puis en groupe, on ne se rend pas compte des kilomètres que l’on fait  » , ajoute Florence Le Balch, 71 ans, qui a travaillé également au service ressources humaines d’EDF mais à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).  » Au début de ma retraite, j’ai intégré le groupe car je cherchais du lien social, confie l’élégante brune, qui a été bénévole au Réseau solidaire de la SLVie de Montigny-lès-Cormeilles. Chemin faisant, je suis devenue marcheuse. Les livres de l’écrivain Bernard Ollivier m’ont fait comprendre les bienfaits de cette activité physique [2]. Et depuis une randonnée au long cours à Belle-Île-en Mer (Morbihan), avec la CMCAS, la marche est devenue un vrai besoin. Maintenant, la moindre occasion est bonne pour aller marcher !  »

« Sillonner une ville, c’est une façon de la percevoir avec ses pieds, de manière physique »

©Julien Millet/CCAS

Après une pause dans un square de Fontenay-aux-Roses, en milieu de matinée, le groupe poursuit son chemin, en compagnie du soleil, sorti de derrière les nuages. Des curieux s’interrogent sur ce qu’abrite une immense bâtisse en pierre qui ressemble à une vieille université anglaise sortie du monde d’Harry Potter.  » Attention vélos !  » : ce cri retentit à plusieurs reprises pour resserrer les rangs à droite, car, en l’absence de marquage, il faut partager l’espace avec les cyclistes.

Guy Stradella trouve l’itinéraire particulièrement original. Ce randonneur de longue date de 75 ans marche avec le même plaisir en groupe, avec des copains, avec son épouse ou en solo, sans se préoccuper de performances ou de vitesse. Et cet habitant de Taverny qui a travaillé au service solidarités d’EDF aime tout autant traverser la campagne que le béton.  » Sillonner une ville, c’est une façon de la percevoir avec ses pieds, de manière physique, résume-t-il posément. Quel que soit le paysage, quand je marche tout seul, je pratique une forme de marche méditative, dite marche afghane. Il faut coordonner ses pas et sa respiration. Cela aide à se détendre et à éviter la fatigue.  »

En fin de matinée, alors que l’on entame le septième kilomètre, une vue spectaculaire s’offre aux marcheurs. Sur la gauche, apparaît le parc historique du Domaine de Sceaux. La perspective a de quoi réjouir les yeux : le jardin classique dessiné par André Le Nôtre au XVII e siècle, aux mille nuances de vert, rehausse les contours du château qui se détache au loin.

Les randonneurs quittent le sentier pour pénétrer dans le parc, qui s’étend sur 180 hectares. Les bénévoles guident le groupe vers le bosquet nord où convergent la plupart des autres promeneurs. Là, on peut admirer 140 cerisiers du Japon majestueux, encore surchargés de fleurs roses. Une vraie féerie. Après les photos qui s’imposent, les marcheurs de la CMCAS rejoignent le Grand Canal. À défaut de trouver un restaurant assez grand pour accueillir l’ensemble du groupe et y faire la pause, on regagne la gare du RER. En attendant le train qui les ramènera vers le Val-d’Oise, des bénéficiaires évoquent un prochain rendez-vous : un jeu de piste historique dans un quartier de Paris, organisée par une bénévole. Une approche culturelle de la marche urbaine, tout aussi stimulante.

  1. Les GR® sont des marques déposées par la FFR et désignent les itinéraires créés par la FFR. Les Voies vertes accueillent marcheurs et cyclistes. Voir le site de l’ Association française pour le développement des véloroutes et des voies vertes (AF3V) .
  2. Bernard Ollivier a raconté sa marche en solitaire sur la route de la Soie dans Longue Marche (éd. Phébus, 2000).

©Julien Millet/CCAS


La marche en ville a le vent en poupe

La randonnée urbaine suscite un intérêt grandissant. La preuve, la Fédération française de randonnée pédestre est amenée à créer des circuits balisés en ville (récemment à Bordeaux, Lyon et Poitiers), tandis que ses rendez-vous mensuels dans la capitale rencontrent un énorme succès. Autre fait significatif : en 2025, 70 000 personnes ont répondu au questionnaire du collectif national Place aux piétons afin d’établir le Baromètre des villes et des villages  » marchables «  – autrement dit « qui facilitent et sécurisent la marche à pied ».

Ce baromètre permet d’évaluer les politiques urbaines locales qui négligent trop souvent les piétons, grands oubliés derrière les voitures et les vélos. Il met aussi l’accent sur les améliorations possibles pour rendre les rues plus sûres et plus accueillantes : réduction de la vitesse des véhicules motorisés, dégagement des trottoirs, végétalisation… Les raisons pour encourager la marche en ville ne manquent pas. Cette activité physique n’est pas seulement bonne pour la santé et l’environnement, simple, gratuite et accessible ; elle favorise aussi le commerce et un espace public inclusif et convivial !

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