La rue, un espace encore masculin

©JMarando/CCAS

Élodie Sylvain et Charlotte Ricco, réalisatrice de (P)ose ta bombe ©J.Marando/CCAS

Réalisé par deux jeunes Marseillaises, le webdocumentaire “(P)ose ta bombe” montre l’espace public comme un parfait baromètre de la condition féminine.

Élodie Sylvain et Charlotte Ricco sont réalisatrices au sein de l’association Tabasco vidéo, qui propose aux Marseillais de s’initier à la production audiovisuelle. C’est dans ce cadre qu’elles se sont rencontrées et qu’elles ont décidé de travailler ensemble sur la place des femmes dans les pays méditerranéens. L’expérience les a conduites au Maroc où Charlotte, très impliquée dans le milieu du graffiti et du street art, a proposé à sa collègue un poste d’observation privilégié. « La rue est un espace presque exclusivement masculin ; découvrir comment des femmes peuvent s’y insinuer, s’y inscrire, voire s’y imposer, était pour nous très intéressant, précise Charlotte. Leur présence dans l’espace public est un indicateur pertinent de leurs conditions et de leurs droits. Cet angle original nous permettait d’aborder les droits des femmes de manière plus ludique, en touchant un plus large public que si nous nous étions cantonnées à dénoncer de manière plus conventionnelle le fait que les droits des femmes sont bafoués. »

L’aval du roi

Ainsi est né “(P)ose ta bombe”, web-documentaire dans lequel Charlotte et Élodie interrogent des graffeurs, des artistes de rue et une sociologue. Objectif : comprendre pourquoi les femmes sont si rares dans le street art. Sans surprise, les graffeuses restent ultraminoritaires au Maroc où les femmes sont peu présentes dans la rue. Le graff y est pourtant en plein essor. Cet art est avalisé par le roi Mohammed VI et consacré par des festivals. Bien loin de l’aspect clandestin et contestataire du graffiti que l’on a pu connaître en France par exemple… Résultat : la création de nombreux ateliers dans lesquels fi lles et garçons participent à égalité. Élodie et Charlotte viennent de terminer un second volet de cette série, tourné cette fois en Suède, où s’exprimer sur les murs est interdit sauf dans des cadres très stricts… À Stockholm, bien que les droits des femmes soient plus avancés et le milieu du graff plutôt ouvert, elles y restent minoritaires. De retour à Marseille, il restera aux deux jeunes réalisatrices de chercher à comprendre quelle place occupe la gent féminine au sein de la communauté des graffeurs de leur ville !

[P]ose ta bombe from Tabasco Video on Vimeo.

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