L’Iforep a cinquante ans : retour sur une aventure émancipatrice

Photographie issue de l’exposition réalisée en 2012 par le Comité d’histoire de la CCAS, à l’occasion du 40e anniversaire de l’Iforep. ©Didier Delaine/CCAS

Fondé en 1972 par les organisations syndicales du secteur de l’énergie, l’Iforep a suivi en un demi-siècle toutes les évolutions du monde de la formation professionnelle. C’est aujourd’hui un acteur important du mouvement de l’éducation populaire.

Dès la création des Activités Sociales d’EDF et GDF, à la suite de la loi de nationalisation du gaz et de l’électricité, la formation de leurs acteurs a été au cœur des préoccupations des dirigeants du CCOS (Comité central des Œuvres Sociales), ancêtre de l’actuelle CCAS. Comme le déclare en 1947 Marcel Paul, « les colonies du CCOS ne sont pas des garderies ; elles sont basées sur une conception nouvelle, et les activités mises à la disposition des enfants sont, suivant un dosage harmonieux, à la fois récréatives et éducatives ». Et de mettre en place les premières structures de formation des animateurs.

Une deuxième étape est franchie en 1964 lorsque la CCAS, qui vient de revenir sous gestion ouvrière, crée en son sein un centre de formation spécifique, dédié à l’encadrement des centres de vacances et de loisirs. Telle est en quelque sorte la préhistoire de l’Iforep (Institut de formation, de recherche et de promotion), fondé sous la forme d’une association loi de 1901 en 1972, à l’initiative des organisations syndicales de la CCAS et du comité de coordination des CMCAS.

À sa manière, l’Iforep est né du formidable mouvement social de 1968. Le gouvernement du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas tente alors de répondre aux aspirations exprimées par les travailleurs en faisant adopter en 1971 une loi sur la formation professionnelle. Pour les organisations syndicales, elle pouvait être le moyen d’aller vers une forme d’éducation permanente. Malheureusement, cette loi tendra à réduire la question de la formation à la prévention du chômage provoqué par les évolutions technologiques, bien loin des ambitions émancipatrices placées en elle.

Un projet d’éducation populaire

L’Iforep participe dans les années 1970 à de nombreuses actions de formation professionnelle des salariés de l’énergie. ©Archives CCAS

Présidé par le syndicaliste René Le Guen, qui vient de quitter la présidence de la CCAS, l’Iforep participe dans les années 1970 à de nombreuses actions de formation professionnelle des salariés de l’énergie. Il accompagne aussi la montée en compétences des responsables des Activités Sociales et Mutualistes.

Les années 1980 voient l’Iforep prendre une nouvelle dimension. En 1984, il reçoit l’agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports, qui lui permet en particulier de délivrer les diplômes d’encadrement de jeunes (Bafa) et de direction de centre accueillant la jeunesse (BAFD). L’Iforep va pouvoir donner la pleine mesure de son projet d’éducation populaire, privilégiant « l’action sur la théorie, la solidarité sur la compétition, le questionnement sur la solution », comme il le défend toujours.

Des milliers de jeunes gens sont ainsi passés par les centres de formation de l’Iforep pour apprendre à encadrer leurs cadets, dans une optique progressiste. L’Iforep s’investit aujourd’hui, avec d’autres structures d’éducation populaire, dans la réflexion sur les mutations de notre époque, et en particulier sur tout ce que le numérique bouleverse en matière d’accueil de jeunes dans les centres de vacances.

Une revue au cœur de la recherche

Petite enfance, travail, vacances, éducation populaire, médiation culturelle… les thèmes des Cahiers de l’Iforep résonnent toujours avec les champs d’action et de réflexion des Activités Sociales en 2022.

Des travaux de recherche menés à l’initiative de l’Institut, en collaboration avec des universitaires, ont été publiés entre 1975 et 2009 dans Les Cahiers de l’Iforep.

Le numéro 1 est intitulé « Animation et tourisme social », le numéro 2 est consacré au livre et aux bibliothèques d’entreprise ; des préoccupations typiques des Activités Sociales de l’époque, qui nécessitaient des réflexions de fond.

Dans les années 1970 et 1980, sont publiés des numéros thématiques visant à « connaître une région, mieux la comprendre pour y mener à bien une action sociale socioculturelle » mais aussi à constituer « un support aux activités, un élément de réflexion pour les formateurs et une information pour les stagiaires ».

En lien avec des chercheurs du CNRS, l’Iforep contribue à suivre les évolutions de la population dans son rapport aux Activités Sociales. Au cours des années 1970 se multiplient les numéros des Cahiers de l’Iforep sur les conflits entre parents et adolescents ou sur l’intégration des jeunes handicapés dans les centres de vacances.

Dans les années 2000, les réflexions sur le développement durable, les nouvelles formes de parentalité ou l’impact du numérique prédominent dans les dossiers de la revue, qui reste en phase avec son époque.

 

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