Idée sortie : les grands maîtres du naïf au musée Maillol

“Deux lions à l’ affût dans la jungle” (1909-1910), de Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau. Huile sur toile, 84,5 x 119,8 cm. Collection particulière. ©Archives de l’Hôtel des ventes de Monte-Carlo

Jusqu’au 19 janvier 2020, le musée Maillol, à Paris, accueille plus d’une centaine d’œuvres d’artistes dits “naïfs”. Sur les pas d’Henri Rousseau et de Séraphine Louis, ces peintres, souvent autodidactes, creusèrent leur sillon à l’écart des avant-gardes et des académismes. Entrée à tarif réduit avec la billetterie CCAS. 

Jungles insolites d’Henri Rousseau, paysage minéral troublant chez Bauchant, architectures parisiennes minimalistes de Louis Vivin, nus généreux et sensuels de Bombois, fantastiques bouquets de fleurs chez Séraphine. Pourquoi les œuvres des peintres naïfs nous semblent-elles si familières et attirantes ?

Pour les commissaires de l’exposition Du Douanier Rousseau à Séraphine, “les tentatives multiples pour essayer d’imposer – ou même de trouver un concept – qui recouvre de façon convaincante le phénomène de l’art naïf on successivement échoué et c’est bien cette difficulté à les appréhender qui les rend passionnants”.

De g. à dr. : “Feuilles diaprées sur fond bleu” (1929), Séraphine Louis, huile sur toile 55 x 46 cm, Collection particulière ©DR ; “Paris, Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre” (1930), Louis Vivin, huile sur toile 46,5 x 56 cm, Courtesy galerie Dina Vierny ; “Nu de face” (1935), Camille Bombois, huile sur toile 60,5 x 73,5 cm, Courtesy galerie Dina Vierny, Paris © Adagp, Paris, 2019.

Ces artistes ont, chacun à leur manière, créé un univers original et personnel, toujours riche de couleurs et de sensations. Ils ont en commun d’être venus à l’art en secret ou sur le tard, conciliant, par nécessité, pratique artistique et profession souvent modeste : cantonnier, employé de maison, imprimeur, bergère, fonctionnaire des postes…

Comme les primitifs de la pré-Renaissance, ils n’appliquent pas strictement les règles de la perspective. N’ayant pas fréquenté les écoles d’art, ils n’ont jamais appris les règles de la peinture de leur époque, et sont aussi à contre-courant des avant-gardes.

“Le Styx” (1939), André Bauchant, huile sur toile 97 x 142 cm. Photo : Philip Bernard ©Adagp, Paris, 2019

Mais leur style, leur grande inventivité formelle, possède un effet “d’inquiétant familier” que les surréalistes à la même époque aspirent à exploiter. Ils obtiennent quasiment tous le soutien d’amateurs influents et d’artistes parmi lesquels on trouve le collectionneur et critique d’art Wilhelm Uhde, André Breton, Vassily Kandinsky, Le Corbusier et Dina Vierny, la fondatrice du musée Maillol.

De g. à dr. : “Vue sur la ville ou la fenêtre ouverte” (1929), René Rimbert, huile sur toile 100 x 81 cm. Collection particulière. Photo : Jean-Alex Brunelle ©DR ; “Sèvres, l’allée des marronniers (Seine et Oise)” (1946), Jean Ève, huile sur toile 55 x 46 cm. Courtesy galerie Dina Vierny, Paris. Photo : Jean-Louis Losi ©DR.

C’est le cas d’Henri Rousseau qui précède d’une ou deux générations les artistes réunis dans l’exposition. Sa première jungle, “Surpris !”, est présentée au Salon des indépendants de 1892. Son tigre à l’affut d’une proie s’attire durablement les moqueries et l’hilarité du public. Mais il sera encouragé par ses pairs et notamment Félix Vallotton, Guillaume Apollinaire, Robert Delaunay et Pablo Picasso. Ce dernier lui achètera plusieurs toiles, nourrira une profonde admiration pour son travail. Henri Rousseau devient un mythe entre les deux guerres et sa célèbre Charmeuse de serpents intègre les collections du Louvre en 1937.

L’exposition rassemble une centaine toiles issues d’importantes collections publiques (musée d’Orsay, musée de l’Orangerie, musée Picasso, Centre Pompidou, LAM, Kunsthaus de Zurich, Kunsthalle de Hambourg) et collections privées françaises et internationales.


Infos pratiques

Du Douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres du naïf, jusqu’au 19 janvier au musée Maillol (Paris)

Tarif CCAS : 10, 50 euros (au lieu de 13,50 euros). Enfants de 7 à 18 ans : 5 euros (au lieu de 9,50 euros)

Voir sur la billetterie

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Le musée est ouvert de 10h30 à 18h30, tous les jours en période d’exposition temporaire. Nocturne le vendredi jusqu’à 20h30.

61, rue de Grenelle, 75007 Paris
Tél. : 01 42 22 59 58
Métro : Ligne 12, station Rue du Bac
Site Internet : www.museemaillol.com

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