Contraception : et les hommes ?

©Camille Besse/CCAS

Pour mettre fin aux inégalités, les femmes peuvent compter sur les hommes. Oui mais jusqu’où ? Alors qu’elles assument seules la charge physique et mentale de la contraception depuis des décennies, certains questionnent ce vieil ordre culturel. Une BD intitulée « Les Contraceptés. Enquête sur le dernier tabou » raconte leur parcours.

« Vous saviez que le type qui a inventé la pilule, il l’avait aussi testée sur des mecs… et que ça marchait pas mal ? » Ainsi débute la bande dessinée « Les Contraceptés. Enquête sur le dernier tabou ». Pourquoi et comment les hommes ont-ils été écartés pendant des décennies des questions de contraception ? Les auteurs de la BD, Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain, veulent percer le mystère. Leur enquête, mise en images par l’illustratrice Caroline Lee, va remettre en question leurs préjugés et leurs pratiques.

Cela fait à peine dix ans que le débat sur le partage de la charge contraceptive est ouvert. En 2012, Marion Larat porte plainte contre Bayer à la suite d’un accident vasculaire cérébral qui l’a laissée handicapée. Elle accuse le laboratoire d’avoir minimisé les effets secondaires de la pilule qu’elle prenait. Cette histoire va provoquer une prise de conscience générale.

L’Agence du médicament (ANSM) reconnaît en 2013 que les pilules contraceptives provoquent chaque année plus de 2 500 thromboses veineuses et vingt décès prématurés. Sans compter d’autres problèmes : maux de tête, nausées, troubles de l’humeur, seins douloureux, baisse de la libido, etc.

 

 

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Injections hormonales, slip chauffant, anneau contraceptif, vasectomie…

Les dangers de la pilule sont connus depuis longtemps. En France, dans les années 1970, des mouvements de femmes militent pour partager la charge de la contraception, qu’elles sont seules à assumer. Des groupes d’hommes se forment, créent un journal et essaient de trouver des solutions.

Traitement hormonal, slip chauffant, anneau contraceptif : les possibilités ne manquent pas. Ce qui fait défaut, c’est la volonté des laboratoires d’investir dans la contraception masculine. Ils préfèrent le faire dans les troubles de l’érection. Et puis, il faut le dire, notre société patriarcale n’incite guère à cette évolution. « Il y a une dimension culturelle, l’idée qu’une femme, on peut tout lui faire faire. Jusqu’à la crise de la pilule en 2012, on ne s’était jamais posé trop de questions. On savait qu’il y avait des décès mais on regardait ailleurs », estime le médecin urologue Vincent Hupertan.

La vasectomie, opération de stérilisation masculine dont il est spécialiste, est fréquemment pratiquée aux États-Unis, en Allemagne ou en Espagne. Mais elle reste marginale dans l’Hexagone. Les choses commencent toutefois à changer : plus de 13 000 Français y ont eu recours en 2019. Pour la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, l’engagement concret des hommes dans le combat féministe est « crucial » si l’on veut en finir avec ce genre d’inégalités.


À lire  

« Les Contraceptés. Enquête sur le dernier tabou »
Bande dessinée de Guillaume Daudin, Stéphane Jourdain et Caroline Lee, éditions Steinkis, 2021.


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