Festiv’hand, au nom de la diversité

Au festiv’hand, chacun.e est artiste quel que soit sa situation face au handicap. Ici, Jacquot et sa sculpture, le 24 juin dernier. ©Monique Castro/CCAS

Christian Loze, agent EDF à la retraite, a créé Festiv’hand. Conçu pour valoriser les pratiques artistiques des personnes en situation de handicap, ce festival est un espace de rencontre entre valides et “personnes différentes”, dans un esprit joyeux et bienveillant.

À l’heure du repas, sous le barnum géant de Festiv’hand, Christian Loze chauffe les festivaliers en leur faisant chanter “la Ballade nord-irlandaise” de Renaud, dont il a réécrit les paroles avec Josie, une collègue avec laquelle ce retraité de 68 ans a suivi “pas mal d’ateliers paroles de chansons” quand il était agent EDF à Toulouse. Plus tard, il filera aider en cuisine ou servira les repas, actif sur tous les fronts. “Lundi, on aura mal partout, mais ce sont eux qui nous donnent de la force.”

Le mur des petits mots ©Monique Castro/CCAS

Eux, ce sont ces jeunes et moins jeunes en situation de handicap physique ou mental, qui se retrouvent l’espace d’un week-end à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne) pour participer à un atelier artistique ou présenter les créations réalisées dans leur institution. Un festival fondé sur la rencontre entre personnes valides et handicapées, que Christian Loze a créé en 2006 avec des élu.e.s de la CMCAS de Toulouse, et qu’une vingtaine de fidèles bénévoles organisent depuis douze ans.

“Des festivals pour personnes handicapées, on en trouve surtout autour du sport, mais dans les domaines artistique ou culturel, c’est plus rare”, reconnaît l’ancien rugbyman, par ailleurs engagé politiquement (PCF) et syndicalement (CGT). “J’ai davantage élevé mes petites-filles que mes filles. Le militantisme n’est possible que si le conjoint soutient et relaie”, poursuit-il, tirant un coup de chapeau à sa femme, alliée de tous les instants.

Le handicap, il ne sait pas trop comment il est “tombé dedans”. Certes, il y avait bien cet oncle sourd et muet, disparu quand il avait à peine 10 ans, mais il pense que “le déclic” vient surtout du comportement “méprisant” que certains de ses collègues adoptaient à l’égard des personnes handicapées. Sans compter ceux qui avaient tendance à les exploiter. Ainsi a-t-il été intransigeant sur certains points, lorsqu’il a été nommé directeur du centre de vacances de Saint-Antonin-Noble-Val. D’abord sur l’accessibilité : dans le centre, un fauteuil roulant doit pourvoir circuler partout. “J’ai aussi pour principe d’engager une personne handicapée à un poste et pas une personne et demie, comme cela se fait parfois. Je veux que la personne handicapée soit considérée comme une personne à part entière.” Reste à l’équipe de s’organiser pour mieux se répartir le travail.

Atelier chant ©Monique Castro/CCAS

Il y a quelques années, quand un animateur sourd et muet a été recruté pour proposer des ateliers cirque dans le centre, les enfants ont appris les rudiments de la langue des signes pour communiquer avec lui. Quelques jours après, les parents sont venus demander qu’on les forme également. “Ce que j’aimerais, conclut Christian Loze, c’est que d’autres festivals comme celui-ci essaiment un peu partout en France. Car autour de la culture et de l’art, il y a encore beaucoup à faire.”

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

quinze − 13 =

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Informations sur les cookies   I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?