Hervé Bertoli (“Projet Hurricane”) : “Écrire, c’est voir les personnages qu’on a créés prendre vie”

Hervé Bertoli, bénéficiaire de la CMCAS Marseille et auteur de “Projet Hurricane”, lauréat du concours Écrivains des IEG 2021. ©Maud Taverna

Hervé Bertoli s’est formé à l’écriture à l’aube de la retraite. Son premier roman, “Projet Hurricane”, conte l’histoire de Kane, une jeune fille différente aux qualités extraordinaires, celle de Simon, un thérapeute bien décidé à comprendre son mystère, et de ceux qui les entourent. Un livre sélectionné par le jury du 5e concours des Écrivains des Industries électriques et gazières (IEG).

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez su que vous étiez l’un des lauréats ?

Hervé Bertoli – J’étais très content, plus que je ne l’imaginais ! Je savais que beaucoup d’ouvrages étaient en compétition, 58 au départ. Je prends cela comme une reconnaissance de la qualité du travail fourni, donc, oui, ça fait plaisir !

Quel est votre parcours professionnel ?

H. Bertoli – J’ai quitté l’école à 16 ans pour travailler dans le bâtiment, puis dans la mine d’anthracite de La Mure pendant 4 ans. Lorsque la mine a commencé à péricliter, une convention entre Charbonnage de France et EDF a permis l’embauche d’anciens mineurs. J’ai rejoint EDF à 25 ans, poursuivant une partie de ma carrière dans le domaine technique. Je suis ensuite retourné à l’école suivre des cours par correspondance pendant 8 ans. J’ai passé le bac, puis un BTS, et enfin un master de commerce. Cela représente pas mal de travail, et en même temps c’est une belle aventure, puisqu’on part à l’étranger durant cette formation. Ce diplôme m’a permis d’intégrer le service des ressources humaines, jusqu’à ma retraite il y a trois ans.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

H. Bertoli – J’ai toujours été attiré par le fait d’écrire, si bien qu’à l’approche de la retraite, j’ai entamé une formation continue à l’écriture. J’avais envie d’acquérir des techniques et je crois que j’en ai appris quelques-unes ; mais ce que j’ai surtout retenu, c’est que chacun possède son propre style. Comme dans beaucoup domaines, si on a un peu de talent, que l’on travaille beaucoup, que l’on partage aussi, alors on peut progresser. Avoir un regard extérieur au moment de la conception, c’est important. C’est à ce moment-là que l’on a besoin que quelqu’un vous dise qu’une séquence est trop longue, par exemple.

Pourquoi avoir édité vous-même “Projet Hurricane” ?

H. Bertoli – J’ai fait le choix de l’autoédition, car j’avais envie d’un résultat concret très vite, d’un retour des lecteurs sans attendre une hypothétique publication à l’issue du parcours classique offert par une maison d’édition. Je pouvais aussi me tourner vers les nombreux “petits” éditeurs, mais ceux-ci n’ont pas forcément les moyens d’assurer le travail de promotion.

Du coup, j’ai auto-édité mon livre, un parcours très intéressant, car on fait tout de A à Z : l’écriture bien sûr, la correction, mais aussi le suivi de la maquette (lorsqu’on ne la fais pas soi-même !), l’impression, la distribution, la promotion. Pour tout cela, vous devez rencontrer des gens et tisser des liens, des partenariats. Ce qui est facilité par les échanges d’information et d’expérience très rapides des groupes d’auteurs sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, lorsque je travaillais en ressources humaines, j’étais en charge de l’ambition sociale, parmi lesquels la diversité et le handicap. À force de persévérance et de rencontres, nous avons pu monter de beaux projets, qui ont contribué à faire changer le regard sur la différence. Aussi, lorsqu’est venu le moment de choisir un imprimeur, je me suis tourné vers l’ESAT (établissement qui emploie 80 % de personnes en situation de handicap, ndlr) avec lequel j’ai souvent travaillé lorsque j’étais actif. Il s’agit de l’atelier Antilope à Marseille. C’était quelque chose d’important pour moi. Une belle aventure humaine !

Que vous apporte l’écriture ?

H. Bertoli – J’ai beaucoup d’imagination, et je passe de très bons moments à me raconter des histoires ou à les raconter aux autres. Écrire, c’est aussi le moment où vous voyez les personnages que vous créez prendre vie, une vie qui peu à peu vous échappe d’une certaine manière. L’histoire a sa propre autonomie… c’est passionnant !

Un autre livre en route ?

H. Bertoli – Oui bien sûr, j’aime écrire et je vais continuer. Mais il y a aussi d’autres choses que j’aime : voyager, être en famille, m’occuper de ma petite-fille. Je ne m’astreins pas à la table tous les jours, il y a des semaines où je n’écris pas du tout. Je veux que cela reste un plaisir.


À lire

“Projet Hurricane”, 2020, 473 pages, 14,90 euros (version numérique : 3,99 euros)

Plein feux sur vos talents !

Romans, bandes dessinées, nouvelles, recueils de poésie… Le concours des Écrivains des IEG récompense chaque année des ouvrages écrits par des bénéficiaires des Activités Sociales. Plus d’infos sur le concours Écrivains des IEG sur ccas.fr > rubrique Culture et sur le groupe Facebook des Parle (Pratiques amateurs aux rendez-vous de la lecture et de l’écriture).

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