Flânerie au fil de l’eau

Surplombant le canal de la Marne au Rhin, le château de Lutzelbourg. © Elise Rebiffé / CCAS

C’est à un voyage atypique auquel on vous convie ; hors de la fureur du monde, où l’on prend son temps. Celui d’admirer les paysages, de surprendre les animaux, de voir la nature évoluer et le ciel changer… Un parcours où l’on apprend la patience, mesurant le temps qui passe. Une balade bucolique, entre Lorraine et Alsace, à bord d’une pénichette. Larguez les amarres et partez à l’aventure sur le canal de la Marne au Rhin !

Perchées sur un éperon rocheux, les ruines du château de Lutzelbourg offrent une vue imprenable sur la vallée de la Zorn 1, veillant sur le port en contrebas. C’est ici que la croisière commence sur le canal de la Marne au Rhin, dans ce village pittoresque au pied du plateau lorrain. Aux confins de la Moselle, le Pays de Phalsbourg niche, dit-on, dans un écrin de verdure aux mille paysages. Embarquement sur une pénichette, direction l’ouest en « montant » vers Nancy pour voguer en toute sérénité à 12 km/h maxi et passer quelques écluses.


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Sur le canal, de la Marne au Rhin


Un environnement préservé

Commencé en 1838, achevé en 1853, le canal de la Marne au Rhin fut creusé pour fournir un axe de transport entre le Bassin parisien et la vallée du Rhin. Au XIXe siècle, près de 40 péniches l’empruntaient quotidiennement. En reliant la Marne depuis Vitry-le-François au Rhin à Strasbourg, il procurait une importante voie de communication avec l’Alsace. 178 écluses (154 aujourd’hui) jalonnent la voie navigable, longue de 314 km qui fut, au fil du temps, régulièrement réaménagée, modernisée. À l’origine, les chalands étaient halés par des animaux ou des hommes. Dès 1895, la traction s’effectue électriquement (par rail ou route) puis les chalands deviennent automoteurs à partir de 1930. Aujourd’hui, les chemins de halage sont très fréquentés par des randonneurs et cyclotouristes qui savourent cet admirable environnement préservé.

L’ascenseur à bateaux de Saint-Louis Arzviller a remplacé 17 écluses © Elise Rebiffé / CCAS

Des ouvrages d’art exceptionnels

À peine le temps d’apprivoiser la pénichette, que le colossal plan incliné de Saint-Louis-Arzviller se dresse, telle une forteresse. Cet ascenseur à bateaux les fait monter et descendre, à l’aide d’un chariot le long d’une rampe 2. Chaque année, près de 8 000 bateaux l’empruntent en pleine saison, soit environ 50 000 personnes. Mis en service en 1967, cet ouvrage remarquable accuse un impressionnant dénivelé de 44,55 m. C’est qu’ici on franchit le seuil des Vosges. L’ascenseur remplace, en fait, un chapelet de 17 écluses réparties entre Arzviller et Lutzelbourg. Il fallait autrefois une journée de navigation pour parcourir les 4 km séparant les deux communes. Aujourd’hui, « la vallée des éclusiers » fait le bonheur des touristes qui y flânent, longeant les berges de l’ancien tracé du canal. La vallée abrite les anciennes écluses abandonnées et recèle des panoramas splendides.

Après quelques heures de navigation, le passage de plusieurs écluses, la traversée de l’interminable souterrain d’Arzviller (2 306 m), l’écluse de Réchicourt-le-Château s’annonce, de ce côté-ci, modeste de prime abord. Pourtant la descente est vertigineuse (en 30 min). Avec ses 15,70 m de profondeur, c’est l’une des plus hautes de France. Édifiée en 1965, elle a remplacé 6 écluses parsemées sur un tronçon sinueux du canal. Au retour, en direction d’Arzviller, l’ouvrage de haute chute s’avère ahurissant, et la montée des eaux, dans le sas, sensationnelle.

Le château des Rohan, surnommé le petit Versailles alsacien © Elise Rebiffé / CCAS

Une nature généreuse

Le canal de la Marne au Rhin traverse le parc naturel régional de Lorraine, les Vosges et l’Alsace. Il sillonne à travers une nature plantureuse. Après Arzviller, le massif forestier abondant laisse peu à peu place à un paysage plus champêtre. De chaque côté, de la verdure… des plaines, des champs, des massifs arborés, des étendues multicolores aux formes rebondies. Une flore diversifiée, foisonnante et préservée dans laquelle s’épanouit une faune très présente bien que plus discrète. Cette douceur sauvage confère à votre voyage un bien agréable sentiment de quiétude.

Connecté au réseau navigable de la Seine, vers l’Île-de-France et la Normandie, le canal de la Marne au Rhin constitue un atout de développement touristique essentiel. Sa fréquentation est sensiblement équivalente à celle du canal du Midi.

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