Juillet 1947 : les premières colos du CCOS

1955. Six garçons sur la route des Alpes profitent d’une halte en compagnie de leur moniteur. ©Yves Leblanc

1947 : le CCOS donne le coup d’envoi des premiers départs en colonie de vacances pour les plus jeunes. Camps sous tente, stages d’été en montagne, caravanes en ligne… les expériences se multiplient pour la plus grande joie des enfants et ados, qui passent enfin leurs vacances sans leurs parents. Au programme : sport, plein air, et activités éducatives.

Quand débute la troisième séance du Conseil central des œuvres sociales le 9 juillet 1947, une trentaine de colonies de vacances viennent d’ouvrir sous l’égide du CCOS. Plus de 6 000 enfants y séjournent. Ultérieurement, le CCOS affirmera avoir envoyé cinq fois plus d’enfants que les anciennes sociétés ; ce qui reste à démontrer.

Fort de ce premier succès, l’objectif annoncé l’année suivante est “d’accueillir 12 000 à 15 000 enfants”. D’après le rapport présenté par Marcel Bergeron au Conseil central, 11 318 enfants ont été accueillis de juillet à septembre 1948. En plus des colonies ouvertes aux enfants de 6 à 14 ans, de nouvelles dispositions sont annoncées.

Une première expérience de “camps sous tente” à destination des jeunes de 14 à 18 ans est imaginée : l’un réservé aux garçons dans la commune de Taulanne (Alpes-de Haute-Provence) ; l’autre aux filles près du lac artificiel des Settons (Nièvre). Au total, ce sont 1 855 places supplémentaires qui sont proposées, attribuées à des jeunes de 14 à 21 ans.

1950. Les enfants s’entraînent à reproduire les exercices proposés dans le journal des moniteurs spécialement édité par le CCOS. ©CCAS

Deux autres démarches destinées aux “sportifs” sont également proposées au cours de cette réunion du mois de juin 1948. La première est ouverte à tous les jeunes de 16 à 21 ans, indépendamment de leur situation professionnelle ou familiale d’après la présentation qui en est faite lors d’une réunion du CCOS. Les “caravanes en ligne” concernent aussi bien les agents que leurs conjoints ou leurs enfants. Une seconde initiative est présentée à l’intention des jeunes de 16 à 30 ans. Il s’agit de “stages d’été en montagne” d’une durée de 14 jours.

Une troisième proposition voit le jour l’été suivant avec la mise en place en 1949 des “camps tournants”, l’un pour les garçons dans la région de Cannes, l’autre pour les filles dans la région de Saint-Raphaël. Ces différentes initiatives tendent à montrer que le CCOS entend non seulement permettre aux enfants des électriciens-gaziers de partir en vacances, mais aussi de s’occuper pendant ces vacances. Comme le précise Marcel Paul, “les colonies du CCOS ne sont pas des garderies ; elles sont basées sur une conception nouvelle, et les activités mises à la disposition des enfants sont, suivant un dosage harmonieux, à la fois récréatives et éducatives”.

Au début du mois de juillet 1949, Marcel Paul estime que “le nombre de participants en été 1949 aux colonies de vacances, camps de jeunes et caravanes en ligne du CCOS atteindra, et peut-être même, dépassera les prévisions qui avaient été faites”. Dans une communication adressée aux agents des IEG en mai 1949, on apprend que le CCOS s’apprête à accueillir près de 20 000 enfants et jeunes gens. L’année suivante, il est envisagé d’en accueillir jusqu’à 25 000. Finalement, ce chiffre sera revu à la baisse. Marcel Paul annonce que “20 700 candidatures […] sont déjà arrivées [pour] un effectif total de l’ordre de 21 000”. Ce ne sont donc pas 25 000, mais 21 000 places qui sont proposées en 1950.

La participation financière des familles en débat

La participation financière des parents aux frais de vacances des enfants est alors l’objet d’un très large débat, comme l’indique le compte-rendu officiel de la réunion du 8 juillet 1949. Il est précisé que “tous les membres du Conseil [y] prennent part”. D’après le procès-verbal de la séance, “différentes propositions sont faites, examinées, acceptées ou refusées”. Le détail de la discussion nous est – malheureusement – inconnu, faute de développement. Il est simplement porté à notre connaissance que “le Conseil vote unanimement” une série de mesures applicables pour l’année en cours.

Par ailleurs, le principe adopté en avril 1947, qui consiste à verser une “indemnité exceptionnelle de vacances” en faveur des enfants non admis dans les institutions du CCOS (clubs de jeunes, colonies, etc.), est reconduit. Le versement de cette aide financière est assorti de plusieurs conditions qui sont rappelées aux familles, en particulier celles qui n’enverraient pas leurs enfants en colonie de vacances en plein air. Dans ce cas précis, “ledit lieu de vacances [doit] effectivement [être] un lieu de plein air (campagne, bord de mer, montagne)”. Il est également précisé que l’enfant ne doit pas être astreint à une “activité rémunérée ou compensée”. Autrement dit, il n’est pas question pour le CCOS d’aider économiquement une famille qui enverrait un enfant de moins de 14 ans à la campagne pour qu’il participe aux travaux des champs.

La professionnalisation de l’encadrement

D’autres aspects concrets, directement liés à l’organisation des colonies de vacances, sont également abordés par les administrateurs, comme la question de l’encadrement. Tout en décidant d’accroître le nombre de places en colonies de vacances, le CCOS entend augmenter aussi “le recrutement des moniteurs et des monitrices, de préférence parmi le personnel d’EGF”. Dès le mois de juillet 1947, des “cours de formation de cadres” sont imaginés par le CCOS au château de la Boissière à Bouray-sur-Juine (Essonne). Les résultats sont immédiatement appréciés. La présence parmi le personnel d’encadrement de “quelques éléments d’esprit rétrograde, provenant des organisations dites Sociales des ex-Sociétés” est toutefois signalée.

1948. Un groupe d’enfants en colonie de vacances pose sur les marches du château de Bouray-sur-Juine (Essonne) où le CCOS organise alors les stages de formation pour les moniteurs et les monitrices qu’il emploie pour les vacances. ©CCAS

Par la suite, des “stages de perfectionnement” réservés aux moniteurs ayant encadré dans les colonies du CCOS sont mis en place. Au total, dix sessions d’une durée indéterminée sont prévues de novembre 1947 à mai 1948. L’année suivante, le nombre de stages est doublé. D’après le compte-rendu du 20 septembre 1949, ce sont près de 1 500 moniteurs et monitrices qui passent par l’École nationale de formation de cadres du CCOS placée sous le contrôle du ministère de l’Éducation nationale.

Rapidement, le CCOS signale les difficultés qu’il rencontre pour obtenir “le détachement pour une assez longue période d’agents d’exploitation”, sans négliger pour autant les complications d’organisation du travail que cela soulève. On peut lire dans un compte-rendu du CCOS que ce “problème a été exposé et discuté aux récentes conférences de Chefs de File et de Chefs de Centre d’EGF”. Diverses mesures pratiques – dont le détail n’est malheureusement pas porté à notre connaissance ici – ont été envisagées pour concilier les besoins du CCOS et les nécessités des services et exploitations.

Nouvelle stratégie patrimoniale

Entre 1947 et 1951, les administrateurs du CCOS élu modifient à plusieurs reprises leur point de vue, comme pour mieux s’adapter à la réalité. En novembre 1947, Marcel Paul suggère “de demander à EGF d’aménager sur des terrains à louer […] des constructions préfabriquées”. Cette option est alors considérée comme “préférable à tous points de vue à celle qui consiste à louer ou à acheter des domaines dont l’aménagement, très souvent onéreux, ne donne pas toujours satisfaction”. Par la suite, une autre politique patrimoniale est mise en œuvre.

1947. Les enfants de la colonie de vacances de Tullins (Isère) hissent le drapeau tricolore. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la levée des couleurs est particulièrement répandue. Il s’agit pour le CCOS de rendre hommage au Conseil national de la Résistance. ©CCAS

En 1947, il est précisé que “le CCOS fournira gratuitement les objets ci-dessous qui resteront propriété de l’enfant”. L’année suivante, il est indiqué que “la tenue du camp (chemisette et short) est fournie par le CCOS, mais reste attachée à l’institution”. À la veille de la dissolution du CCOS ordonnée par le gouvernement, il est décidé qu’en 1950 “les enfants partant en colonies et camps du CCOS conserveront à leur retour les effets (chemisette, short, sandalettes et ceinture)” qui leur sont remis à leur arrivée.

Toujours est-il que rien n’est figé, les Activités Sociales semblent toujours en mouvement, volontairement ou non. La suite des événements ne cessera de le démontrer.

(NB : toutes les informations et citations contenues dans cet article sont tirées des PV des réunions du CCOS tenues entre 1947 et 1950.)

5 Commentaires
  1. debar 4 jours Il y a

    bonjour
    Mes parents étaient à Bouray sur juine en 1950
    J’ai quelques photos mais ils sont décédés et j’aimerais savoir si vous en avez d’autres et où puis je les consulter ?

    merci

  2. ponthus 1 année Il y a

    En bas à droite de la 5ième page de “l’almanach illustré des activités sociales” c’est la colo de Montgesoye sur la photo, elle est attribuée à l’année 1949 par l’auteur.

    • La rédaction 1 année Il y a

      Bonjour,

      Vous parlez sans doute de la 3e photo publiée dans cet article, prise sur les marches du château de Mesnil-Voysin à Bouray-sur-Juine.
      Si vous vous référez à la p. 26 de l'”Almanach illustré des Activités Sociales de l’énergie”, où apparaît également cette photo, elle date bien de 1948, comme l’indique la date manuscrite en bas à droite (mention coupée sur la version que nous avons publiée). Cette photographie est issue du fonds historique de la CCAS (cote 49 Fi 1). Elle était également présentée lors de l’exposition Vivent les colos! Des vacances pour grandir l’été dernier.

      Merci en tous les cas de votre vigilance,
      Bien cordialement

  3. ponthus 1 année Il y a

    Cette colonie des Forces Motrices de l’Est (exploitant la haute vallée de la Loue) était en fonctionnement en 1943, elle est reprise après-guerre par le CCOS, je pense qu’elle tient le titre de la plus vieille colonie d’enfants liée à la production électrique en France…

  4. VERMEERSCH 2 années Il y a

    J’ai fait partie des premiers colons dans le doubs à Montgesoye

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