À Momix, les mômes prennent l’art en main

Pour la première année de son partenariat avec Momix, la CMCAS Mulhouse a constitué un jury familial pour choisir un spectacle qui tournera dans les colos de la CCAS. ©Éric Raz/CCAS

Cette année, la CMCAS Mulhouse a décidé de faire vivre à ses bénéficiaires une expérience inédite dans le cadre du festival jeune public Momix : choisir le meilleur spectacle jeunesse parmi une sélection de quatre créations. Les onze bénéficiaires présents – enfants et mamans – ont élu “Rag’n Boogie”, qui tournera dans les prochaines colos.

Ce 10 février n’est pas un samedi après-midi comme les autres. Marina, Évana, Muriel, Annie, Laure et leurs enfants sont assis autour d’une grande table en bois, devant crêpes et boissons bio, issus de producteurs locaux. Dehors, il fait froid, une pluie fine enveloppe les rues calmes de Kingersheim, petite ville proche de Mulhouse qui accueille depuis vingt-six ans le festival international du jeune public Momix. C’est sous les imposantes poutres de bois mélangées à l’acier, dans la conviviale agitation du restaurant associatif “Les Sheds”, que ces onze bénéficiaires de la CMCAS Mulhouse vont devoir délibérer et choisir le spectacle qu’ils ont préféré. Depuis une semaine, leurs émotions sont guidées par les représentations auxquelles ils assistent dans le cadre du festival.


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Des spectacles… mais surtout des valeurs

Pas de papas autour de la table, seules les mamans ont répondu présent. Elles sont entourées de leurs enfants, âgés de 7 à 12 ans. “C’est dur de choisir, chaque spectacle était différent”, lance Romeo, 7 ans. En effet, le choix va être complexe. Les onze jurés doivent se mettre d’accord pour sélectionner une seule des pièces. On fait d’abord un tour de table. Deux titres sont fréquemment évoqués par les parents et enfants : “Rag’n Boogie” et “Ysengrin”. L’un et l’autre ont ému, touché, engagé les spectateurs. L’un évoque l’esclavage et la ségrégation raciale, l’autre se mobilise pour le handicap et propose une traduction en langage des signes, en direct.

“Le sujet de “Rag’n Boogie” est très fort. Il combat le racisme. Grâce à ce spectacle, on comprend que l’on peut tous se retrouver autour de la même musique. On partage la même chose. Les autres pièces étaient splendides mais c’est celle-ci qui m’a le plus touché.” Les mots d’Annie, maman d’Alicia et Maelis, résonnent chez les autres jurés. “Parler du handicap, c’est important aussi”, lance une autre maman. “On va devoir faire un choix entre handicap et racisme”, conclut une autre. On passe au vote. Il n’y aura pas d’unanimité mais il faut faire un choix. “Rag’n Boogie” l’emporte finalement, à six voix contre onze.


“Grâce aux spectacles, j’ai surtout compris qu’on était tous égaux”

Romeo Beurtheret, 7 ans était accompagné de sa mère Marina, agent EDF en inactivité de service

Romeo arbore fièrement le prix qu’il a remis avec les autres enfants de la CMCAS à Sébastien Troendlé pour son spectacle “Rag’n Boogie”. ©Éric Raz/CCAS

“J’ai adoré les spectacles. J’ai préféré “Ysengrin” parce que je ne connaissais pas le langage des signes avant. Et j’ai aimé la chanson rigolote à la fin. Je n’ai pas l’habitude d’aller au théâtre. J’ai été impressionné d’être jury. Vivre une expérience comme ça, c’est extraordinaire. Avec maman, on s’est préparés en regardant les bandes-annonces, on a essayé de prendre des notes. Grâce aux spectacles, j’ai surtout compris qu’on était tous égaux.”


“Les enfants ont compris ce qu’était une responsabilité de jury”

Annie Ramos, professeure de français et femme d’agent, accompagnait ses deux filles, Alicia et Maelis, 10 ans

Professeure de français, Annie Ramos est aussi auteure de romans policiers. ©Eric Raz/CCAS

“Les enfants ont compris ce qu’était une responsabilité de jury. Pour faire leur choix, ils ont vraiment dû s’intéresser au travail des artistes. Alicia et Maelis ont pris leur rôle très au sérieux. Leur enthousiasme a grandi au fil de la semaine. Elles m’ont même demandé s’il y avait d’autres spectacles quand c’était fini.”


“Faire partie du jury est un véritable engagement”

Frédéric Guth, président de la CMCAS Mulhouse

Frédéric Guth, président de la CMCAS Mulhouse. ©Éric Raz/CCAS

“C’est la première année que le jury est mis en place. On offre aussi deux spectacles gratuits à chaque bénéficiaire. Faire partie du jury est un véritable engagement. C’est un investissement important. Ce n’est pas de la consommation pure et dure. Chaque membre a assisté à tous les spectacles. Ils ont pris leur rôle à cœur. Ma satisfaction était de les voir délibérer autour de la table. Voir un enfant dire “je ne suis pas d’accord” et expliquer pourquoi, c’est beau.”

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