Delphine Idier : “Je suis surprise par les qualités d’écrivain de ceux que l’on nomme ‘amateurs'”

Florilège d’ouvrages reçus par le jury du concours Écrivains des IEG 2021, parmi les 86 propositions envoyées par les bénéficiaires des Activités Sociales. La suite sur la page Facebook de la CCAS. ©DR

La présidente de la commission culture et trésorière générale de la CCAS, membre du jury du 5e concours des Écrivains des Industries électriques et gazières (IEG), nous en raconte les coulisses à l’approche de l’annonce des lauréats.

Pourquoi organiser un concours des écrivains des Industries électriques et gazières ?

Delphine Idier – Avant ce concours, initié en 2017, le blog des Parle informait régulièrement sur la parution de livres écrits par des bénéficiaires. Puis il y a eu une demande de la part des auteurs de voir leur ouvrage mis en valeur dans le cadre des Activités sociales. C’était en adéquation avec le fondement de la démarche des Parle : valoriser les pratiques artistiques amateurs, et notamment l’écriture. C’est donc tout naturellement que les souhaits de bénéficiaires ont rencontré les intentions des Activités Sociales. Pour moi, c’est une belle histoire !

Le concours est ouvert cette année aux ouvrages publiés à compte d’auteur : pourquoi ce choix ?

D. Idier – Jusqu’ici, les ouvrages candidats au concours devaient avoir été édités par un éditeur. Nous nous sommes rendu compte que cela engendrait beaucoup de frustration de la part de ceux qui n’avaient pas eu cette possibilité. Nous avons eu de nombreux retours de bénéficiaires qui avaient le sentiment d’être écartés au nom d’un certain élitisme.

Cinquante-six ouvrages éligibles cette année… vous attendiez-vous à un tel succès ?

D. Idier – Pas du tout ! C’est une agréable surprise, et je pense que cela montre que nous avons répondu à une réelle demande : nous avons reçu plus de 80 livres, dont 56 étaient éligibles selon les critères du concours. Les écrivains amateurs ont pris l’habitude de cet événement, c’est un succès et j’espère que cela va perdurer ! Et pour le jury, cela signifie aussi beaucoup de livres à lire…

Quelles sont les thématiques qui ressortent des ouvrages ?

D. Idier – Il y a une majorité de romans ; ils parlent d’amour, de joie ou parfois de maladie. Nous avons reçu également des livres jeunesse, des documentaires, des recueils de poésie, des autobiographies. Nous avons aussi quelques livres traitant d’un pan de d’histoire de l’électricité, dont un qui donne la parole à des agents d’Enedis, et un livre de recettes de cuisine.

Florilège des ouvrages reçus par le jury du concours Écrivains des IEG 2021, parmi les 86 propositions envoyées par les bénéficiaires. La suite sur la page Facebook de la CCAS.

Qui sont les écrivains des IEG ?

D. Idier – Cette année, les candidats sont très équitablement partagés : il y a autant de femmes que d’hommes ; autant d’actifs que d’inactifs. On ne sait rien sur la catégorie socio-professionnelle des auteurs, mais toutes les CMCAS sont représentées : on fait le tour de France avec ce concours !

Qui compose le jury et comment travaille-t-il ?

D. Idier – Nous sommes cinq. Moi-même, en tant qu’élue référente du groupe de travail des Parle, le responsable du livre et de l’action lecture à la CCAS, un libraire partenaire des Activités Sociales (Colibrije à Montreuil), une rédactrice du Journal des Activités Sociales et une des lauréates de l’édition précédente, Mathilde Archambault-Perrault.

Les ouvrages sont reçus de mi-décembre à fin janvier, au fil de l’eau. À partir de là, nous tenons trois réunions : une première, pour se répartir les ouvrages ; puis, nous nous réunissons encore au minimum deux autres fois pour échanger sur les œuvres et se répartir à nouveau les livres qui auront été présélectionnés ; la dernière réunion sert à finaliser notre choix.

Les trois lauréates du concours 2020 : Mathilde Archambault-Perrault (en haut à g.), pour “Même-pas-peur”, dernier opus d’une trilogie de romans jeunesse ; Isabelle de Lassence (en bas à g.), pour “Êtres au travail” ; et Cecilia De la Garza (à dr.), pour “Un métro pour Samarra”.

Quels sont vos critères de présélection ?

D. Idier – La qualité de l’écriture, le plaisir de la lecture, l’histoire racontée, le message qui s’en dégage… Mais il y a bien sûr une part de subjectivité, l’ouvrage reste à l’appréciation de chacun, raison pour laquelle nous effectuons deux lectures.

Vous débattez beaucoup ?

D. Idier – Cela dépend des années. L’an passé, oui, car les membres du jury n’étaient pas vraiment d’accord… mais cela fait partie du jeu : échanger, débattre et trancher !

Comment appréciez-vous la qualité littéraire d’un texte ?

D. Idier – Je répondrais là encore que c’est propre à chacun. Pour ma part, il faut que la lecture me procure de l’émotion, par exemple du plaisir, ou qu’il s’en dégage une atmosphère, une ambiance, ou une rêverie. Le livre ne doit pas me laisser insensible. Lorsque je lis, je souhaite pouvoir associer des images au texte. J’aime aussi lorsque le langage est simple et accessible, et que l’on peut s’identifier à un personnage. Et lorsque je referme le livre, si cette lecture a changé une petite part de ma vision du monde, si elle opère en moi une prise de conscience, qu’elle me fait réfléchir après coup, je trouve cela intéressant, car cela suscite l’esprit critique.

Avez-vous déjà un coup de cœur ?

D. Idier – Pas pour l’instant. Mais il y a de très beaux livres, et je suis agréablement surprise, chaque année, par les qualités d’écrivain et le talent de ceux que l’on nomme “amateurs”. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à la construction de rencontres entre amateurs et professionnels pour favoriser les échanges, tout cela bien sûr en fonction des conditions sanitaires.

Que se passe-t-il pour les futurs lauréats ?

D. Idier – Les livres des lauréats seront intégrés à la dotation des bibliothèques de 25 villages vacances CCAS, où ils seront mis en avant. Les lauréats pourront y être invités dans le cadre du Par et du Pour, et aller ainsi à la rencontre des autres bénéficiaires. Nous avons de bons retours de ces expériences très appréciées tant par les auteurs que par les vacanciers. Et bien, sûr les ouvrages peuvent intégrer la Médiathèque des Activités Sociales. D’ici quelques semaines, les lauréats seront aussi interviewés par la rédaction du journal !


Photographie, écriture… Plein feux sur vos talents !

Trois des seize photographies primées par le jury et le public du concours Émoi d’images 2020. ©DR

Depuis plusieurs années, les Activités Sociales organisent annuellement deux concours dédiés aux pratiques amateurs des agents et de leur famille : le concours Écrivains des IEG, dédié à l’écriture, et le concours Émoi d’images, dédié à la photographie.



Ces concours sont ouverts à l’ensemble des bénéficiaires : agents actifs et inactifs, conjoints et enfants d’agents.

Le prochain concours Émoi d’images aura lieu du 6 juillet au 30 septembre : restez connectés sur notre site web et sur ccas.fr pour plus d’infos !

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Lecture, écriture, musique, photographie : vos passions en partage sur ccas.fr et sur la communauté des Parle

 

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