Petite Gueule deviendra grande

Petite Gueule, comédienne, musicienne et rappeuse, interviendra dans les rencontres culturelles de la CCAS à l'été 2022

Pour la comédienne et musicienne Manon Gilbert, le confinement de mars 2020 a été le déclic qui a motivé le lancement de sa carrière de rappeuse, sous le nom de scène de Petite Gueule. ©Nicolas Guillemot

Elle s’appelle Petite Gueule mais aime l’ouvrir. Derrière ce nom de scène, il y a Manon Gilbert, une autrice-compositrice, interprète et rappeuse révélée par l’émission « The Artist » (France 2). Cet été, elle sera dans les villages vacances pyrénéens dans le cadre des Rencontres culturelles.


Vous êtes d’abord comédienne et pianiste. Comment passe-t-on d’une formation artistique plutôt classique au rap ?

Petite Gueule – Mes parents étaient tous deux artistes (musicien et comédienne), et m’ont tracé la voie vers le conservatoire et l’école de théâtre de Montreuil (Seine-Saint-Denis). J’arpentais les planches depuis quelques années mais le confinement a mis un coup d’arrêt à tout cela. En écoutant le « Journal de confinement » du metteur en scène Wajdi Mouawad, qui nous incitait à nous reconnecter à l’essentiel, j’ai décidé de me consacrer à un projet que j’avais envie de concrétiser depuis longtemps, sans oser me lancer : l’écriture.

Je ne l’ai pas fait « pour que ça marche » : c’était un désir profond que je souhaitais juste partager. Les clips, que j’ai commencés à tourner dans mon salon avec mon compagnon, Nicolas Guillemot, c’était davantage « pour le fun ». Le phénomène a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et nous nous sommes pris au jeu. Le clip de « Ça m’énerve » a fait plus de 120 000 vues, c’était magique !

D’un point de vue plus théorique, je trouve que théâtre et rap partagent l’amour des mots, de la poésie, et permettent d’exprimer les choses avec fougue et hargne. Plus jeune, je répétais mes textes de théâtre en alexandrins sur un rythme hip-hop pour me les mettre en bouche. Le rap permet en fait d’instiller un rythme supplémentaire dans le texte théâtral.

Sur scène, vous portez parfois un tutu rose et une banane, tout en débitant vos textes avec mordant. Vous aimez jouer avec les clichés apparemment…

C’est vrai, j’aime casser les codes et jouer sur le contraste entre un look enfantin et l’ancrage terrien de mon flow. Quelqu’un m’a dit un jour que j’étais « l’Amélie Poulain du rap français ». Je trouve que l’image me correspond pas mal. Et ce contraste amène aussi une certaine théâtralité sur scène qui me plaît.

Vos textes interrogent souvent sur la difficulté d’être soi-même. Que revêt cette quête d’authenticité ?

J’appelle cela mon « chemin de vie ». Dans la musique, par exemple, on nous demande souvent de faire des compromis, « pour que ça marche », nous dit-on. Il est parfois compliqué de faire la part des choses entre des changements qui pourraient améliorer notre travail et des éléments qui nous tiennent à cœur, auxquels on ne peut renoncer sans se perdre. Dans mon parcours artistique, c’est dans l’écriture de mes textes que je suis parvenue à trouver la meilleure manière de montrer qui je suis.

Cette recherche d’authenticité se retrouve également dans mon rapport à l’autre. Nous portons tous des masques. Que ce soit dans la vie ou sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux nous incitent à chercher l’approbation des autres, dans une quête infinie de « reconnaissance programmée ». Je les utilise moi-même pour partager ce qui est important pour moi, mais ils doivent rester un simple outil, et ne pas prendre une importance démesurée.

Comment concevez-vous votre engagement citoyen ?

Je préfère m’engager sur le terrain plutôt qu’à travers mes textes. Par exemple en 2020 et 2021, j’ai participé à un projet associatif d’album intitulé « 115 Hip Hop d’Urgence » au profit des sans-abri, et à des soirées contre les violences faites aux femmes organisées par la Maison des femmes de Paris et l’association En parler. J’anime par ailleurs des ateliers d’écriture ou d’interprétation de rap, et je donne des cours de piano ou de théâtre dans des écoles et pour des jeunes en réinsertion sociale.

Vous allez rapper dans les villages vacances cet été. Comment appréhendez-vous cette expérience ?

Je trouve ce défi assez excitant. J’aime l’idée de devoir aller chercher les gens, capter leur attention, et les amener sur un chemin qu’ils n’auraient pas forcément emprunté eux-mêmes. C’est un peu ce que je fais lorsque je joue dans la rue durant le festival d’Avignon ou en première partie d’un autre artiste. Cela permet de développer la curiosité du public. Et les critiques permettent aussi à l’artiste de se remettre en question et de retravailler son projet.


Petite Gueule en tournée avec la CCAS

Retrouvez les dates et lieux de la tournée culturelle de Petite Gueule sur
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