Colo 15/17 : “Ich bin ein Berliner”

Les adolescents visitent le RAW sur Revaler Strasse. Ce sont d’anciennes usines désaffectées. Le guide est Mickaël. ©Didier Delaine / CCAS

C’est pour Berlin que les ados d’une colo 15/17 se sont envolés du 17 au 30 août. L’occasion pour eux de découvrir une ville réputée pour sa culture et son histoire. Ces jeunes ont pu développer leur débrouillardise dans un pays qu’ils ne connaissaient pas.

“Je voulais vraiment venir à Berlin, c’est une ville remplie d’art”, explique Mathilde. Comme elle, vingt autres ados ont pu profiter de la capitale allemande pendant treize jours. Visite en vélo, ateliers Street Art, découverte du cinéma…quelques activités étaient déjà prévues dans le cadre de la colo. Les jeunes ont été invités à élaborer le reste de leur programme.

Grandir à l’étranger

A l’aéroport de Roissy, il y a comme un vent d’euphorie et un air de liberté dans la zone d’embarquement. On sent aussi de l’impatience. Le vol a du retard, plus de trente minutes. Au fond, peu importe. Les ados sont déjà à Berlin. Guides de tourisme, cartes et plans de métro… les esprits sont occupés à situer l’auberge de jeunesse dans cette ville qui fait huit fois Paris. Les jeunes ont d’ores et déjà une mission : trouver un restaurant pour ce soir, au goût de toutes les papilles… mais aussi du porte-monnaie. Comme dans toute colo, ils sont restreints à un budget qu’ils devront gérer au mieux.

Et leur responsabilité ne s’arrête pas là. Les ados doivent élaborer leur séjour en choisissant leur programme. Autonomie et indépendance prennent un tout autre sens à l’étranger. Appréhender une autre culture, parler dans une autre langue… C’est l’occasion pour eux d’améliorer leur talent dans la langue de Shakespeare : “On parle anglais, c’est facile” assurent-ils avec confiance.

Dans la salle Checkpoint Charlie de l’auberge de jeunesse, située dans le quartier de Mitte, les adolescents établissent leur programme. ©Didier Delaine / CCAS

Pour organiser le séjour, les jeunes se sont emparés d’un quartier sur la carte. Ils sont un groupe de quatre ou cinq à réfléchir et à discuter. Il faut trouver ce qui est intéressant à visiter, sans oublier le budget. “Je fais partie du groupe “Berlin Est”. Je cherche des choses nouvelles et gratuites à voir. La culture et l’art de vivre alternatifs m’intéressent particulièrement.” Louis prend sa mission très au sérieux.

Eprouver la culture et l’histoire

Berlin est “la plus grande extravagance culturelle qu’on puisse imaginer” selon David Bowie. L’artiste était très attaché à cette ville. Les ados vont très vite se saisir de la puissance artistique de Berlin. La culture y est partout présente. Sur les façades, dans le métro, sur les trottoirs, dans les parcs, chaque parcelle de la ville est œuvre d’art. Ce sont les infimes détails de ses rues qui en font la beauté.

Premier jour dans la capitale allemande, les ados se munissent de vélo. Rien de tel pour découvrir une ville où ce moyen de transport est l’un des plus répandus. Il y aura deux équipes pour deux parcours : le Berlin alternatif ou le Berlin du XXe siècle. Laurine a choisi le volet historique. “C’était très intéressant. Nous avons étudié l’Allemagne en cours d’histoire. Mais il y a des détails que l’on ne connaissait pas. C’est différent avec une Berlinoise qui en parle.”

Balade à vélo sur un parcours dans le Berlin alternatif à Berlin Est. Départ sur la Strausberger Platz. ©Didier Delaine / CCAS

La capitale allemande est aussi un haut lieu pour le Street Art. A Kreuzberg, quartier punk et alternatif, les ados se lancent dans un jeu de pistes des plus intéressants. A la recherche des œuvres, se perdre est une aubaine pour admirer les bijoux des façades. A la limite du quartier voisin, Friedrichshain, se trouve un trésor de la capitale allemande : le RAW. Endroit unique, il s’agit d’une ancienne usine où l’on réparait les trains. Aujourd’hui, sont installés ici repères pour artistes, galeries d’art, bars en tous genres, terrain de skate ou encore piscine accompagnée par du son techno.

“Il y a presque un hectare”, explique Mickaël, artiste français, expatrié ici depuis quatre ans. Il fait visiter aux jeunes ce lieu où seul l’art a sa place. “Cet endroit bouge beaucoup”, s’enthousiasme Mickaël. Rien n’a vocation à durer ici. L’éphémère est l’essence du Street Art. “Quand je pense qu’il n’y avait quasiment rien ici il y a encore deux ans. Ce tag a été fait dimanche dernier”, commente-t-il. Obey, One-Up, Jimmy C., “les artistes du monde entier ont peint dans tout Berlin.”

Après la visite, il est temps pour les ados de devenir artistes. Ils investissent l’un des bâtiments, temple moderne du graffiti. Il n’y a plus un pan de mur de libre. Dans l’entrée, un vieux piano entièrement repeint en noir, recouvert par de la cire de bougie. Les ados sont plongés dans l’ambiance. Sofia, 29 ans, est artiste. Elle va leur enseigner les bases. Les jeunes doivent d’abord découper la forme que prendra leur œuvre sur du carton. Ils ajouteront la couleur grâce à des bombes. Certains choisiront des titres de chanson, d’autres le Che Guevara, ou encore des “blazes” (surnom que se donne les artistes dans le milieu du Street Art, ndlr). Une chose est sûre, ils ne reviendront pas de Berlin les mains vides, mais avec des souvenirs plein la tête.

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