Luchon, la reine des Pyrénées

Culminant à 2 000 mètres d’altitude, la station offre 80 hectares de domaine skiable. Ici en février 2019. ©Charles Crié/CCAS

Haut lieu du thermalisme depuis l’Antiquité, station huppée dès le XIXe siècle, Bagnères-de- Luchon fut pionnière pour l’accueil des sports d’hiver. Empreinte des fastes d’autrefois, située à deux pas de la frontière espagnole, la “reine des Pyrénées” inspire bien-être et sérénité.

Un charme suranné. À Bagnères-de-Luchon – Luchon pour les intimes, à ne pas confondre avec sa sœur Bagnères-de-Bigorre – l’architecture de style conte la fabuleuse histoire d’une station pittoresque qui a de beaux restes. Ici ont séjourné Georges Clemenceau, Edmond Rostand, François Mauriac, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Victor Hugo…

Et s’il s’en dégage comme une odeur de soufre, c’est que quelques-unes des 80 sources qui y sourdent en sont chargées comme nulle part ailleurs dans les Pyrénées. Une particularité qui a contribué à en faire une ville d’eaux renommée dès l’Antiquité romaine, après que des soldats eurent constaté les vertus des boues bienfaitrices sur certaines maladies comme sur les membres épuisés de leurs montures.

Des boues miraculeuses

Station de ski doublée d’une station de thermalisme (à g., les thermes), Luchon mérite son surnom de Reine des Pyrénées.

Mais il faudra attendre le XVIIIe siècle et la restructuration de la ville par le baron d’Étigny puis la venue du fils impérial soigné ici, pour que soient domptés les jaillissements tout droit sortis des entrailles de la montagne, après 12 000 à 15 000 ans passés sous terre (foi de carbone 14). La qualité des soins thermaux ne s’est depuis pas démentie. Des soins qui soulagent les voies respiratoires, les articulations douloureuses, et même des fumeurs invétérés.

Les boues ? Un mélange miraculeux d’argile neutre venue de Dordogne et d’eau de source développant au contact de l’air la barégine, microparticules vivantes de soufre. Le clou : le vaporarium, sauna naturel enfoui dans la roche, diffusant les vapeurs soufrées à pas moins de 75 °C. Ici pas de nappes phréatiques, on pompe, on stocke, on gère l’eau de façon raisonnée.

À Luchon et dans ses environs, on pratique évidemment toutes sortes de sports d’hiver : ski, luge, chien de traîneau, parapente… Une belle occasion de découvrir, en raquettes, les panoramas remarquables du massif de la Maladeta, dominé par le pic d’Aneto culminant à plus de 3 000 mètres.

L’espace EDF du lac d’Oô, récemment rénové, propose de découvrir de façon ludique et interactive le fonctionnement de la centrale hydroélectrique. ©Charles Crié/CCAS

Les vallées voisines du Lys, d’Oô, d’Oueil apparaissent toutes différentes. On visite la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges classée monument historique, son cloître, ses stalles ; on s’émerveille des lacs, rivières et cascades ; on s’instruit en visitant la centrale hydraulique d’Oô et son parcours ludique ; on part à la recherche de la source de la Garonne en Espagne dans le val d’Aran, et de sa résurgence longtemps restée un mystère. Avec un peu de chance, on peut croiser biches, marmottes, renards, sangliers, gypaètes barbus, mérens… (Et on évite les ours !)

Des vacances sous le signe de la sérénité, loin du tumulte des stations alpines bondées.

Un passé de pionnière

Superbagnères fut la première station de ski créée dans les Pyrénées, la seconde en France, au tout début du XXe siècle. Très vite, un train à crémaillère construit en seulement onze mois remplace les trajets jusque-là effectués à cheval, menant de Luchon à la station, 1 200 mètres plus haut (il sera à son tour abandonné en 1966 au profit de la voiture).

Parallèlement, l’édification du Grand Hôtel, un palace 4 étoiles, et l’évolution rapide des infrastructures contribuent à la renommée internationale de ce pôle incontournable en matière de sports d’hiver. “Superbagnères a été à l’origine de nombre d’innovations, mais a aussi essuyé les plâtres !”, explique Ludovic Fertane, jeune ingénieur mécanique toulousain. Cofondateur de l’association Superbagnères la pionnière, il entend “défendre, valoriser, transmettre l’histoire de la station, et en conserver la mémoire vivante”.

À venir, la réalisation d’un film d’archives, et une exposition à l’horizon 2021. À noter : un petit musée retrace l’histoire du train à crémaillère et du Grand Hôtel au rez-de-chaussée de ce dernier, devenu résidence de vacances.

Les “cagots”, ces intouchables

“Naître cagot, c’était le rester à vie.” ©Charles Crié/CCAS

Longtemps méconnue, l’histoire des “cagots” – population tenue à l’écart de la “bonne société” pendant des siècles dans les Pyrénées – éclate au grand jour en 1989 grâce à Raymond Fourasté et à la création d’un musée leur étant consacré. Installée dans le château des Nestes à Arreau, petite ville nichée au creux de la vallée d’Aure, une exposition y retrace une existence rythmée dès le Moyen Âge par les interdits, la discrimination, la ségrégation.

Souvent décrits comme étant de petite taille, tantôt assimilés aux lépreux, aux Juifs ou aux Roms, les “cagots” sont contraints d’exercer certains métiers, souvent liés au bois, et de porter des signes distinctifs. Empêchés de se mêler aux populations locales, de marcher pieds nus, de boire aux fontaines qui ne leur étaient pas réservées, on leur tend l’hostie “au bout d’un bâton” lors des offices religieux…

Saveurs et senteurs du terroir

©Shutterstock

Fils d’agent, Jérôme Gays a passé son enfance dans la Drôme. Études en informatique et électronique à Montpellier, installation à Paris… le jeune homme, pris de passion pour la micro-brasserie, met vite en sourdine sa carrière pour se lancer dans la fabrication artisanale de bière : “J’ai eu l’opportunité de racheter le bar des Quatre-Chemins, et le bâtiment agricole le jouxtant.”

Après des travaux d’agrandissement, Jérôme lance la Brasserie du Vénasque : “Un lieu alternatif ouvert tous les vendredis, où l’on déguste la production locale autour d’un plat unique, et où l’on vient de loin assister à des concerts et danser.” L’ancien informaticien brasse un millier de litres de bière chaque semaine. Il maîtrise toute la chaîne, du concassage du malt bio à la mise en bouteille, et invente des recettes du breuvage à faire tourner la tête !

S’y rendre

Brasserie du Vénasque, rue de sous Baylo, 31110 Montauban-de-Luchon
Site internet : http://www.brasserie-du-venasque.com/

Nectar des montagnes

Alexandre Garcès, de la Miellerie des 7 Molles, examine ses ruchettes de reproduction des abeilles.

Les abeilles de la Miellerie des 7 Molles ont beau beaucoup transhumer – en Espagne, à Toulouse, dans les Landes – c’est ici, au cœur des Pyrénées, qu’est extrait leur miel au parfum si sucré. Douceur de tilleul, d’acacia, de forêt, de thym, de bruyère… et même de pissenlit ! Auprès de son père, le jeune Alexandre Garcès travaille sur les quelque 1 100 ruches que compte l’exploitation et prend grand soin de ses essaims.

“Surtout l’hiver ! Car le froid est encore plus dangereux que le frelon asiatique : il peut nous faire perdre jusqu’à 80 % de notre cheptel.” Il faut ainsi nourrir et couver en ruchettes les abeilles, afin qu’elles passent la saison d’hivernage dans les meilleures conditions. Depuis 1997, la miellerie a su développer des ententes avec les producteurs transfrontaliers et peut produire chaque année 20 à 35 tonnes du nectar tant apprécié !

Plus d’infos
Miellerie des 7 Molles
Route de Salles
Juzet-de-Luchon
Site internet : www.apiculteur-bagneres-de-luchon.com
Page Facebook : Miellerie des 7 Molles

Le barousse, une histoire de famille

Production du fromage de barousse par la famille Ibos, dans le village de Sost. ©Charles Crié/CCAS

Le père, la mère, le fils… Dans le petit village de Sost, du lait produit par les blondes d’Aquitaine et les montbéliardes, la famille Ibos fait tout un fromage ! Yves, qui a été maire de sa commune durant vingt-cinq ans, en fabrique “depuis toujours”. Un travail qui occupe 365 jours par an ! Vente à la ferme et aux restaurants de la région, aux touristes parisiens, suisses ou belges accros au barousse : les débouchés sont bien là.

Les bêtes, nourries de “foin, de naturel et de sec”, produisent environ 500 litres de lait quotidiennement, qu’il s’agit de refroidir, remettre à température, brasser, couper au fil à beurre, presser, mouler, sécher, saler… Avant d’affiner la tome obtenue en cave durant trois à quatre mois, en la retournant tous les jours, afin que la bactérie – la même que celle du saint-nectaire – fasse son œuvre et permette un vieillissement homogène. On obtient un fromage au cœur crayeux, absolument délicieux !

Y aller

Ives Ibos, producteur de fromage de Barousse
Cap de la Lane
65370 Sost
Tél. : 05 62 39 32 49
Visite et vente de fromages, le soir à partir de 17-18 heures, ou sur appel téléphonique.

Maroquinière d’exception

Atelier de maroquinerie Ôdaim d’Aurélie Sarazin. ©Charles Crié/CCAS

On découvre Aurélie Sarazin penchée sur son ouvrage, couteau demi-lune en main, cuir de taurillon posé sur l’établi. Avec sa marque Ôdaim, la jeune femme transforme son expérience auprès des plus grands – comme Hermès à Paris – en aventure personnelle. Sur mesure, choix des couleurs, doublures en cuir… Ici le client prend part au design. Ses créations d’exception, aux finitions incroyables, sont entièrement réalisées à la main à l’aide de techniques de coupe et de couture traditionnelles. “La machine, c’est moi !” Les matériaux proviennent essentiellement de France, parfois d’Italie. Aurélie espère bientôt agrandir son atelier et se rapprocher de Luchon.

Site Internet : odaim.fr

Slow cosmétique

Abellio, une savonnerie artisanale labellisée “slow cosmétique”. ©DR

Dès que l’on passe la porte de l’atelier-boutique Abellio, du nom de cette divinité solaire révérée dans la région du temps des Gaulois, une douce odeur de propre gagne nos narines. Jade Lacoste a installé sa savonnerie artisanale dans la petite commune de Montauban-de-Luchon il y a six ans et y propose toutes sortes de formules inédites : savon à l’eau thermale de Luchon, à la bière produite par la brasserie voisine, au chocolat, à la menthe et au pavot…

Après une formation initiale en mécanique auto, une première expérience de vente chez un grand constructeur automobile à Bayonne, et six mois passés à New York, cette Paloise d’origine pose ses valises dans les Pyrénées haut-garonnaises. Formation de l’Université européenne des saveurs et des senteurs de Forcalquier en poche, accompagnée par une couveuse d’entreprises, la trentenaire qui ne fonctionne qu’au “coup de cœur” développe son activité autour de la saponification à froid, “technique entièrement manuelle qui permet au savon de conserver la glycérine naturelle”, et de l’utilisation de composants principalement bio. Ce qui a contribué à la labellisation Slow cosmétique de ses produits.

Y aller
Rue Cargue
31110 Montauban-de-Luchon

Boutique en ligne sur slow-cosmetique.com et sur le site Internet de la marque abellio-savonnerie.com


Où séjourner avec la CCAS ?

Maison familiale CCAS Le Belvédère, à Luchon. ©Charles Crié/CCAS

Au Belvédère, superbe bâtisse atypique à taille humaine, vous vous sentirez chez vous grâce à une équipe aux petits soins ! Situé au calme et non loin des thermes et des télécabines qui permettent de gagner la station de Superbagnères (possibilité de prendre le forfait pour les remontées sur place, à tarif préférentiel), cet ancien hôtel compte 46 places d’hébergement, réparties en deux catégories de confort.

Vous pourrez choisir votre formule : petit déjeuner, demi-pension ou pension complète. C’est le point de départ idéal pour découvrir le pays luchonnais, les villages frontaliers espagnols et toutes les activités proposées alentour.

Voir tous les séjours disponibles dans ce centre de vacances

Centre de vacances – Maison familiale CCAS Le Belvédère
4, avenue de Vénasque
31110 Bagnères-de-Luchon
Tél. : 05 61 94 66 66

CMCAS Toulouse
66, rue du Béarnais
31069 Toulouse Cedex 7
Tél 0810 250 120
Site web : toulouse.cmcas.com

mediatheque

Réservation, catalogues, séjours en France ou à l’étranger… : bienvenue dans la rubrique Vacances du site ccas.fr

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