Quel répit pour les aidants ?

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On estime qu’il y a 11 millions d’aidants en France. À cause de la crise sanitaire, plus de la moitié d’entre eux ont dû effectuer des actes habituellement pratiqués par des professionnels de santé et des aides à domicile. À l’heure des vacances, quels soutiens et possibilités de départ pour les aidants ?

S’occuper d’un proche malade, en situation de handicap, en perte d’autonomie ou en fin de vie, se fait en parallèle de leur activité professionnelle pour plus de la moitié des aidants. Et pour 82 % d’entre eux, cette activité bénévole, réalisée le plus souvent par amour, occupe au moins 20 heures par semaine.

Être aidant, c’est parfois épouser le moindre pli de la vie quotidienne de son parent, de son conjoint, de son enfant ou d’un proche – l’habiller, faire sa toilette, entretenir le domicile, gérer les problèmes administratifs et financiers, les déplacements à l’extérieur, coordonner les soins entre différents intervenants médicaux. Une charge sans perspective d’allègement qui impacte le moral de 69 % des aidants et la santé de 53 % d’entre eux, d’après une enquête nationale Ipsos-Macif publiée en 2020.

Heureusement, le rôle des aidants est de plus en plus reconnu dans la société : des droits, des congés et des dispositifs spécifiques leur permettent aujourd’hui de souffler un peu.

Des congés pour rester auprès des aidés

Pour les aidants en activité, il existe trois congés légaux permettant d’interrompre leur activité pour s’occuper de leur proche :

  • Le congé de proche aidant (ou de soutien familial), pour accompagner une personne en situation de handicap ou en perte d’autonomie ;
  • Le congé de présence parentale, pour accompagner un enfant à charge de moins de 20 ans, gravement malade, handicapé ou après un accident ;
  • Le congé de solidarité familiale, pour accompagner un proche malade dont le pronostic vital est engagé, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable.

Durant ces congés, il est possible pour le salarié de bénéficier d’une allocation journalière, qui est augmentée ou prolongée pour les agents statutaires. Pour de plus amples informations sur leurs droits et les aides disponibles, les agents statutaires peuvent contacter, via une plateforme téléphonique, des assistants sociaux spécialisés dans les problématiques de l’aidance (voir en fin d’article).

Un soutien financier pour faire une pause

Pour bénéficier de quelques heures ou de plusieurs semaines de répit, l’aidant a la possibilité de confier temporairement la personne dépendante qu’il accompagne à une structure d’accueil de jour ou d’hébergement (Ehpad, hôpital, foyer, structure indépendante, accueillants familiaux).

Pour faire face au coût de ce placement, des aides financières sont prévues par le droit commun : l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), à partir de 60 ans, des aides complémentaires lorsque le plafond (1 013,89 euros mensuels) de l’APA est atteint, l’Aide sociale à l’hébergement, mais aussi des aides extralégales de la mairie, du conseil départemental, des caisses de retraite, de la mutuelle ou des assurances, sous conditions de ressources.

Les aides des Activités Sociales

Les Activités Sociales proposent également une aide aux bénéficiaires aidants bénévoles (jusqu’à 2 000 euros par an) pour financer des dispositifs de répit, d’accompagnement et de soutien : depuis 2017, 13 800 euros ont été débloqués dans ce cadre par la CCAS afin de permettre à des aidants de souffler.

Notez que si vous aidez un agent pensionné, une veuve ou un veuf d’agent, il ou elle peut bénéficier d’une aide spécifique à l’accueil de jour ou à l’hébergement temporaire si il ou elle est reconnu·e en perte d’autonomie selon la grille Aggir, à partir de 55 ans, et sans condition d’âge en cas de maladie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson…).

Par ailleurs, comme le quotidien à leur domicile des personnes dépendantes repose le plus souvent sur leurs aidants, il est important pour ces derniers que la maison soit la mieux adaptée possible et qu’ils soient secondés notamment concernant les tâches domestiques, comme le ménage, afin de limiter leur fatigue.

À cette fin, les Activités Sociales financent des aides à l’autonomie : qualité de vie, amélioration de l’habitat, téléassistance, vie domestique, aménagement du logement ou du véhicule… Elles sont accessibles aux bénéficiaires de plus de 55 ans en perte d’autonomie dans le cadre d’un plan d’action personnalisé. Depuis 2017, les Activités Sociales consacrent ainsi, en moyenne, près de 2,8 millions d’euros par an au PAP pour épauler 6 500 bénéficiaires.

Partir en vacances à la CCAS, avec ou sans son aidant

Dans les Activités Sociales, l’âge, le handicap ou la perte d’autonomie ne sont pas un frein au départ en vacances, mais autant de raisons de partir dans des séjours adaptés : sensibilisation ou renforcement de l’équipe d’accueil, convoyage ou prise en charge des frais de transport, affectations prioritaires en haute saison, transfert d’aides ou de soins existants… sont possibles.

Les vacances avec aidants

Dès l’été 2021, les bénéficiaires ayant besoin d’aide familiale ou extérieure peuvent partir en vacances à la CCAS avec leur aidant : qu’il soit ayant droit (conjoint, enfant), ou non ayant droit (proches et personnes extérieures à la famille), l’aidant bénéficiera d’un tarif proportionnel au coefficient social de l’ouvrant droit, au lieu de payer le tarif « invités ». Il lui sera possible de loger avec le bénéficiaire aidé, ou dans un logement séparé, en accord avec le médecin-conseil. Enfin, en fonction des destinations et des possibilités d’hébergement, la personne aidée pourra être accompagnée d’une ou de plusieurs autres personnes.

Plus d’infos sur ccas.fr

Les séjours Aînés, destinés aux bénéficiaires âgés en perte d’autonomie, sont également concernés par ce dispositif.

Le dispositif Pluriel, pour partir seul. Ouvert aux adultes (villages vacances) et aux jeunes mineurs (colos), il permet aux bénéficiaires en situation de handicap de partir en vacances sans leur famille, avec la garantie pour l’aidant familial de confier en toute sécurité la personne dont il a habituellement la charge à des équipes d’accueil sensibilisées, et renforcées si nécessaire.

Attention : ces séjours ne sont pas médicalisés.

Pour plus d’informations sur les possibilités de départ cet été, contactez votre SLVie ou CMCAS (coordonnées sur ccas.fr > annuaire des CMCAS), ou rendez-vous sur le site ccas.fr > rubrique Vacances > Séjours à mon rythme.


Pour plus d’informations sur vos droits

  • Contactez votre service RH et/ou vos organisations syndicales pour les droits statutaires ; pour les aides des Activités Sociales, contactez votre SLVie ou CMCAS (coordonnées sur ccas.fr > annuaire des CMCAS) ;
  • Contactez votre conseil départemental et votre Centre communal d’action sociale ;
  • Consultez le site sgieg.fr, qui détaille les droits familiaux dans la branche des Industries électriques et gazières ;
  • Consultez le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr, qui récapitule les droits et démarches des aidants ; vous y trouverez aussi les coordonnées des plateformes d’accompagnement et de répit.
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3 Commentaires
  1. cazette gisele 3 ans Il y a

    Se dossier me tiens particulièrement a cœur puisque je suis aidante (nounou) de mon mari depuis plusieurs années Nous avons pris l assurance dépendance propose par la en CCAS le 23/10/2008 pour le couple 41€80 pour deux et j en suis a prés de 80€ pour une personne .
    Il est considère dépendance partielle
    Ma présence n est pas partielle mais totale et je n en peux plus
    Je voudrai pouvoir me reposer et allez voir mes petits enfants en Martinique Donc il me faut recevoir une rente pour les frais de placement ou aide a la maison
    Le calcul de l ouverture des droits en versement est trop restrictif ce qui ne correspond pas aux attentes des aidants

    • La rédaction 3 ans Il y a

      Bonjour,

      Comme indiqué dans l’article il est possible de confier le soin de votre conjoint à une structure d’accueil de jour ou d’hébergement (Ehpad, hôpital, foyer, structure indépendante, accueillants familiaux) lors de votre absence : des aides financières sont prévues par le droit commun : l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), à partir de 60 ans, des aides complémentaires lorsque le plafond (1 013,89 euros mensuels) de l’APA est atteint, l’Aide sociale à l’hébergement, mais aussi des aides extralégales de la mairie, du conseil départemental, des caisses de retraite, de la mutuelle ou des assurances, sous conditions de ressources.
      Les Activités Sociales proposent également une aide aux bénéficiaires aidants bénévoles (jusqu’à 2 000 euros par an) pour financer des dispositifs de répit. Contactez votre CMCAS pour plus d’informations.

      Cordialement,

      La rédaction

  2. Jean Pierre DAUSQUE 3 ans Il y a

    bonjour. Amputé fémorale droit suite a une allergie à l’héparine je me suis renseigné(en 2017) auprès de la CAMIEG qui m’a informé qu’elle ne faisait rien pour les gens comme moi. A ce jour mes frais sont a ma charge ( voiture, certains aménagements du fauteuil roulant, etc.). Je suis en procès avec les auteurs de la cause de mon amputation et j’attends donc (depuis début 2018) que la faute médicale soit reconnu. En attendant, et sur les conseils de mon avocat, je ne peux entreprendre aucun travaux dans un logement qui n’est pas prévu pour les déplacements en fauteuil roulant. Mon épouse se débrouille donc pour faire face a ce qui m’est difficile de faire sans risque ce qui m’indispose et me rends disons acariâtre. Bonne journée

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