Après le passage du cyclone Irma, “il faudra être patient”

Manuel Juste, président de la SLVie de Saint-Martin. ©Olivier Rouquin

A Saint-Martin, des dizaines d’agents des Ieg venus des Antilles et de l’Hexagone tentent de rétablir un réseau électrique dévasté par Irma. La solidarité ne sera pas de trop pour apaiser le traumatisme subi par la population de l’île, comme en témoigne Manuel Juste, président de la SLVie de Saint-Martin, l’une des huit SLVie de la CMCAS Guadeloupe.

Y-a-t-il des victimes parmi les bénéficiaires ?

Non. Nous n’avons que des dégâts matériels.

Dans quel état se trouve le réseau électrique à Saint-Martin aujourd’hui ?

Tout est à plat, sauf le réseau souterrain. Beaucoup de transformateurs sont endommagés. Sur les trois tranches de notre centrale (thermique), une seule fonctionne pour l’instant. Nous faisons le maximum pour rétablir les deux autres.

Quelle est la situation dans l’île voisine de Saint-Barthélemy ?

On a très peu de nouvelles de Saint-Barth, car ils n’ont toujours pas de réseau téléphonique. Mais on sait qu’ils ont pu redémarrer leur centrale avec le renfort des collègues de Guadeloupe.

Combien d’agents des IEG sont mobilisés et quelles sont leurs priorités ?

Une dizaine est arrivée de métropole dimanche soir pour renforcer les équipes venues de Guadeloupe et de Martinique. Des collègues guyanais doivent aussi venir. La priorité, c’est l’hôpital et l’aéroport : ils sont de nouveau alimentés depuis la semaine dernière. Sur les 10.000 à 12.000 abonnés EDF de Saint-Martin, environ 3.000 sont aujourd’hui alimentés. D’autre part, une centaine de groupes électrogènes sont arrivés sur l’île pour alimenter les boulangeries, les pharmacies, les supermarchés, les antennes relais, etc. On attend encore des renforts en matériel, notamment des câbles électriques.


Lire aussi
Les Activités Sociales solidaires des Antilles, communiqué des présidents des organismes


Combien de temps faudra-t-il pour rétablir le réseau ?

C’est impossible à dire car il y a beaucoup à faire. Pas avant trois ou quatre mois en tout cas. Il faudra être patient.

Déchargement de groupes électrogènes et de transformateurs pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy à l’aéroport de Pointe-a-Pitre @Helene Valenzuela/AFP

De quoi avez-vous le plus besoin actuellement ?

On a surtout besoin d’eau. Il y a des palettes d’eau en bouteille qui arrivent. Les pompiers, les gendarmes et les soldats assurent la distribution. La centrale de dessalement est hors service, donc on n’a pas d’eau potable [A Saint-Martin, il n’y a ni eau de source ni rivière, ndlr]. On va essayer de la remettre partiellement en marche la semaine prochaine pour que les gens puissent au moins prendre des douches, même si l’eau n’est pas encore potable.

Quelles sont les populations qui ont le plus besoin d’aide ?

Les enfants et les personnes malades. On nous envoie des médicaments et les enfants sont évacués avec leur mère gratuitement vers la Guadeloupe.

Beaucoup de familles ont dû quitter Saint-Martin car les écoles vont peut-être rester fermées plusieurs mois.

Effectivement. Tous les jours, nous avons des bénéficiaires qui partent pour la Guadeloupe. Mais les hommes restent ici la plupart du temps.

Comment allez-vous six jours après le passage d’Irma ?

Lorsque le cyclone est passé, c’était la détresse. On est sortis de chez nous pour voir l’état de l’île et de la centrale. Tout de suite, on a dû retrousser nos manches pour déblayer tous les débris. Lundi soir, quand on a vu les renforts arriver, ça nous a donné beaucoup de courage. Aujourd’hui, je me sens mieux. J’ai le moral et je suis très confiant.

Enregistrer

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Informations sur les cookies   I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?