“Les enfants aiment bien discuter de sujets de société délicats”

Mathilde Perrault-Archambault, auteure bénéficiaire des Activités Sociales. ©DR/ Collection particulière

Mathilde Perrault-Archambault, ayant droit de la CMCAS Bourg-en-Bresse, s’inspire de l’imaginaire féconde et inépuisable de ses 4 enfants pour inventer des récits. ‘’Même-Pas-Peur’’, troisième volume de la trilogie de ‘’La bande des balafrés’’, évoque le handicap et le respect de la différence. Ce roman jeunesse a été sélectionné dans le cadre des Parle 2020.

Comment sont “nés” Eloi et Titouan, les héros de la trilogie ?

A l’époque j’habitais Montréal. J’avais ma fille et mes deux petits gars qui, comme beaucoup de garçons j’imagine, étaient casse-cou. J’ai dû les amener plusieurs fois à l’hôpital pour recoudre leur blessure. Quand je racontais leurs péripéties aux puéricultrices de la crèche, elles me répondaient qu’ils auraient beaucoup d’histoires à raconter plus tard. Leurs petites cicatrices me faisaient penser aux balafres des pirates. Voici comment m’est venue l’idée de raconter des récits de pirates. J’ai écrit “La bande des balafrés”, le premier roman, avec pour héros Eloi et Titouan, deux frères qui s’inventent une famille de pirates pour faire front aux moqueries de leurs camarades d’école.

“Même-Pas-Peur”, le troisième roman, aborde le handicap chez l’enfant. Pourquoi ce choix ?

C’est par un chemin de traverse que j’en suis arrivée au handicap. Je tenais à avoir un personnage féminin fort, surnommée “Même-Pas-Peur”, avec les stéréotypes de la piraterie. Je l’ai donc dotée d’un crochet. Je me suis rendu compte après coup que la présence du crochet induisait l’absence de main. L’idée du handicap s’est imposée de la sorte.


“Même-pas-peur” de Mathilde Perrault-Archambault.
Bayard



Peut-on traiter de tous les sujets dans la littérature enfantine ?

Oui, je le crois. Tout est dans la manière de traiter le sujet. Je me suis moi aussi souvent posé la question. Les petits s’interrogent sur des tas de choses, posent sans cesse des questions à leurs parents, aux maîtres d’école… Ils sont bien plus ouverts que les adultes, plus mûrs. Les enfants aiment bien discuter de sujets de société délicats ; ils n’ont aucun tabou. Ils sont même très demandeurs de ces discussions. Je vais aborder la question de l’homoparentalité, dans un album illustré à paraître prochainement.

Où puisez-vous votre inspiration ?

J’ai 4 enfants de 3 à 13 ans. Voilà ma source d’inspiration. J’ai un carnet dans lequel je note leurs découvertes, leurs réflexions, leurs émerveillements, leurs idées, les phrases singulières, les néologismes, les anecdotes… Ce sont là des graines d’histoires qui germeront peut-être. Par exemple, un jour, ma fillette avait planté une plume dans le jardin et me questionnait sur le futur arbre à plumes qui allait pousser… Des petites phrases comme celles-ci, mon carnet en est rempli.

Est-ce compliqué de se mettre dans le mode de pensée d’un enfant pour écrire ?

Non, je n’ai pas besoin de me mettre dans la peau d’un enfant, car je n’ai pas tellement grandi finalement. J’ai toujours gardé mon âme d’enfant, conservé cette naïveté et cet émerveillement propres à l’enfance. Alors ce n’est très pas difficile, pour moi, d’appréhender le monde avec leurs yeux. Leur univers est très transparent, pas très compliqué à pénétrer. Et puis les enfants sont très communicatifs. De plus, comme je garde mes enfants, ce sont mes interlocuteurs privilégiés, je parle plus avec eux qu’avec des adultes.

Comment avez-vous eu l’idée de présenter votre roman aux Parle de la CCAS ?

J’avais lu l’annonce dans le Journal de la CCAS. L’an dernier, j’avais déjà proposé “La bande des balafrés” qui n’avait pas été sélectionné. Comme “Même-Pas-Peur” venait d’être publié, je l’ai proposé. Avec la crise sanitaire, j’ai mis en veille mes projets professionnels. Alors la lettre de la CCAS annonçant que mon roman avait été retenu a été un véritable vent de fraîcheur pour moi. Cette bonne nouvelle m’a redonné la pêche. J’avais un mur devant, j’ai désormais un horizon. J’ai des projets, avec la CMCAS des Hauts-de-Seine, l’ancienne CMCAS de mon mari.


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