Écoles de métiers : agente EDF, elle écrit un mémoire sur Gurcy-le-Châtel

Mireille Landrot, ingénieure EDF à Saint-Denis, et auteure d'un mémoire sur l'école de métiers de Gurcy.

Mireille Landrot, ingénieure EDF à Saint-Denis, et auteure d’un mémoire sur l’école de métiers de Gurcy. ©Julien Millet/CCAS

Ingénieure EDF à Saint-Denis, Mireille Landrot vient d’obtenir un master d’histoire contemporaine consacré à l’école de métiers de Gurcy-le-Châtel. Elle a pour cela collecté des centaines d’archives personnelles, prochainement versées aux archives historiques d’EDF.

« Lorsque j’ai commencé à travailler sur l’école du Gurcy, j’étais persuadée qu’EDF avait constitué un fonds d’archives important, explique Mireille Landrot, auteure d’un mémoire sur cette école de métiers de la Seine-et-Marne. En fait, aucune archive n’avait été conservée, et il m’a fallu pas moins de deux ans pour retrouver, petit à petit, d’anciens élèves qui m’ont cédé leur archives personnelles ». Ingénieure à EDF, en 2008 Mireille Landrot profite d’un congé parental de trois ans pour s’inscrire en licence d’histoire à l’université Paris X Nanterre, et poursuit des études à distance. Cette « opportunité unique » lui permet de concilier vie de famille et ouverture vers les sciences humaines.

Lorsqu’elle reprend son activité professionnelle, Mireille Landrot poursuit sa recherche avec un master d’histoire contemporaine, et travaille sur l’histoire de cette école de 1941 à 1968. Son réseau se densifie, notamment grâce à l’Association Amicale Énergies, et elle reçoit une centaine de kilos de documents, qui dormaient dans les caves et greniers des agents formés à Gurcy, comme 7 500 futurs électriciens de réseaux ans 1941 à 1993.

Gurcy, une école pilote

À partir de 1968, l’école diversifie la formation vers les agents de maîtrise technique (AMT). De nombreux anciens élèves se sont ensuite reconvertis dans le thermique puis dans le nucléaire. Cette école pilote était en autogestion, c’est-à-dire que la discipline était exercée par les élèves eux-mêmes sans aucun surveillant adulte, et ce dès 1947. Par ailleurs, la pédagogie était basée sur l’expérience et l’esprit d’initiative des élèves. Au final, le modèle développé dans cette école de métiers a été exporté dans 50 pays, notamment dans le cadre de la coopération technique internationale au début des années 1960. Quatre autres écoles (Sainte-Tulle, La Pérollière, Scourdois puis Soissons-Cuffies et Sainte-Affrique) ont au total formé 33 000 agents EDF.

Une collecte nationale d’archives

« J’ai progressivement reçu à mon domicile des dizaines de témoignages d’anciens élèves racontant leurs souvenirs, des films en Super 8 (dont quelques perles, comme un film montrant la sortie de la seconde promotion en 1942), des lettres datant parfois des années 1940, des rapports et des centaines de photographies. Les documents ont progressivement afflué jusqu’à… occuper toute ma cave ! Tout cela représente une somme d’archives considérable, que le travail de recherche en master consistait justement à exploiter et à synthétiser. Ces anciens élèves ont entre 70 et 95 ans, et une vraie relation d’affection nous unit tous désormais. L’ensemble des archives privées recueillies vont être versées aux archives historiques d’EDF, à Paris. Cette mémoire témoigne comment les écoles de métiers ont façonné la culture d’entreprise EDF. »

Aujourd’hui ingénieure à la Direction industrielle de la division ingénierie et projets nouveau nucléaire (DIPNN), Mireille Landrot a été primée pour son mémoire par la Fondation EDF en 2017. « C’est une aventure collective, qui n’aurait pas été possible sans l’implication d’anciens élèves et le soutien de l’association Amicale Energies. Je suis fière, non seulement du chemin parcouru, mais aussi d’avoir retracé l’histoire de ces écoles qui ont formé les agents à construire, pendant et après guerre, l’électrification du pays. »


Pour aller plus loin

Le mémoire de maîtrise de Mireille Landrot sur l’école de Gurcy-le-Châtel est disponible en ligne sur le site de l’Amicale Energies.

L’Association Amicale Énergies en bref

Née en 1948, cette association professionnelle est la plus ancienne de l’histoire des Industries électriques et gazières depuis la nationalisation d’EDF-GDF. Elle accompagne les salarié·es des IEG dans la construction de leur parcours de formation professionnelle. Depuis 2010, l’AAE s’est ouverte à l’ensemble des salarié·es français·es, ainsi qu’aux demandeurs et demandeuses d’emploi, afin de leur apporter un soutien financier, professionnel et moral dans l’élaboration de leur projet de formation.

Contacter l’AAE

Sur son site Internet : www.amicale-energies.org, rubrique contact.
Par courrier : À l’attention de l’Association Amicale Énergies, Fondation Groupe EDF, 6, rue Récamier, 75007 Paris.

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1 Commentaire
  1. Morel Michel 5 ans Il y a

    Beau travail de recherche …félicitations…mais je n’ai pas trouvé , sauf erreur de ma part , de trace du C.R.I.E. de Lomme qui était dans l’enceinte de la centrale thermique de Lomme. Il a fermé en 1959 si mes souvenirs sont exacts , l’enseignement durait trois ans . Je faisais partie de la 11ème promotion . La 12ème n’a fait que un an et a été envoyée à Gurcy…

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