Patrimoine immobilier de la CCAS : atout ou contrainte ?

dessin de presse de Babouse sur le patrimoine

©Babouse/CCAS

Depuis 2013 et les baisses conséquentes de la dotation du 1 %, le patrimoine de la CCAS fait débat. À ce titre, un plan quadriennal de valorisation et de mise en cohérence des différents biens immobiliers a été lancé.

Sensible, voire taboue, la question du patrimoine à la CCAS divise. Ouvrir un tel débat, c’est raviver la genèse de ces conquêtes sous le poids de l’histoire… Celle de ces Trente Glorieuses, durant lesquelles l’organisme a acquis des centres de vacances adultes et jeunes, selon les valeurs intrinsèques du par et du pour. Or, aujourd’hui, la carte postale a jauni. Confrontée à une conjoncture défavorable, la CCAS n’a plus les moyens de gérer et surtout d’entretenir, seule, ses biens.

Selon Rodolphe Lacourcelle, président de la commission patrimoine à la CCAS, “notre patrimoine s’inscrit dans un projet global de viabilité de nos Activités Sociales et doit être un atout et non une contrainte. Depuis 2013, certes, nous avons vendu certains de nos centres, en avons délégué d’autres à nos partenaires, mais c’est ce qui a permis de remettre en circulation d’autres institutions rénovées”.

Un état des lieux du patrimoine en cours

En cours de finalisation, l’état des lieux de l’ensemble du patrimoine immobilier, fer de lance du plan quadriennal, doit en partie répondre à cette question. Tournée dorénavant vers une vision de vie permanente, et non plus saisonnière, la CCAS entend optimiser sa politique patrimoniale. Et ensuite ? “Nous étudions tous les sites au cas par cas, en concertation avec la proximité, les CMCAS et les collectivités locales, surtout lorsqu’il s’agit de vendre ce qui n’apparaît pas utile socialement, ou économiquement !”

Le patrimoine en un coup d’œil

La CCAS est propriétaire sous deux formes : son patrimoine propre et les SCI (sociétés civiles immobilières) ou holdings.
La CCAS propose 500 destinations vacances toute l’année, dont…

  • 241 centres de tourisme (47 en propriété et 194 en conventions)
  • 237 accueils collectifs de mineurs (98 centres CCAS, 110 en conventions et 29 à l’étranger).

Pourvoyeuse, à la base, de départ en vacances du plus grand nombre de bénéficiaires, la CCAS a, au fil des ans, augmenté la capacité d’accueil pour répondre à leurs besoins tout en “surfant” sur leurs mutations, et sur celles inhérentes à la société et aux entreprises des IEG. En étant sans cesse à la recherche complexe du compromis.

En 2016, la délégation de gestion à Campéole de certains campings en fut un exemple. Il s’est attiré les foudres des plus virulents ! Protestant contre “l’expropriation de nos valeurs ! Nous étions bénéficiaires, nous sommes devenus des clients”. Un avis que Sébastien Germain, président de la commission Vacances adultes et familles à la CCAS, relativise : “Nous continuerons à travailler avec Campéole, notamment sur la tarification et le contenu des séjours. Cela dit, il faut comprendre qu’en déléguant la gestion de certains de nos centres, non seulement on augmente l’amplitude d’ouverture, mais en plus on les rend pérennes.”

Entre raison et sentiment, respect de sa politique sociale, culturelle et tarifaire, la CCAS doit pourfendre les poncifs. Et trouver l’équilibre entre conserver ou rénover à tout prix (coûteux) ses centres ou en céder une partie, en vente ou en gestion… Le premier serait peut-être perçu comme un caprice de riche, quand l’autre s’apparenterait à une contrainte de pauvre.


C’est vous qui le dites !

“Je déplore la disparition de l’esprit CCAS”
Julien Dignou, 31 ans, agent EDF à Penly (Seine-Maritime), CMCAS Haute-Normandie

“Avec ma compagne et mes deux enfants, pour nous cet été, c’était une première en convention, au Pradet (Var). Outre les animations, véritable point fort, le séjour était adapté aux jeunes enfants, ce qui n’est pas toujours le cas à la CCAS. Laquelle, à mon sens, gère mieux cependant la sécurité et le respect des lieux et des vacanciers. En tant que fils d’agent EDF, ayant passé mon enfance avec la CCAS, je déplore des prestations plus chères, et la disparition de “l’esprit CCAS”.”

“Il faut trouver des solutions pour faire mieux avec moins.”
Nils Gromas, 46 ans, agent Enedis à Biganos (Gironde), CMCAS Gironde

“Il faut réfléchir à un juste équilibre entre être propriétaire de certains centres, en mettre d’autres en gérance et certains en convention. Être simplement propriétaire, c’est un peu aller tout le temps en vacances au même endroit. Si je prends l’exemple de la vente de la maison familiale d’Arcachon, ça a été un traumatisme, mais cela nous a permis d’investir sur le centre d’Arès qui est voisin. Aujourd’hui, on peut y aller à la journée pour profiter de l’espace aqualudique.”

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