Frédéric Tréhin, agent EDF qui met le monde en boîte

Agent des IEG et photographe nantais, Frédéric Tréhin expose en ce moment dans sa ville d’adoption. ©Charles Crié/ CCAS

Féru de procédés photographiques anciens, Frédéric Tréhin, agent EDF de 46 ans, y voit aussi un moyen de générer du lien social. En 2017, il a notamment portraituré les demandeurs d’asile accueillis à Saint-Brevin, en Loire-Atlantique, à l’aide de sa bien nommée “Afghan box”.

À Nantes, difficile de rater la grue jaune qui domine les hangars du port maritime depuis 1954. À ses pieds, la Cale 2, longtemps restée en friche, héberge désormais des expositions temporaires. Début mars, Frédéric Tréhin et d’autres adeptes de procédés photographiques aléatoires y affichent leurs œuvres et en expliquent volontiers les procédés. Les visiteurs peuvent prendre la pose devant l’Afghan box (qu’on découvrira plus loin), expérimenter le cynétique selfie (qui associe vos mouvements rapides à un temps de pose long) ou encore le chimigramme (qui permet de produire des images avec les matériaux de la peinture et de la photographie). Et jusqu’au 27 mai, Frédéric Tréhin rejoint deux autres photographes nantais à l’Espace Écureuil, pour une déambulation intitulée “Urban mouvements” qui associe le Polaroid, le sténopé et le numérique.

Frédéric Tréhin a adopté des procédés nécessitant un temps de pose long, comme cette photographie au sténopé, à droite.

Breton d’origine, formé à l’École de métiers de Nantes-Montluc, Frédéric Tréhin rejoint les Industries électriques et gazières à Quimper en 1990. D’abord gazier, des évolutions successives lui offrent l’opportunité de changer de métier. Conseil clientèle, marketing, développement et gestion de projet informatique. Il s’installe à Nantes en 2001 et rejoint la Direction de la transformation et efficacité opérationnelle (ex-DSP) il y a un an et demi. Il s’investit alors dans la représentation syndicale (CGT). “Pour apporter ma part.”

“L’irruption de l’accident”

Si dans le travail, “il reconnaît être plutôt du côté de la rigueur et de la logique”, cet amateur de vinyles apprécie en photo l’irruption de “l’accident”. “L’imperfection, c’est souvent ce qui constitue la beauté d’une image.” Ce goût pour la photo, il le tient de l’enfance, “c’est à moi que l’on demandait de faire les photos de famille”. Un rapide passage par le numérique (4 ans) l’en détourne : “Ça va vite, les images sont parfaites, mais presque trop…”

Sur le chemin du travail, matin et soir, le week-end aussi, il a souvent son sténopé avec lui : “Une boîte, un tout petit trou et une feuille de papier. Celle-ci, je l’ai fabriquée avec une boîte de thé.” La prise de vue, “très lente, de dix secondes à plusieurs heures”, compose des images semblant défier le mouvement et le temps.

Janvier 2017 : Frédéric Tréhin initie les migrants hébergés à Saint-Brévin à l’Afghan box, utilisée par les photographes de rue en Afghanistan et en Inde jusqu’à l’arrivée du numérique.

Quant à l’Afghan box, ou “street box”, elle lui sert surtout pour des portraits et des animations. “Idéal pour expliquer aux enfants le mécanisme de l’image”, l’appareil de type chambre photographique permet de prendre une photo et de la développer à l’intérieur. “Généralement, une caisse en bois que l’on peut fabriquer soi-même avec quatre planches et un trou pour l’objectif. La photo est quasi immédiate, un peu comme avec le Polaroid.”

En 2017, Frédéric Tréhin a notamment portraituré les demandeurs d’asile de Saint-Brevin, en Loire-Atlantique. Parmi eux, quelques Afghans. Un moment fort pour tous les protagonistes, dont certains étaient venus en habit traditionnel.

Constatant que l’appareil constitue souvent une attraction à lui seul, Frédéric observe aussi qu’il “crée du lien”. Son projet : faire poser ensemble des demandeurs d’asile et des habitants de certains quartiers nantais. “Devant l’Afghan box, bien sûr.” Il conclut : “Souvent, les gens ne s’acceptent pas parce qu’ils ne se connaissent pas. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent mieux.”

Atelier street box camera au centre de vacances de Saint-Brévin, qui accueillaient des migrants l’hiver 2016. ©Charles Crié/ CCAS


Pour aller plus loin

“Urban mouvements”, Digital, Sténopé et Polaroid
Du 4 au 27 mai 2018

Tous les vendredis, samedis et dimanches à l’Espace Écureuil, 1 rue Racine à Nantes (à côté de la place Graslin).
Avec des photographies de Gilles Huguet, Alain Paris et Frédéric Tréhin.

Site internet de Frédéric Tréhin : www.intox44.fr / Page Facebook
D’autres photos sur Flickrwww.flickr.com/intox44

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